URBANUIT : les pires histoires de ménage à trois

Entre déclaration d’amour inopportune, pleurs et poignet cassé, le fantasme du ménage à trois est peut-être surévalué.

Quand j’écoute des scènes pornographiques, les trips à trois ne m’angoissent pas : ça ne fait que plus de personnes à imaginer coincées en prison avec moi (j’aime la porn cliché.) Sauf que dans la vie, ce n’est pas le genre d’expériences que je recherche. Been there done that quelques fois (j’avais beaucoup d’espoir.) C’était mouillant, mais pour cinq minutes.

Je ne suis pas la seule qui trouve que c’est un fantasme surévalué. J’ai recueilli les confidences de quelques personnes, dont les expériences sont parfois hilarantes et d’autres fois plus épeurantes que les films basés sur les romans de Stephen King.

Couple brouillé et œuf plat

« Une de mes anciennes collègues de travail et sa blonde de l’époque m’avaient invitée à me joindre à elles pour pimenter leur vie de couple. Elles m’avaient assuré que leur couple allait bien (pas de conflit, pas de jalousie.) Je ne voulais pas faire partie d’une tentative de sauvetage de couple.

«Tout allait bien jusqu’à ce qu’une des deux filles se mette à pleurer. Pis l’autre s’est mise en colère que l’autre pleure. Finalement, j’ai dormi dans la chambre d’amis.»

Un soir, elles viennent me chercher. On boit du vin, on écoute de la musique, elles s’embrassent, m’invitent à les suivre dans la chambre. M’incitent à participer. Tout allait bien jusqu’à ce qu’une des deux filles se mette à pleurer. Pis l’autre s’est mise en colère que l’autre pleure. Finalement, j’ai dormi dans la chambre d’amis et j’ai vécu le déjeuner silencieux le plus malaisant de mon existence le lendemain matin. »

Des parents inquiets

« Nous étions deux filles et un gars. Le téléphone de la fille n’arrêtait pas de sonner parce que ses parents s’inquiétaient qu’elle ne soit pas rentrée (nous avions environ 20 ans.) Finalement, elle a dû quitter et je suis partie avec elle parce que le gars ne voulait pas mettre de condoms.

L’histoire qui court dorénavant c’est que nous avons totalement ignoré le gars. »

Pas Roméo

« Une amie, un ami et moi on était pas mal souls. On a commencé par un bain-tourbillon. En sortant du bain, on va dans ma chambre pour continuer. On était prêtes pour plus d’action. Mais le gars me regarde et dit “’Je pense que je t’aime”’. Fin du trip à trois. »

Des beignes et un poignet cassé

« Il est 2 h du matin un samedi. Je suis chez moi, tranquille, avec mon quatrième joint. Vanille, l’ex à mon bon ami m’appelle. “Gabriel, viens me chercher sur Saint-Laurent. Je suis trop saoule. Je suis avec Charline et elle a un crush sur toi.”

Ça ne me tente pas tant que ça, mais elle insiste. Je les ramasse. Les deux filles se mettent en arrière et commencent à make out. Une saute du banc arrière au siège avant pour me demander si j’aime le show. Je suis surtout gossé. Je ne suis pas sur la même vibe que les deux filles défoncées sur des shots de Jager. Je leur demande de se calmer parce que je ne veux pas me faire coller. J’arrête de leur parler et je les laisse faire. Je suis en chemin pour me débarrasser d’elles et retourner fumer du weed, manger des beignes et me crosser en paix.

L’ex à mon ami annonce qu’on s’en va chez moi. Je dis que non. Elle ajoute que si on ne va pas chez moi, elle va raconter à mon ami qu’on chille ensemble. Je lui dis qu’on ne fait rien de mal. Elle me dit : “Tu sais comment il est jaloux. Je ne prendrais pas de risques si j’étais toi.”

On arrive chez moi. Les deux filles se mettent toutes nues. Moi aussi. On bouge vers ma chambre. Je me concentre surtout sur l’autre fille. Je ne veux pas être trop sur l’ex à mon meilleur ami après tout.

Vanille commence à pleurer plus fort et à se traiter de slut et de conne. Je dis : “Yo désolé, mais je ne peux pas fourrer pendant qu’une fille braille sa vie dans mon salon.”

L’ex à mon ami réalise qu’elle n’est pas trop dedans finalement. Ça m’arrange un peu. Elle se met sur le côté et frenche l’autre fille à moitié. À un moment donné, je réalise que l’ex de mon ami n’est plus là. Et j’entends brailler dans l’autre pièce. Je regarde la fille et je lui dis que je pense que Vanille pleure dans le salon. Elle me répond qu’elle s’en câlisse et qu’elle veut que je continue de la fourrer.

Vanille commence à pleurer plus fort et à se traiter de slut et de conne. Je dis : “Yo désolé, mais je ne peux pas fourrer pendant qu’une fille braille sa vie dans mon salon.”

On va voir Vanille. Son amie la console. Je suis debout tout nu dans mon salon. Je ne sais pas trop où me mettre. Je mange un beigne en les regardant.

Finalement, je comprends que Vanille a commencé à voir un nouveau gars et il vient de la texter. Il est en criss qu’elle soit partie du bar sans lui dire. Il la traite de pute pis tout. Elle dessaoule vite. Elle réalise qu’elle a mal au poignet. Les filles se rappellent que Vanille est tombée dans le bar plus tôt. Ça commence à être vraiment enflé.

Je les ramène à leur maison. Vanille criait de douleur et l’autre fille ronflait. Le lendemain je suis allée à l’hôpital avec Vanille parce qu’elle avait le poignet cassé et je voulais aussi qu’elle ne parle jamais à mon meilleur ami de notre aventure. »

Nanane à la masculinité toxique

« Ma pire fois a été avec un homme et une femme dans le cadre de mon travail d’escorte. Une fois arrivée à leur chambre d’hôtel, on prend un verre et on discute beaucoup, mais le monsieur s’impatiente. Il veut son nanane. J’essaie de voir où sont leurs limites et la zone de confort, mais c’est toujours monsieur qui répond.

Madame semble mal à l’aise. Je me dis que c’est probablement de la gêne et que ça va passer. On commence les préliminaires et là clairement madame n’est pas bien du tout. J’arrête pour lui demander si tout va bien et monsieur se fâche. J’ai dit que payé pas payé je n’allais jamais forcer quelqu’un à faire des actes qu’il n’est pas à l’aise de faire. J’ai quitté leur hôtel le cœur gros… »

Clémentines et pamplemousses

« J’étudiais à l’université. Une blonde pulpeuse me plaît. Elle est très amie avec une grande brune mince à qui je plais beaucoup. Après le cours, on sort, on boit pas mal, on marche dans la ville. Je les invite à terminer la soirée chez moi, elles acceptent.

A la maison, on picole, on rigole, on fume un pétard… Puis, on commence à frencher. En fait j’en embrasse une, puis l’autre. Tout ça se passe très bien, tout le monde a l’air bien.

Puis, en se caressant en groupe, on commence à se déshabiller. Oups. S’installe entre la blonde pulpeuse aux énormes seins et la grande mince flat une sorte de jeu de regard malsain, du genre “son corps est plus hot que le mien” et le malaise s’installe… »

Les jeux de l’amour, du hasard et de Mario Bros

« Ça faisait peut-être trois mois que je n’étais plus avec mon ex. On restait amis, et voisins. Je downloade Tinder.

«C’est là que je réalise que je suis encore amoureuse de lui. Et que lui réalise qu’il est encore amoureux d’elle. Et qu’elle, elle est amoureuse de moi. Party.» 

Je matche avec une fille qui, dans mes souvenirs, est une ex-copine à mon ex, mais je me dis que c’était pas sérieux. On se jase sur Tinder. On se prépare une date. Elle arrive à mon bureau avec mon ex. Ça me dérange pas trop puisque c’est mon ami.

Il s’invite à notre date.

On couche ensemble les trois. Et c’est là que je réalise que je suis encore amoureuse de lui. Et que lui réalise qu’il est encore amoureux d’elle. Et qu’elle, elle est amoureuse de moi. Party. 

On s’est finalement fréquentées six mois, parce qu’elle a imposé son copain dans notre relation. Chaque fois qu’on couchait toutes les deux ensemble, il jouait à des jeux vidéo à côté de nous. »

Du cul sans se toucher

« Il y a plusieurs années, avec une bonne amie, on a croisé un dude qu’on connaissait plus ou moins dans un bar un soir de brosse. C’était zéro le plan de faire un trip à trois, mais ça a comme fini de même chez le gars. L’affaire, c’est que ni moi ni mon amie n’avions des envies bisexuelles. On n’était pas prêtes à vivre ça. On a débuzzé, rendues nues dans le lit. On a décidé qu’on n’allait pas se toucher et on a demandé au dude de changer de capote entre chaque fille. Bref, le gars n’est jamais venu.

Quand il baisait une de nous, l’autre fille s’évachait dans un coin du lit, comme en standby genre. Le gars a dû changer huit ou dix fois de capote. C’était n’importe quoi, zéro excitant, tout croche. J’ai compris ce jour-là que les trips à trois, ce n’était pas pour moi! »

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