Germain Barre

URBANUIT  : est-ce que les gens baisent plus pendant une tempête ?

Les baby booms 9 mois après un blizzard ou une panne de courant, fait ou légende urbaine ?

URBANUIT, c’est comme le Bleu Nuit de vos premières hormones : à l’heure où les enfants sont (censés) être couchés, on vous présente du contenu pop-sexu sans filtre, non-brouillé, sans pénis croches ou nounes vertes. N’ayez plus peur de monter le son!

L’ouragan Florence a atterri en Caroline du Nord, causant de lourds dommages. Autorités et médias encouragent les gens se trouvant sur la trajectoire de la tempête à évacuer leur demeure ou encore à faire des provisions, placarder les fenêtres et rester à l’intérieur le temps que la météo s’adoucisse. La bonne nouvelle c’est que déjà, on annonce que l’ouragan est affaibli et que bientôt, ce soubresaut de Dame Nature sera derrière nous… jusqu’au prochain. Parce que malheureusement, avec les changements climatiques, on risque de devoir faire face de plus en plus souvent à ces situations.

Se retrouver ainsi dans l’incertitude peut provoquer toutes sortes d’émotions : peur, stress, inquiétude, impatience, colère et… excitation sexuelle?!

Il semblerait en effet que lorsqu’une population se retrouve enfermée chez elle pendant une période prolongée (comme un ouragan, une tempête de neige, une panne d’électricité et même la victoire d’une équipe sportive), on remarque une hausse des naissances neuf mois plus tard, sous-entendant ainsi que les gens s’entre-fécondent pendant ces évènements.

L’escouade URBANUIT s’interrogeait sur la véracité de ce phénomène, son origine et se demandait également, si c’était vrai, pourquoi serait-on porté à baiser alors qu’on se trouve dans une situation potentiellement dangereuse.

Il était une fois une panne d’électricité en 1965

Selon nos recherches, il semblerait que le phénomène, s’il en est un, serait né suite à une longue panne d’électricité survenue à New York en 1965. Le New York Times aurait rapporté en 1966 que le nombre de naissances avait sensiblement augmenté dans les hôpitaux de la ville.

Et depuis, les médias publient régulièrement des articles sur ce genre de baby booms.

Par exemple, en juillet 2013, 9 mois après le passage de l’ouragan Sandy, qui a touché plus de 8 millions d’Américains, des hôpitaux du New Jersey ont déclaré une hausse significative des naissances.

Fourrer enfermés

Mais qu’est-ce qui explique que cette idée est aussi populaire (à part que l’humain est un obsédé sexuel; si vous en doutez, allez voir ce qu’est devenu Chatroulette)?

Il y a la théorie de l’ennui : après avoir joué 48 parties de Yatzee, de sudoku pis de Cards Against Humanity, les gens iraient se taponner dans le noir, question de se changer les idées et d’économiser sur les chandelles.

C’est vrai que le sexe est un excellent passe-temps quand on aime ça. C’est d’ailleurs bizarre que personne ne le nomme lorsqu’on se fait interroger sur nos loisirs : « J’aime le kayak, les vins nature et le sexe anal. »

Il y a aussi la théorie du vertige existentiel : sentant son espèce menacée, un genre de pulsion originelle s’emparerait de l’humain afin qu’il s’ensemence pour assurer son avenir.

Une des membres de l’escouade URBANUIT se souvient d’ailleurs avoir pensé lors de son voyage à Honolulu, lorsque la Corée du Nord menaçait de balancer un missile sur Hawai’i, que ce serait quand même nice de mourir en fourrant avec son amoureux. C’est comme une purge, genre « c’est la fin du monde, on fait ce qu’on veut » ainsi qu’un gros fuck you aux dictateurs de ce monde, que de répondre à leur guerre par la bouche de nos organes génitaux.

Grosse tempête, p’tite quéquette

Cependant, il paraît que tout dépend de l’intensité de l’événement. Yup, une étude de la Birmingham Young University datant de 2007 avance que moins la tempête est grosse, plus le taux de naissance est élevé, alors que plus l’événement est grave, plus le taux de naissances baisse.

On va ici se risquer à proposer la théorie de l’ILLUSION du danger qui excite les hormones des gens. Ce serait comme s’ils vivaient un fantasme : « OK chéri, Colette Provencher annonce 15 cm de neige, j’enfile mon suit de latex et déguise-toi en gars d’Hydro sexé qui se réfugie de la tempête chez une dominatrix! »

C’est le temps de se gâcher le fun

Malheureusement, on ne pouvait pas se contenter d’hypothèses, il fallait aller au fond de la question et on a donc poursuivi nos recherches.

Et on a frappé un mur en découvrant que toute cette histoire n’était effectivement qu’une légende urbaine.

Comme on peut le voir sur un des graphiques de cet article, même si le nombre de « bébés-Sandy » est assez élevé neuf mois après l’ouragan, ce n’est pas assez pour conclure que c’est à cause de la tempête. Il existe beaucoup d’autres facteurs à considérer pour expliquer ce chiffre.

Cependant, un fait intéressant semble soutenir l’étude de la Young University : aucun baby boom n’a été enregistré suite à la Crise du verglas survenue au Québec en 1998. Il paraît même que la Montérégie, la région la plus gravement affectée par la panne, a connu son plus bas taux de naissances de 1998.

Comme quoi quand ça devient sérieux, on pense à autre chose que se reproduire. C’est dire que si Hawai’i avait réellement été attaqué, la membre URBANUIT se serait probablement cachée en dessous du lit d’hôtel en hyperventilant au lieu de faire des fingers en direction du ciel en position levrette.

Et qu’en est-il de notre histoire originelle de panne d’électricité? Pas vrai non plus. En rétrospective, il ne s’agissait que des fluctuations normales du taux de natalité.

C’est plate hein? Reste maintenant à vérifier si donner des sous à la Croix Rouge pour aider les victimes de Florence rend horny. Nous oui en tout cas.

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