Une journée chez les prématurés

Ce texte est extrait du #31 spécial Bébés | présentement en kiosque

Douze millions de dollars de budget annuel, 400 employés, 1100 admissions, 65 lits et des millions de larmes. Parce que pleurer, à l’unité de néonatalogie de l’hôpital Sainte-Justine, c’est normal. Ce sont les adultes qui pleurent. Car les bébés intubés, les bébés prématurés, les bébés anormaux, étrangement, ne pleurent pas ou presque.

Ce qui frappe le plus quand on entre ici, c’est le silence. Une ambiance de bibliothèque. Des résidents, des médecins, penchés sur leurs dossiers, assis devant de petits bureaux dans le corridor. Un corridor vide de patients, sinon une maman qui se dégourdit les jambes.

Les patients et leurs parents sont dans de petites chambres qu’ils partagent avec d’autres parents et d’autres patients, couchés dans des incubateurs. Les mieux portants peuvent être touchés, bercés. « Il y a des bénévoles qui bercent les enfants que les parents ne viennent pas visiter. Souvent, c’est parce que les parents habitent loin. Ou c’est autre chose. Voir ces petits bébés-ordinateurs — on les appelle comme ça parce qu’ils sont branchés de partout — ça crée parfois des problèmes d’attachement. La mère n’a pas l’impression que c’est son enfant. Donc, elle rejette le petit être. Une fois, je suis venue moi-même bercer un bébé qui s’en allait en adoption et qui n’avait pas encore été bercé », explique Sophie Gravel. Quarante-trois ans, énergique, souriante, efficace, elle-même mère d’un enfant né avant son temps. C’est l’infirmière-chef de cette unité ultra-spécialisée, où l’on envoie de partout dans la province ces traumatisés de la naissance, la plus grosse unité de néonatalogie au Canada.

Infirmières, auxiliaires, préposés aux bénéficiaires, commis, pharmaciens, nutritionniste, physiothérapeute, ergothérapeute, psychologue, travailleuse sociale. C’est un hôpital dans l’hôpital où l’on accueille les bébés qui se pointent le bout du nez dès la 23e semaine de grossesse, soit 17 semaines trop tôt. Les bébés qui souffrent d’anomalies congénitales, ceux qui ont besoin d’une chirurgie à la naissance, ceux que l’on doit plonger dans une hypothermie thérapeutique, etc.

[…] La suite à lire dans le #31 spécial Bébés | présentement dans les kiosques

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