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Une job le jour, une entreprise de lingerie le soir et des journées qui durent parfois 14 heures
« Tu dois être un peu "workaholic" pour réussir », affirme la cofondatrice de J3L Lingerie.
« Je peux parfois travailler sept jours sur sept et lorsque j’ai des journées productives, je commence à 7 h et je finis à 21 h », affirme Jeanne Lebel.
Être prêt.e à tout pour réussir en entrepreneuriat, ça veut souvent dire faire des semaines aux heures incalculables et jongler avec plusieurs boulots, comme le constate la cofondatrice de J3L Lingerie, également directrice de région pour six boutiques de vêtements Frank And Oak.
L’entreprise J3L Lingerie, récipiendaire du prix ÉquiLibre en 2019, offre des sous-vêtements pour toutes les tailles et est gérée par deux femmes dans la vingtaine : Jeanne Lebel et Laurence Lafond. C’est Jeanne qui nous en dira plus sur la conciliation entre sa vie d’entrepreneure et celle de travailleuse salariée.
Joindre les deux bouts en alternant deux jobs
J3L Lingerie ne fait pas assez de profit pour que Jeanne et Laurence puissent se verser un salaire, et les deux femmes ne reçoivent aucune somme d’argent provenant de subventions ou d’investisseurs. Elles doivent donc travailler sur leur jeune marque soit avant le boulot, soit après. Pendant la journée, elles travaillent pour le compte de quelqu’un d’autre.
«Il faut être organisé, savoir se dépasser et savoir gérer un agenda, c’est ça, la clé du succès.»
« Je suis workaholic. Je n’ai jamais vu ça comme une charge de travail supplémentaire », explique Jeanne, qui travaille sur J3L environ quatre heures par jour.
Est-ce que travailler de l’aube au crépuscule est le prix à payer pour faire grandir une entreprise? « Il faut être organisé, savoir se dépasser et savoir gérer un agenda, c’est ça, la clé du succès. Nous, on voulait être jeune pour le faire, parce que c’est à ce moment qu’on a une batterie avec plus de jus. Avoir une compagnie, c’est personnel et tu dois être un peu workaholic pour réussir », tranche la femme d’affaires de 26 ans.
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Cette façon de faire ne convient évidemment pas à tout le monde. Et même pour Jeanne, ce mode de vie vient avec des sacrifices : elle a notamment vécu une séparation récemment. « Travailler autant, ça donne moins de place à la relation amoureuse », avoue-t-elle.
Entre ses deux jobs, lorsqu’elle parvient à avoir du temps libre, elle doit rattraper sa liste de corvées ménagères ou de magasinage. Puis, s’il lui reste encore du temps, elle fait une place pour ses ami.e.s afin d’entretenir son réseau social. « Tu en viens à délaisser la relation amoureuse et à la tenir pour acquise. C’est sûr que ç’a joué sur la séparation », confie-t-elle.
Répondre aux attentes de tout le monde
L’employeur de Jeanne est au courant qu’elle gère également une compagnie on the side, mais la jeune femme sait que son emploi doit demeurer prioritaire. « Je veux performer pour mon employeur et je veux performer pour moi-même, et ça peut devenir lourd à la longue. »
«Du moment que je vais mettre 100 % de mon temps dans la compagnie, elle va décoller»
« Du moment que je vais mettre 100 % de mon temps dans la compagnie, elle va décoller », croit fermement Jeanne. Pour le moment, sa partenaire d’affaires et elle veulent se réaliser dans d’autres domaines avant de consacrer toute leur énergie à leur projet.
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Par contre, dans un monde idéal, Jeanne travaillerait moins pour Frank And Oak et plus sur J3L. Cet été, elle a vécu son horaire de rêve le temps d’une semaine, alors qu’elle travaillait de la maison et qu’elle réussissait à se concentrer sur ses deux boulots à tour de rôle, pour ne pas dire en même temps. En ce moment, son emploi chez Frank And Oak lui demande plus d’heures – à cause du manque de main-d’œuvre – et elle passe donc beaucoup de temps sur la route ou sur le plancher.
Mettre tous les corps en valeur
Avec toute cette pression sur ses épaules, Jeanne réussit à garder la tête hors de l’eau en s’accordant du temps pour se divertir un peu. Elle va souvent se recueillir sur le bord de l’eau à la maison de ses parents ou faire un tour de Jeep loin de la ville avec ses ami.e.s. « C’est la raison pour laquelle je suis encore saine d’esprit », croit-elle.
Elle choisit judicieusement les gens à qui elle consacre le temps qui lui reste dans une journée. « Je n’ai pas l’impression d’être solitaire, mais oui, je finis par l’être, parce que je n’ai pas beaucoup d’amis. Je n’ai pas de temps à accorder à n’importe qui, je restreins donc mon cercle pour l’accorder aux bonnes personnes », explique-t-elle.
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En attendant, elles se réjouissent de contribuer, avec leur lingerie, à ce que les femmes acceptent et aiment leur corps tel qu’il est.
Malgré tout, Jeanne se sent parfois rattrapée par sa vie réglée au quart de tour : « Je passe à côté de plusieurs choses que j’aimerais faire, parce que je n’ai pas assez de temps pour les faire, confie-t-elle. Je me rends compte que je ne pourrai pas maintenir ce rythme encore longtemps. Avec Laurence, on réfléchit à ce qu’on veut pour la suite de J3L. »
Les jeunes entrepreneures espèrent avoir les nerfs assez solides pour continuer de travailler en double jusqu’à ce que leur entreprise décolle vraiment. En attendant, elles se réjouissent de contribuer, avec leur lingerie, à ce que les femmes acceptent et aiment leur corps tel qu’il est.
En effet, les images des corps diversifiés posant pour la compagnie respirent la confiance et le bien-être. « Ce que je trouve le plus beau, c’est les gens qu’on rencontre pendant nos séances photo. La différence, elle est belle aussi », mentionne Jeanne. C’est ce qui la rend fière et qui la motive à continuer.
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