Travailler c’est trop dur.

Je vais faire mon Maire Gendron, ça se peut que ça sente le brûlé. Est-ce que c’est juste moi qui trouve que la proposition de grève des cols bleus de Montréal est de la grossière indécence? Dans une période où l’économie sort à peine de son nid-de-poule, faire une grève est une claque dans la face à tous ceux et celles qui n’ont plus d’emploi.  Au mois de juillet seulement, 37 000 Québécois ont perdu leur job. Je ne dis pas que les revendications des cols bleus sont insensées.  En fait, ça ne m’intéresse pas vraiment. Je sais qu’ils sont probablement payés un salaire plus décent que le Québécois moyen, mais là n’est pas le point.  Le non-sens c’est de faire une grève quand tout le reste du monde tremble et redoute le moment où ils vont se faire appeler pour un « meeting » avec les ressources humaines.  C’est vraiment nous prendre pour des caves. Tant qu’à flirter avec le mauvais goût, autant se vautrer dedans. Je leur propose donc une grande kermesse au Stade Olympique avec des shows de tracteurs jackés et de déneigeuses dropées.  On inviterait Zachary Richard en clôture de spectacle pour qu’il nous chante sa toune «travailler c’est trop dur». On chanterait, on danserait, on se collerait : on appellerait ça le Bal des cols en bleus. Anyway.  Hier, j’ai pris le métro comme d’habitude en revenant de la job. À la sortie de ma station, y’avait un gars qui grattait sa guitare.  La soixantaine, les cheveux sel et poivre, quelques trente sous pitchés dans son étui.  Comme je passais, il lance à son ami avec un grand sourire: «Esti qu’on a la meilleure job au monde».  C’est fou de voir un gars qui joue avec un «pic» et qui est humble.

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up