TOUTE la campagne électorale en résumé

C'est aujourd'hui le jour du vote. Voici TOUT ce qu'il faut savoir si vous n'avez rien suivi.

On y est maintenant le Jour J, le grand soir (soyons réalistes, le moyen soir mettons), le jour des élections. Après 5 semaines de campagne, les Québécois, ceux qui votent en tout cas, vont se rendre aux urnes pour choisir le ou la moins pire à leurs yeux.

Mais mettons que vous vous êtes bouché les oreilles pendant toute la campagne, et que soudainement, il vous prend une envie incontrôlable d’exercer votre devoir citoyen, vous faites quoi?

Ben vous lisez ce texte, parce que je vais vous résumer les grandes lignes de la campagne, et les promesses marquantes de chaque partie.

Semaine 1:

Alors que tout le monde (y compris la CAQ) pensait que Gertrude Bourdon, ex-infirmière et ex-PDG du CHUQ, allait se présenter pour la Coalition Avenir Québec, Mme Bourdon décide finalement de se présenter pour le PLQ, qui devra gérer ses frasques pour le reste de la campagne.

…Piiiis, c’est pas mal ça qu’on a retenu de la première semaine.

Semaine 2:

Philippe Couillard trouve une façon habile de tenir sa promesse de faire une campagne propre; il envoie ses candidats faire une conférence de presse à sa place pour dire que François Legault suck. Ils admettent aussi, comme la CAQ, qu’ils vont permettre des forages pétroliers dans le fleuve.

Ils veulent aussi déménager des ministères en région et donner des bénéfices aux aînés qui travaillent plus longtemps.

Semaine 3:

Le Parti libéral présente son cadre financier. On veut augmenter le budget de tous les ministères, instaurer la gratuité du transport en commun pour les aînés et les étudiants.

On promet aussi de percevoir les taxes sur les achats en ligne, ce qui met bien des gens en beau fusil.

Nous, on est surtout contents qu’ils aient enfin une semaine de campagne pas trop plate.

Semaine 4:

Le PLQ remontait tranquillement dans les sondages. À la semaine 4, Philippe Couillard s’est assuré que la remontée s’arrête drette-là en allant dire sur les ondes radio que c’était possible de nourrir une famille avec 75$ par semaine. La preuve? Lui il connait des gens qui y arrivent.

Contre toute attente, il n’est jamais revenu sur ses propos. Non, il s’y est accroché jusqu’à la fin. Si Philippe Couillard ne retrouve pas son siège de PM, ça sera à cause d’un tout petit 75$.

Semaine 5:

Philippe Couillard a surtout été pogné avec son histoire de 75$.

Sinon, il a dit qu’il ferait tout pour qu’on reste au mode de scrutin actuel (qui a avantagé son parti en 2014, d’ailleurs), quitte à en faire un référendum.

Promesses marquantes:

-Nouvelles mesures pour les aînés travailleurs

-Deux heures de stationnement gratuit à l’hôpital

-Transport en commun gratuit pour les jeunes et les aînés

-Soins dentaires gratuits jusqu’à 16 ans

Semaine 1:

La CAQ donne le ton pour sa campagne en se concentrant sur les familles. Legault commence en promettant d’égaliser les taxes scolaires, et en parlant de la maternelle 4 ans, promesse pour laquelle il dira plus tard qu’il serait prêt à mettre son poste en jeu.

Il trippe sur la maternelle 4 ans. Quessé vous voulez que j’vous dise.

Éric Caire, député de la CAQ, se retrouve dans l’eau chaude après qu’on ait appris qu’il a accepté un prêt personnel d’un maire de sa circonscription. De son côté, le président de la CAQ, Stéphane Le Bouyonnec, qui avait été entaché plus tôt dans l’année dans une histoire de prêt usuraire, démissionne.

Finalement, François Legault promet l’accès pour tous à un médecin en 36h.

Grosse première semaine.

Semaine 2:

Legault se retrouve avec un autre candidat gênant sur les bras, Stéphane Laroche, qui possède un bar qui offrait des services variés tels que des soirées de la «Nain-Jean-Baptiste», qui ne se gêne pas pour laisser entrer pour les mineurs, et à qui on reproche certaines… comment dire… lacunes en matière d’équité salariale.

On rappelle à François Legault que l’immigration est d’abord une compétence fédérale, ce qui le met sur la défensive sur sa proposition de réduire les seuils d’immigration.

Semaine 3:

La CAQ a beau avoir promis d’importants montants en éducation et pour les soins à domicile, on n’en a eu, à la troisième semaine, que pour les dérapes du chef du parti sur l’immigration.

Les médias se sont mis à questionner François Legault sur le processus d’immigration, et on s’est tous rendu compte qu’il ne connaissait pas ça pantoute finalement. Il a même dû admettre qu’il n’était pas un «génie en herbe» sur le sujet.

Sa formation est aussi arrivée dernière dans un questionnaire sur l’environnement, mais ça, on dirait que tout le monde s’en fout, comme si ce n’était pas important. Pfff.

Semaine 4:

Après que François Legault eût déclaré qu’il n’est pas un «génie en herbe», les médias se sont trouvé un nouveau jeu : lui poser des questions de connaissances générales pour le regarder avoir chaud.

Heureusement pour le chef de la CAQ, deux choses sont venues à sa rescousse : d’une part, il a connu un très bon débat. D’autres part, Philippe Couillard lui a fait une passe sur la palette avec sa déclaration de l’épicerie à 75$, détournant l’attention des médias.

Semaine 5:

Lors de la dernière semaine, François Legault a eu beau commettre quelques impairs sur la question environnementale, refusant d’augmenter les redevances sur l’eau, entre autres, il n’en n’a pas vraiment ressenti les effets.

Tout le monde s’en fout, de l’environnement, après tout. Re-pfff.

Promesses marquantes:

-La maternelle à quatre ans

-Revoir la rémunération des médecins pour permettre l’accès en 36 heures pour tout le monde

-La maternelle à quatre ans

-Remplacer les CHSLD par des maisons des aînés

-La maternelle à quatre ans

Semaine 1:

Le Parti québécois entame sa campagne en ciblant les familles. On propose de faire acheter les fournitures scolaires par les commissions scolaires et des lunchs abordables dans toutes les écoles.

On avance aussi l’idée d’un Tinder du covoiturage, bref, une app pour que le monde se fasse des lifts.

Mais surtout, Jean-François Lisée a dû défendre Michelle Blanc pour la première (et non la dernière fois de cette campagne), alors qu’elle a insinué que le blogueur Xavier Camus était pédophile parce qu’elle était fâchée qu’il ait relevé ses tweets racistes.

Ouin.

Semaine 2:

Lisée doit se porter à la défense d’un autre candidat, Guy Leclair, accusé de conduite en état d’ébriété. M. Leclair décide finalement de se retirer de la course.

Le PQ a toutefois promis de climatiser les CHSLD et d’obliger les institutions publiques à utiliser 50% d’aliments québécois dans leurs menus.

Aussi, Jean-François Lisée a des problèmes avec Michelle Blanc, alors que ses supporters écrivent son slogan, « Tanné de l’oligarchie, cette année, je vote BLANC » sur les pancartes de la candidate solidaire Ruba Ghazal.

Semaine 3:

Lisée a ENCORE des problèmes avec Michelle Blanc. Cette fois-ci, une organisation juive réclame le retrait de la candidate alors qu’on a retrouvé un de ses vieux tweets où elle regrettait avoir oublié de fêter Hitler.

Le PQ a également proposé d’obliger les personnes souhaitant immigrer au Québec à parler français avant leur arrivée. On leur rembourserait les cours de francisation une fois réussis.

Et Jean-François Lisée passe sa fin de semaine à Ottawa avec son autobus pour mettre le Canada en garde.

Semaine 4:

C’est la semaine où le chef du PQ s’est mis à vraiment capoter sur Québec Solidaire. Ça a commencé en débat, quand il s’est obstiné à demander à Manon Massé qui était le vrai chef de QS.

Par la suite, il n’a cessé de marteler que la formation de gauche avait profité d’un passe droit des médias, et il a décidé de rétablir cette injustice en parlant d’eux chaque. fucking. jour.

Semaine 5:

Jean-François Lisée a continué à parler de Manon Massé. Il s’est insurgé du fait que Manon Massé se compare à René Lévesque. Il a tenté de convaincre les électeurs de gauche de se rallier derrière le PQ.

Il a vraiment beaucoup parlé de Manon Massé.

Promesses marquantes:

-Des lunchs dans toutes les écoles

-Climatiser les CHSLD en 2019

-Tinder de covoiturage

-26 800 nouvelles places en CPE

Semaine 1:

Manon Massé part sa campagne du bien mauvais pied en déclarant que l’anglais est l’une des langues officielles du Québec (c’est faux).

Manon qui se met le pied dans la bouche, ce sera un thème de cette campagne.

Sinon, GND rappelle la promesse de Québec solidaire d’instaurer la gratuité scolaire à tous les paliers.

Dès la première semaine, QS lance aussi un chiffre qui fera parler jusqu’à la fin de la campagne: ils comptent aller chercher 12,9 milliards supplémentaires, notamment en imposant les plus riches, en taxant les banques et en arrêtant de financer les écoles privées.

Ils proposent aussi d’arrêter de vendre des véhicules à essence dès 2030, et tous les propriétaires de pick-up et de VUS font une syncope.

Semaine 2:

Ils proposent d’ajouter 38 stations de métro. Trente-huit.

Semaine 3:

La formation de Manon Massé propose d’offrir un revenu minimum garanti à tous les Québécois.

Ils en ont profité pour proposer de nationaliser le transport interurbain, et d’interdire l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire québécois.

Semaine 4:

Malgré les attaques complètement surréalistes de Jean-François Lisée à son égard en début de débat, Manon Massé offre une bonne performance, et les sondages sont très positifs pour Québec solidaire, qui pourrait facilement doubler sa députation.

Semaine 5:

Entre quelques attaques de Jean-François Lisée, QS propose une loi anti-burnout, proposant entre autres d’offrir plus de congés payés aux employés.

Mais ce qui retient toute l’attention, c’est à quel point Manon Massé se met royalement le pied dans la bouche en déclarant dans une entrevue en anglais que QS est un parti marxiste, pour ensuite dire qu’elle avait mal compris à cause de l’anglais, pis qu’elle a pas lu de livres de science politique anyway.

Malgré ce spectaculaire faux pas, la formation semble tenir bon dans les sondages.

Promesses marquantes:

-Assurance dentaire universelle

-Salaire minimum à 15$

-Interdire la vente de véhicules à essence d’ici 2030

-Gratuité scolaire

-Investissements massifs dans le transport en commun

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