Survivre au Rockfest

Malgré ce que laisse croire ce ciel gris, bas et lourd qui pèse comme un couvercle, c’est l’été. Comme dans « switch à off », « théâtre d’été », « marathon de vieux films poches à TVA » et, surtout, « festivals ». Parce que ça, au Québec, on en a. Pour tous les goûts et de toutes les couleurs, amène-en; celui de la Poutine, du Jazz, du Western, de la Gibelotte, du Trucker, de la Vache qui chie et j’en passe des meilleurs. Comme si à peu près tout ici était prétexte à boire de la bière chaude en gang, camper tout croche et tomber dans le psychédélisme de base les pieds dans la bouette avec un beau coup de soleil dans le front. C’est donc logiquement afin de parler culture estivale à sa manière, c’est à dire les deux pieds dedans, qu’Urbania ait eu la brillante idée de m’envoyer en mission couvrir un paquet d’évènements qui revolent, essentiellement ceux où la musique se passe. Parce que bien qu’en tant que journaliste je n’aie rien en particulier contre l’analyse de la bouse de vache, mettons que la musique c’est un peu plus dans mes cordes. Je vais donc vous offrir assez régulièrement un compte-rendu de mes aventures et péripéties au cœur de ces cérémonies contemporaines de transes commanditées par Ford, et ce, au péril de ma santé et de ma dignité, promis.

On commence en grand, puisque cette semaine c’est le Amnesia Rockfest de Montebello, en Outaouais. 900 habitants, 1000 vaches, 200 000 festivaliers tatoués qui squattent la ville pendant 4 jours. Le genre d’endroit où à peu près tout et n’importe quoi peu arriver, de ce que j’en connais. Fondé en 2005 par un kid du coin, Alex Martel (qui avait 17 ans à l’époque, eh), cette orgie de rock, de punk et de métal est passé de 3 bands dans un champs sur un stage en bois construit par papa à l’évènement monstre qu’on connait aujourd’hui, « Le Plus Gros Festival de Rock au Canada », comme dit la pub. Qui a vu passer au fil des ans sur sa scène les NoFX, Korn, Bad Religion, Alice Cooper, Marilyn Manson, Mötley Crüe, Weezer et pas mal d’autres groupes d’aréna qui doivent encore se demander comment c’est arrivé… Pour son 10e anniversaire le Rockfest, qui s’est fait une réputation de tough après avoir survécu à une avalanche de publicité négative liée notamment à un problème de salubrité en 2013 et à un tournage porno cheap l’an passé, se paie une programmation de 100 groupes (!) qui ressemble au fantasme de mon adolescence en skateboard (Winona Rider exceptée) et probablement à celui de pas mal de kids ayant grandis à l’aube de l’an 2000 : on parle entre-autres de Rancid, Slayer, Bad Religion, System of a down, Deftones, The Offspring et autres Linkin Park, mais aussi de raretées comme Skinny Puppy, Ministry, The Pixies et les Buzzcocks, juste ça.

Sur papiers, on a la perspective d’un très joyeux bordel.

Les chances de débordements sont de niveau 10.

Ma photographe attitrée, d’allure pourtant respectable, vient de me demander si j’avais préparé notre valise de drogues diverses manière Hunter Thompson et a offert de s’habiller moulant pour qu’on rencontre Snoop Dog.

Urbania s’en va au fucking Rockfest.

Yessir Miller.

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