Stan Lee : quand un (super) héros meurt

Perdre une idole et gagner un univers en héritage.

Quand un artiste meurt, on se désole de toutes les œuvres qu’il n’aura jamais eu le temps de nous léguer. On imagine ce qui aurait pu être, où cet artiste aurait bien pu se rendre dans son parcours créatif s’il avait pu vivre quelques années de plus. Mais quand un artiste de 95 ans meurt et que cet artiste est responsable de la majeure partie des héros Marvel qui sont devenus des personnages plus grands que nature sur nos écrans de cinéma dans les dix dernières années, on se retrouve avec un univers en héritage.

Les problèmes qui vivaient Stan Lee étaient bien vrais, mais les solutions qu’il avait réussi à nous présenter face à l’adversité sont tout aussi importantes.

Car nous savions que ça s’en venait; certains d’entre nous s’inquiétaient déjà de comment ça se passerait. Nous savions que Lee était aux prises avec des accusations d’inconduite sexuelle, aux prises avec une santé en déclin et entre les griffes de potentiels escrocs qui attendaient sa mort pour le piller. Les problèmes qui vivaient Stan Lee étaient bien vrais, mais les solutions qu’il avait réussi à nous présenter face à l’adversité sont tout aussi importantes.

Avec les X-Men, Stan Lee et Jack Kirby nous ont montré un exemple de l’importance de la différence et de la force révolutionnaire des marginaux. Le même duo nous a fait regarder vers les étoiles avec Fantastic Four et comprendre la métaphysique des sphères avec Doctor Strange. Hulk nous fait mieux comprendre la colère qui existe en nous, il nous montre qu’un handicap peut être notre plus grande force avec Daredevil et qu’avoir des pouvoirs ne règle pas nécessairement tous nos problèmes avec Spider-Man. Stan Lee était un créateur problématique, mais son œuvre a aidé plusieurs générations à gérer ce monde imparfait.

D’apprendre que Stan Lee a rendu l’âme est donc une opportunité de se rassembler autour de son univers. C’est un deuil qui se fait en silence, à relire ses livres et à replonger dans son imaginaire, car c’est ce qui reste de nous tous, au final, notre imaginaire.

D’apprendre que Stan Lee a rendu l’âme est donc une opportunité de se rassembler autour de son univers. C’est un deuil qui se fait en silence, à relire ses livres et à replonger dans son imaginaire, car c’est ce qui reste de nous tous, au final, notre imaginaire. On peut voir l’art comme manière de résister au temps, car le temps aura raison de nous tous. La seule place où l’on peut conserver une trace de ceux qu’on aime est dans l’art. C’est donc apaisant de se replonger dans son univers, comme il l’a fait lui-même à tant de reprises.

On a souvent commenté la manie de Stan Lee d’apparaître en caméo dans les productions de Marvel, mais après son décès je considère que c’est l’acte le plus poétique que cet homme ait pu poser, lui qui a œuvré 77 ans en comicbook. Après tout, c’est la moindre des choses que de lui donner une position privilégiée dans son propre imaginaire. Car à chaque fois que nous voyions Stan Lee apparaître dans un film de Marvel en gardien de sécurité, en chauffeur d’autobus ou en coiffeur intergalactique, il côtoyait ses créations comme si elles existaient pour vrai. Et si on se fie aux rumeurs qui révèlent que Stan aurait déjà filmé les caméos pour les films à venir, alors sa présence sera celle d’une figure immortelle, un homme qui aura quitté notre monde pour se joindre à celui qu’il a inventé. Et il m’est impossible ne pas être ému par cette idée.

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