Spécial cannabis : le badtrip

Éditorial

Une édition sur le pot ? Quelle bonne idée ! En fait, c’est un sujet si naturel qu’on s’est demandé si on avait déjà fait un numéro là-dessus… Vérification faite : on n’avait jamais parlé de weed pendant 154 pages. Et comme le gouvernement Trudeau entamera le processus menant à la légalisation du cannabis au printemps prochain, on a décidé de plonger.

Pour être honnête, on pensait que ce serait un jeu d’enfants. On croyait que nos collaborateurs nageraient en terrain connu, qu’ils auraient plein d’histoires drôles à raconter et plus aucune raison de cacher leur consommation. Oh, comme on avait tort ! En fait, le tiers des gens présents à notre première séance de travail n’avait jamais touché à un joint (notons que cette proportion a drastiquement diminué depuis).

La virginité cannabique de nos collaborateurs n’était que la première d’une longue série de surprises. La seconde ? Jaser de pot, c’est difficile. Certes, c’est un excellent sujet : d’actualité, vaste, enivrant. Mais il s’agit surtout d’un produit illégal. Essayez de convaincre un pusher de vous parler de sa business ! On a dû remuer ciel et terre pour gagner la confiance des acteurs de l’industrie. Et quand on réussissait, on se butait souvent au cliché du stoner pas super fiable. Ce numéro s’est construit à coups de rendez-vous oubliés et de rencontres louches tard en soirée.

Autre étonnante découverte : le cannabis est tabou. Difficile de convaincre des consommateurs de se mouiller. C’est que le Pot PQ manque cruellement de têtes d’affiche. Si les Américains ont Snoop Dogg, Willie Nelson et autres Rihanna, les Québécois n’ont à peu près que les Dead Obies pis le roadie de Loco Locass à titre d’amateurs assumés. Pourquoi tant de gens dans le garde-robe, alors que la légalisation du cannabis est à nos portes ? Bon, on ignore pas mal tout de la façon dont elle sera déployée – et les libéraux sont avares de commentaires à ce sujet –, mais elle est imminente.

D’ailleurs, à l’aube de la nouvelle ère qui soufflera sur le Canada, URBANIA ne cherche pas tant à définir si le pot est bon ou mauvais. Avec ce Spécial cannabis, on découvre plutôt la culture qui lui est associée. Ses dessous sociaux, politiques et économiques. On apprend ce qu’est réellement la marijuana; ce qu’elle peut générer comme effets, expériences, cauchemars ou souvenirs heureux. On fabrique de la drogue dans un laboratoire clandestin et on conçoit le meilleur texte au monde à lire gelé; on assiste à un atelier de sensibilisation antidrogue pour enfants et on fume en famille; on va à la rencontre du crime organisé danois et des cultivateurs émancipés d’Uruguay; on apprend à soigner Pitou avec du pot et à souffler des pipes en verre; on crée sous influence et on fait quelques badtrips… Et là, on est content que le buzz soit fini.

Bonne lecture !

L’Équipe d’Urbania

Pour en savoir plus, procurez-vous le Spécial cannabis du magazine URBANIA! 

En kiosque ou sur notre boutique en ligne

URBANIA débusque l'incongru, magnifie l'ordinaire et porte son regard au-delà des lieux communs et des sujets galvaudés. Avec un sourire en coin.

Du même auteur