.jpg)
Se lancer sans parachute: perdre son emploi et fonder une entreprise en temps de crise
Surmonter une mise à pied like a boss.
Chacun s’est occupé comme il pouvait pendant le confinement. On a vu passer pas mal de stories avec toutes sortes de pain, on a pu observer nos voisins tenter de faire pousser des semis, on s’est pris d’amour pour le local. Perso, moi j’ai joué à la Switch…
Mais certains ont profité de cet arrêt momentané pour devenir leur propre patron. C’est le cas de Marc Antoine Blais et de Valentin Montmaurs qui, au cœur de la crise, ont eu des parcours assez similaires.
Marc Antoine était gérant dans une quincaillerie Rona avant d’être mis à pied à cause de la COVID. Maintenant il est propriétaire de son entreprise Meubles Mattiva et fait des meubles all day long. «C’était un passe-temps puis c’est devenu un truc à temps plein. Soit ça fonctionne, soit ça ne fonctionne pas et je n’ai pas d’autres plans».
BOUM, le décor est posé.
«Ça m’a donné le goût d’être mon propre patron.»
Valentin, de son côté, a été mis à pied alors qu’il était directeur de magasin pour American Eagle. Plutôt actif dans la vie, il ne se voyait pas passer son confinement à faire le ménage en attendant la réouverture des commerces. «J’ai les connaissances pour préparer les déclarations de revenus des particuliers. J’ai commencé pour m’occuper et augmenter un peu mes revenus.»
Il se prend au jeu et décide alors de se lancer pour de bon. «Ça m’a donné le goût d’être mon propre patron», dit-il. En plus de son activité de comptable, il propose de la formation aux entrepreneurs pour améliorer leur gestion du temps et leur productivité.
Poussés par la pandémie
Bien conscient des risques associés à une telle période, Marc Antoine s’est senti poussé des ailes. «Pour ma part la pandémie me motive à être actif, c’est assez remarquable», dit-il, enjoué.
Puis avec tous les bouleversements, ce n’était pas vraiment business as usual, ce dont a tiré profit Valentin. En temps normal, une partie des gens qui composent maintenant sa clientèle sont réfractaires à envoyer leurs informations par courriel sécurisé. «Ils avaient l’habitude d’aller déposer les papiers en main dans les bureaux, là ce n’était pas possible avec la pandémie donc ça m’a aidé», raconte-t-il. Grâce à ça, il est allé chercher des clients situés aux quatre coins du Québec.
Et la pandémie n’a pas seulement fait perdre des jobs. Elle a aussi galvanisé la solidarité des entrepreneurs, dont Valentin a énormément bénéficié pendant la crise. Inscrit dans plusieurs groupes de discussion en ligne, il a reçu de nombreux conseils pertinents. «Ça a alimenté ma réflexion sur qu’est-ce que les gens cherchent. J’ai pu définir mon activité et éviter certaines erreurs.»
Une drop dans le salaire
Faut pas non plus penser que tout est tout beau tout bien. Se créer des opportunités ça vient avec des sacrifices. Valentin, qui était habitué à un salaire confortable chez American Eagle, va devoir composer avec une diminution de ses revenus. «J’estime que je vais perdre environ 15 000$ sur mon salaire annuel pour cette première année», calcule-t-il.
L’activité de Marc Antoine demande pour sa part quelques investissements, il a déménagé dans un local approprié pour ne plus faire ses meubles dans le garage de son père. «Je vis et démarre l’entreprise avec mes économies et mes primes de départ, sans que ça ne couvre mon ancien salaire», explique-t-il.
Puis il doit composer avec l’incertitude. Pour l’instant, il a des contrats, mais est-ce que ça va durer?
Le love autour de l’achat local l’a quand même rassuré. «Ça m’a enlevé une petite dose de peur, juste assez pour me dire “allez. je me lance”.»
Une meilleure qualité de vie
Le salaire pèse son poids dans la balance, c’est sûr. Mais il semblerait qu’avec la pandémie certaines personnes ont pris le temps de redéfinir ce qui est essentiel pour eux. «J’aime le commerce de détail, mais on sacrifie notre qualité de vie. On travaille le soir, ou les fins de semaine», raconte Valentin.
«On sera ensemble pour Noël et c’est bien plus important pour moi que le côté financier.»
Avec le confinement, il s’est rendu compte que ses ambitions étaient réalisables et que c’est possible de trouver un meilleur équilibre entre le boulot et la vie personnelle. Ses grands-parents, qui l’ont élevé pendant une partie de son enfance, sont en France. Grâce à sa nouvelle occupation, il rentrera passer toute la période des Fêtes avec eux et travaillera à distance. «Ça m’était impossible avant parce que dans le commerce de détail c’est la période la plus achalandée de l’année. On sera ensemble pour Noël et c’est bien plus important pour moi que le côté financier», constate Valentin.
À la vente son premier meuble, Marc Antoine s’est senti satisfait comme jamais. En bon commerçant, il considère qu’un client heureux c’est la moitié de son travail. «J’ai eu des emplois valorisants dans le passé, mais ça faisait longtemps que je n’avais pas vu ça.»
Bien qu’il commence, il se projette déjà. À terme, il aimerait pouvoir embaucher quelques ébénistes. Combien? «Je ne suis pas le genre à appuyer sur le frein, donc une trentaine ou une cinquantaine».
Valentin pense plus court terme. Sans trop de pression, il se lance à temps plein dans sa nouvelle activité jusqu’en décembre pour vérifier sa viabilité, puis il ajustera au besoin.
En tout cas, on salue leur audace et on leur souhaite bonne chance dans la suite de leur aventure entrepreneuriale!
Identifiez-vous! (c’est gratuit)
Soyez le premier à commenter!