Nos souvenirs de Robin et Stella

Où étiez-vous quand vous avez appris que Robin était joué par une fille?

Il y a des choses qui nous marquent. Des choses dont on se souvient toute notre vie. On se souvient où on était le 11 septembre 2001. On se souvient où on était quand le mur de Berlin est tombé (pour ceux qui étaient nés, là). On se souvient où on était quand les Canadiens ont gagné la Coupe Stanley.

Et on se souvient où on était quand on a appris que Robin était joué PAR UNE FILLE.

De 1988 à 1992, sur les ondes de Radio-Québec (l’ancêtre de Télé-Québec), 195 épisodes nous présentant les aventures de Robin et Stella ont été diffusés.

Comme le dit le vieil adage: les contraires s’attirent. Ces deux jeunes deviendront rapidement inséparables.

Le contexte est très simple: Robin est un jeune absolument normal. Terre à terre, calme, tranquille. Il évolue au sein d’une famille ordinaire, à la limite un peu conservatrice.

Stella, quant à elle, est tout son opposé: impulsive, aventurière, explosive. Sa famille est «flyée», limite marginale. (On a tous déjà souhaité avoir une famille – et une maison! – qui ressemblait à celle de Stella. Ça avait l’air tellement cool!).

Et comme le dit le vieil adage: les contraires s’attirent. Ces deux jeunes, si différents, deviendront rapidement inséparables, même s’ils éprouvent une répulsion immédiate lors de leur première rencontre.

Tout commence avec Robin, qui vient tout juste d’emménager dans le quartier. Il découvre dans le garde-robe un passage secret qui mène directement chez Stella.

Ce passage secret est devenu le fantasme de bien des enfants, avouons-le. Je me souviens avoir passé des après-midis à parler avec ma meilleure amie de tout ce qu’on pourrait faire si nos maisons communiquaient ensemble.

J’aimais Robin et Stella dans son ensemble. Et avec les années, je réalise que plusieurs éléments m’ont marquée plus que je pensais.

Stella avait un Oups comme animal de compagnie.

Le générique

Premièrement, le générique du début. La musique entraînante, les images colorées, l’usage manifeste d’un «green screen» (tellement révolutionnaire à l’époque!). En 45 secondes, un monde imaginaire et plein d’aventures nous était présenté.

Et quelle musique!!! Le beat de clavier et le sifflement tellement facile à chantonner. Je dois admettre que je l’ai encore dans la tête une fois de temps en temps.

Les personnages

J’adorais Stella. J’enviais sa bonne humeur, son énergie et le fait qu’elle était game de tout essayer. Je trouvais sa famille tellement cool comparée à la mienne!

Et son kit?! Son chandail orange et sa jupe-salopette bleue, avec sa ceinture et sa SUPERBE montre rouge: mon rêve de m’habiller comme ça! (Mais malgré mes nombreuses recherches et mes supplications, ni ma mère ni moi n’avons trouvé d’où venaient ces magnifiques vêtements.)

Le réveil-matin de Robin était aussi pas pire.

Stella avait un Oups comme animal de compagnie. Il était tellement mignon et il avait l’air tellement doux et son habitat était tellement génial. Tellement mieux que mon chat qui dormait tout le temps, perdait son poil et me crachait après. La déception que j’ai vécu quand j’ai appris qu’on ne pouvait pas acheter de Oups à l’animalerie… Ça m’a pris une semaine m’en remettre! (Oui, j’ai toujours été un tantinet dramatique.)

Je ne sais pas si ça compte comme un personnage, mais le réveil-matin de Robin était aussi pas pire. IL PARLAIT. Pour vrai, là. Moi, je n’avais même pas de cadran dans ma chambre, il fallait que j’aille dans celle de mes parents pour voir l’heure (ce qui ne me servait à rien parce qu’en 1990, je ne savais pas lire l’heure).

Et Lolotte. Je sais que je fais une petite fixation sur le linge, mais j’aimais beaucoup son coton ouaté rose avec des cornets dessus. Mais je n’aimais pas vraiment le personnage. Elle était trop chialeuse à mon goût.

Lolotte avait aussi un grand frère, Barracuda (un vrai bad ass), et une petite sœur, Puce (on peut s’entendre sur le fait que les parents de Lolotte n’étaient pas super doués pour trouver des prénoms à leurs enfants.)

Entre vous et moi, Robin me tapait un peu sur les nerfs. Et je trouvais que son kit ressemblait trop à celui de Passe-Montagne.

Et au cas où vous l’auriez oublié, Jeanine Sutto et Julien Poulin ont eu des rôles dans Robin et Stella!

Le laboratoire

J’aimais beaucoup le laboratoire (oh pardon, le laborium!), endroit où Darius, l’oncle excentrique de Stella, faisait ses expériences scientifiques (et magiques!).

C’est dans le laborium que le Oups avait son espace (un animal de compagnie qui habite une petite grotte! Je me répète peut-être, mais: trop cool!). C’est là que le passage secret de la chambre de Robin débouchait. C’est là aussi que le Rapidotron se trouvait.

En plus du passage secret, j’ai souvent rêvé d’un Rapidotron: une machine qui te téléporte en quelques secondes n’importe où dans le monde! Mes oncles à moi n’ont jamais rien inventé d’aussi génial.

Même si le cheval n’avait pas l’air si spacieux, une fois à l’intérieur, Robin semblait très confortable.

Je sais qu’il n’était pas dans le labo, mais j’aimerais aussi faire une petite mention spéciale au cheval de Robin. Le gros cheval bleu qui était dans sa chambre et dans lequel il pouvait aller se cacher. Même si le cheval n’avait pas l’air si spacieux, une fois à l’intérieur, Robin semblait très confortable. Une autre chose à mettre sur ma liste des «choses qui se retrouvent dans Robin et Stella que j’ai supplié mes parents d’avoir».

Les histoires

J’adorais le monde de Robin et Stella. Dans l’espace, sous l’eau, dans un monde imaginaire, en géant ou en minuscule: tout se pouvait. Les machines, les inventions, les découvertes, on ne savait jamais par où les problèmes allaient arriver. Il n’y avait pas de limite à ce qui pouvait se passer dans le laborium (ou n’importe où dans le monde). Les bonnes intentions pouvaient devenir des catastrophes, et les mauvais coups aussi. Mais (heureusement!) tout finissait toujours par se régler.

Un doux mélange entre la réalité et le fantastique.

Je me souviens d’un épisode où le grand frère de Stella voulait devenir le meilleur musicien du monde et que, pour ce faire, selon lui, il devait devenir noir. Comme son idole Michael Jackson. Il a bu une potion et il est effectivement devenu noir (je ne me souviens pas de la suite de l’épisode, en toute sincérité). Je ne sais pas si un tel synopsis serait approuvé aujourd’hui! (En fait oui, je sais: JAMAIS DE LA VIE!)

Robin et Stella a marqué une génération. Cette émission était un doux mélange entre la réalité et le fantastique, et en a fait rêver plus d’un.

Pour votre plus grand bonheur, plusieurs épisodes se retrouvent sur YouTube.

Et vous? Étiez-vous plus team Robin ou team Stella?

Pour lire un autre texte de Gabrielle Caron: «J’adorais Vazimolo et j’en suis nostalgique».

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