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Je n’ai jamais été fan des résolutions de début d’année, surtout parce qu’elles sont souvent irréalistes et ne tiennent que quelques semaines. Mais se fixer des résolutions parentales, est-ce réellement une bonne façon d’ajuster sa manière d’aborder la parentalité.
Se faire une liste de résolutions en début d’année (sans nécessairement les tenir), comme retourner au gym ou arrêter de fumer, ça fait partie des traditions. Et s’il y a bien une « résolution » que l’on souhaite tenir, c’est celle de devenir un meilleur parent. Mais comment y parvenir sans se mettre trop de pression?
Parce qu’entre les attentes sociales, les obligations familiales et la pression pour offrir à nos enfants un développement optimal, on en a déjà bien assez sur les épaules. On s’efforce de répondre à leurs besoins, de rester bienveillants, de ne pas oublier le cadeau de l’éducatrice ou la journée pyjama à la garderie, tout en leur inculquant de bonnes valeurs comme la gratitude… Disons que notre cour est pleine!
Se fixer des objectifs parentaux, ce n’est pas une pratique courante. Pourtant, selon la psychoéducatrice Pénélope Allen, c’est une excellente occasion de prendre un moment pour s’arrêter, se questionner et se réaligner. Elle insiste toutefois sur le fait qu’on devrait changer de vocabulaire et utiliser le mot « intention » plutôt que « résolution » ou « objectif ».
« Quand on pose nos intentions, c’est qu’on veut se diriger vers quelque chose. Donc, si on est en chemin vers l’atteinte de nos intentions, c’est positif, affirme la psychoéducatrice. Alors que les résolutions, si on ne les atteint pas, on a échoué. En ce sens, je trouve que de poser ses intentions apporte moins de pression. »
Selon la psychoéducatrice, il faut donc déterminer clairement quelles sont nos intentions pour l’année qui débute. « À long terme, ce sont les intentions réalistes selon notre vécu et notre quotidien qui sont les plus efficaces. Il faut aussi se donner les moyens de les atteindre, explique Pénélope Allen. Si je désire moins crier, donner moins de conséquences ou passer plus de temps de qualité avec mon enfant, il faut définir concrètement ce qu’il faut faire pour atteindre ces objectifs. »
Personnellement, j’aimerais être plus patiente avec ma fille, surtout quand elle me pose mille questions sur les aléas psychologiques des personnages de la Reine des neiges. Au lieu de soupirer quand elle veut encore savoir pourquoi Hans était gentil au début, mais qu’il a finalement refusé d’embrasser Anna pour la sauver, quel moyen concret puis-je prendre pour ne pas pogner les nerfs?
Je peux commencer par prendre une grande respiration et réfléchir à la meilleure réponse. Ou plutôt, je peux lui renvoyer la question, tiens. Comme ça, elle pourra travailler à élaborer sa propre réflexion. Je peux également convenir avec elle dès le départ d’un nombre de questions maximum auxquelles elle a droit avant le dodo. C’est ça ou je demande au Père Noël une encyclopédie sur les films de Disney et je passe mes vacances à étudier.
Les intentions peuvent se fixer de façon individuelle, mais il est aussi possible de le faire en couple. Trouver des points communs sur lesquels travailler ensemble ouvre un beau moment d’échange. Mais attention de ne pas se surcharger d’intentions! L’objectif n’est surtout pas de s’ajouter une charge mentale supplémentaire, ou de finir par ne pas se sentir à la hauteur. Selon la psychoéducatrice, il faut éviter les erreurs courantes.
« Identifier trop d’intentions ne fonctionnera pas, met en garde Pénélope Allen. Sélectionner deux ou trois intentions seulement est plus réaliste. Si on en a trop, il y a plus de risque de ne pas les tenir. Il faut établir ses priorités et y aller étape par étape, pas à pas. Un tout petit pas peut mener vers le changement souhaité. »
Alors, profitons de cette nouvelle année pour se fixer des intentions réalistes et bienveillantes, et surtout, faisons de notre mieux.
Sur ce, bonne année, les parents!
Peu importe l’intention choisie, l’important est de faire preuve de compassion envers soi-même, et de définir concrètement les moyens à prendre pour qu’elle se concrétise. Comme ça, on met toutes les chances de notre côté. Alors, puisque je suis nulle en meal prep, je pourrais prendre le temps chaque week-end de me faire un menu à suivre en m’assurant de ne pas manquer d’ingrédients et…. BEN NON! C’est une cause perdue d’avance. Mon seul moyen réaliste pour réaliser cette intention est probablement de faire appel à Goodfood, Hellofresh, ou toute autre compagnie de prêts-à-manger québécoise avec un nom anglo.
Que l’on choisisse nos intentions en solo ou en duo, on peut s’encourager mutuellement dans le processus en se donnant des petites tapes dans le dos. Et si ça devient trop difficile, il est toujours possible de consulter un professionnel pour aller chercher du soutien. Les CLSC et les psychoéducateur.rice.s sont là pour nous accompagner dans nos défis. La parentalité, ça vient chercher le plus beau et parfois le pire de nous parce qu’on va se le dire, ce n’est pas toujours un cadeau…