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Réduire son temps d’écran quand on est parent: quelques leçons à retenir
La vie est bien faite, parfois. À quelques rares moments dans l’histoire, les planètes et les étoiles créent cet alignement parfait qui permet à la volonté de s’asseoir à l’arrière et à la chance de prendre le volant. Au milieu de mon défi du printemps visant à diminuer mon temps d’écran, c’est exactement ce qui s’est passé. Je suis donc heureuse d’affirmer que j’y suis arrivée, non sans un certain syndrome de l’imposteur.
Laissez-moi vous expliquer.
Dès la première semaine, le soleil printanier a (enfin) pointé son nez pour de vrai, si bien que tout naturellement, mon temps d’écran total par jour est passé sous la barre d’une heure avec grande facilité. J’avais tout simplement trop de choses à faire pour préparer la maison. Et le soir venu, je tombais de fatigue. Il faut dire aussi que ma petite faisait ses nuits le mois dernier et a décidé de recommencer les partys nocturnes… Ah, les joies de la parentalité!
Je m’étais quand même préparée à passer un mois difficile. Je me suis achetée des livres que j’avais réellement envie de lire et non que je me devais de lire. Ayant étudié en littératures, je me fais encore trop souvent avoir en librairie, à me procurer des romans qui finissent inachevés dans ma bibliothèque.
Résultat : le soir, avant de tomber dans les bras de Morphée, je me promenais dans l’imaginaire de Stephen King et les analyses d’Esther Perel plutôt que d’ouvrir mon téléphone.
J’ai aussi supprimé toutes les applications de mon appareil, Google Chrome inclus, et j’ai installé le News Feed Eradicator sur mon ordinateur. Juste après, mon temps d’écran total a fortement diminué et est devenu nettement plus intentionnel. Je m’étais mis assez d’obstacles pour bien repenser à la gestion de mon temps.
Malgré tout, j’ai eu quelques rechutes lorsque le soleil a disparu. Pendant 2 jours, ayant très mal dormi, je suis tombée dans une spirale de recherches sur le sommeil de bébés qui m’a apporté plus de questionnements que de réponses. Rapidement, l’angoisse est montée.
J’aurais pu échouer dans mon défi si j’avais poursuivi sur cette lancée. Mais j’ai plutôt décidé de me lancer corps et âme dans un petit projet de rénovation de mon entrée qui a comblé mes quelques temps libres. Bye-bye écran, bonjour perceuse!
Quelques jours plus tard, la prise de chargement de mon téléphone s’est brisée. Plus capable de charger ledit appareil. J’ai donc dû composer pendant plusieurs jours avec un téléphone moins performant, ce qui a, une fois de plus, facilité mon défi.
Comme je vous dis, les astres se sont alignés pour me permettre de ne pas trouver le mois trop difficile.
Mais je sens que si les circonstances avaient été différentes, j’aurais eu beaucoup plus de mal. Et c’est pour cette raison que je ne pense pas pouvoir réellement crier victoire.
J’en retiens toutefois des leçons importantes.
La première, c’est que je réalise tout le temps que bouffe mon écran. Avec un bébé de six mois, j’ai quand même réussi à lire deux livres et à rénover mon entrée, et ce, uniquement en remplaçant les petits temps libres par quelque chose de plus constructif que de rafraîchir mon fil de nouvelles.
La deuxième, c’est que je n’avais pas saisi à quel point Internet nous rendait anxieux. Intellectuellement, je le savais, mais j’en ai réalisé l’ampleur ce mois-ci. J’envie nos parents qui n’avaient qu’un livre ou deux sur l’art d’être parent et qui guessaient le reste en faisant de leur mieux. Aujourd’hui, à chaque question, je sens que je navigue dans une foire où tout le monde crie.
La troisième leçon, c’est que pour réduire mon temps d’écran, il faut premièrement le remplacer par autre chose, mais il faut aussi des obstacles à notre utilisation, car sinon, notre volonté pliera devant l’écran.
J’ai l’intention de continuer à garder mon utilisation des écrans au minimum. Même si je me sens un peu impostrice, je n’ai aucun doute quant aux bienfaits d’un tel défi. Voyons maintenant si mai se passera aussi bien…
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