Randonnée plein air et échanges linguistiques : un Mont-Royal communautaire

Ou comment faire de la limonade avec les deux solitudes.

URBANIA et MEC s’unissent pour mettre de l’avant les plus belles initiatives communautaires.

J’ai grandi en campagne, dans un coin du Québec sur le bord de la frontière américaine. Dans le village, il y avait une école primaire anglophone et une francophone. Les enfants se mélangeaient beaucoup lors des activités parascolaires. Il n’était pas rare de voir un enfant avec deux parents anglophones s’exprimer dans un français parfait et vice-versa.  À 12 ans, je donnais des cours de patinage artistique à l’aréna municipal et je devais le faire dans les deux langues. Ma voisine et grande amie d’enfance était d’origine Suisse-Allemande, allait à l’école en français et parlait anglais à la maison. Inutile de dire que lorsqu’on m’a parlé des deux solitudes, je n’ai pas compris ce que ça voulait dire. J’ai toujours trouvé ça beau de voir des gens communiquer dans plusieurs langues toutes en même temps, de montrer de la curiosité vis-à-vis « l’autre ».

Montréal, bien que majoritairement francophone, offre un avantage similaire à ses habitants : l’apprentissage d’une langue et d’une culture autre peut se faire en traversant la rue. L’organisme Association récréative Milton-Parc organise des activités intitulées «  Plein air interculturel » qui favorisent justement ce genre d’apprentissage. J’ai eu l’occasion de participer à une de leurs expéditions sur le Mont-Royal.

Une rando pas ordinaire

18h, j’arrive à la statue Georges-Émile Cartier pour rencontrer Adrienne, celle qui a eu l’idée d’organiser ces activités il y a quelques années. Son but est simple : favoriser les rencontres entre les participants de tous les horizons et en profiter pour pratiquer le français et l’anglais. L’équilibre qu’on y trouve est typique de Montréal puisque les explications sont conduites dans la langue officielle (français) d’abord et en anglais ensuite. Certains nouveaux arrivants (des expatriés, des réfugiés ou même des étudiants étrangers) ont tendance à être plus à l’aise avec une langue ou l’autre. À cela s’ajoutent des Québécois (bilingues ou unilingues) qui souhaitent partager leur culture et en apprendre sur celle des autres. Les 45 premières minutes de la randonnée on donc lieu dans une langue et puis on inverse. Adrienne demande aux gens de se regrouper par deux et donne même quelques pistes de sujets de conversation. À mi-chemin, on s’arrête et on prend le temps de présenter brièvement ce qu’on a appris sur notre co-équipié.ère.

C’est assez rare qu’on voie un Colombien, une Brésilienne, une Vénézuélienne, un Français, une Française, un Québécois francophone, une Québécoise anglophone, un Mexicain et un Congolais échanger sur ce qui les a menés où ils sont aujourd’hui en marchant sur le Mont-Royal.

Ce qui a de plus beau, ce sont les vies extraordinaires de gens qui ne se croisent pas au quotidien. C’est assez rare qu’on voie un Colombien, une Brésilienne, une Vénézuélienne, un Français, une Française, un Québécois francophone, une Québécoise anglophone, un Mexicain et un Congolais échanger sur ce qui les a menés où ils sont aujourd’hui en marchant sur le Mont-Royal. Beaucoup d’entre eux étaient des habitués des randonnées et se voient même en dehors des activités. J’ai souvent participé à ce genre d’évènement lorsque je vivais à l’étranger et que c’était moi l’expatriée, ça m’a fait tout drôle de voir Montréal à travers leurs yeux.

L’esprit de communauté (je me retiens pour ne pas faire une référence au Seigneur des anneaux) s’est tout de suite montré le bout du nez. Rien de tel que de suer en groupe pour s’ouvrir à l’autre plus facilement. Sans blague, le plein air agit comme « point commun » de gens qui, à priori, n’ont rien en commun.

Objectif intégration

D’abord conçue pour les nouveaux arrivants, la mission de l’organisme ne s’arrête pas au Mont-Royal. Adrienne me disait avoir débuté le projet en 2010. De fil en aiguille, c’est devenu un emploi à temps plein pour elle. Les activités sont organisées tout au long de l’année, même l’hiver. On parle de patin à glace, de ski de fond, d’initiation au canot-camping, de kayak, etc. On ne peut qu’imaginer à quel point l’hiver québécois peut faire peur, c’est une belle idée de l’apprivoiser dès le départ. Ainsi, les nouveaux arrivants sont en mesure de profiter rapidement de toute la diversité des paysages pittoresques que le Québec peut offrir.

Les activités sont organisées tout au long de l’année, même l’hiver. On parle de patin à glace, de ski de fond, d’initiation au canot-camping, de kayak, etc.

Ce qui me ramène à cette histoire des deux solitudes. En mon sens, on peut se replier sur une notre langue (n’importe laquelle) ou s’ouvrir à l’autre et voir ce que l’on devient. C’est une grande chance que de pouvoir arriver dans un pays et apprendre aisément sur deux cultures. Il ne faut pas la perdre ni la dissoudre. Ceci dit, je suis de celles qui croient que côtoyer et s’imprégner d’autres cultures ne nous fait pas oublier d’où l’on vient, bien au contraire.  Inévitablement, plus on en connaît sur le monde, plus on a la perspective qui vient avec cette ouverture et ça, c’est une richesse quoiqu’on en dise.

*****

Le plein air et le communautaire, ce sont deux grandes passions pour MEC. L’entreprise, qui célèbre ses 15 ans cette année, possède une longue tradition d’implication auprès de plusieurs groupes communautaires, comme l’Association récréative Milton-Parc et son programme de plein air interculturel. Pour en savoir davantage sur l’engagement de MEC auprès des communautés montréalaises, cliquez ici.

Vous avez envie de vous impliquer et de faire partager votre passion à de nouveaux arrivants? Participez à une activité de Plein air interculturel.

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