Quirkyalone : Célibataire et fier de l’être

« Single and fabulous? »
Ne faisons pas comme dans cet épisode de Sex and the city et retirons cette interrogation!
Single and fabulous, point!
Aujourd’hui, on parle du célibat assumé, célébré et étendu sur de longues, oui, de très longues années. Cet état souvent incompris qui éveille des SOUPÇONS :

Dieu du ciel, cet être est évitant.
Phobique.
Trop sélectif.
Il a un complexe d’Œdipe non résolu.
Avec le temps, il paraît que son cœur s’est asséché tel un petit abricot rabougri.

Avouons-le, le célibat est accepté et accueilli sans tabou surtout quand on est « à la recherche de… ». Si à la question « Ça fait combien de temps que t’es célibataire ? » le chiffre scandé dépasse les 5 doigts de la main ou PIRE, est proportionnel à son âge et qu’en plus on double cette affirmation d’un « Je ne date pas et ça me va!», on risque grandement d’être confronté à la réaction suivante :

Malgré cette pression sociale de rencontrer de tout bord tout côté, il y a de ces personnes pour qui le besoin de conjugalité n’est pas au top de l’échelle des priorités.
Les célibataires de longue date, sains et heureux, ils existent.
Ils existent et comme on aime nommer les comportements pour mieux les comprendre, eh bien on leur a donné un nom : les quirkyalone.

La vie étant ce qu’elle est, les conversations en viennent toujours au volet amoureux.

Quirkyalone : Se dit d’une personne qui apprécie le fait d’être célibataire, sans s’opposer à l’idée d’être éventuellement en couple et qui préfère généralement être seul plutôt que de multiplier les rencontres en recherche d’un partenaire. Proud single.

La personne fière et célibataire pourrait parler de ses accomplissements professionnels, de ses aspirations profondes, de ses relations sociales, du dernier show qu’elle est allée voir, de ses opinions politiques, de ses préoccupations financières, de son appréciation des galettes de riz au caramel, elle pourrait parler de BEN des affaires, mais souvent, la vie étant ce qu’elle est, la conversation en vient au volet amoureux.

Et c’est là que plutôt que de parler de ce qu’il a et de ce qu’il est, le quirkyalone doit trop souvent justifier ce qu’il n’a pas:

Mais que c’est qui s’est passé dans ta vie pour que personne ne te mette le grappin dessus?! Quel dysfonctionnement caches-tu, être marginal? Pourquoi t’as pas de chum? Pourquoi t’as pas de blonde? Pourquoi tu ne crées pas des opportunités de rencontres? Pourquoi tu n’as pas de sexe?
Attends… As-tu du sexe?

À l’annonce d’un célibat persistant, on se sent souvent jugé, tel le petit produit d’épicerie empoussiéré qui est resté sur les tablettes depuis trop longtemps. Plus tu cumules d’années comme célibataire qui ne date pas et plus tu es louche. Inversement, plus tu cumules d’années en couple, plus tu es admirable.

C’est vrai!

Pensons-y un instant: prendre la décision d’assumer son célibat et de ne point rencontrer, ça ne se célèbre pas à grand coup de poulet sec, de spirale de patates pilées et de gâteau à étage! Personne ne met son beau linge et ne vient danser sur du Yannick au nom de notre épanouissement relationnel!

Les agences de rencontre veulent nous matcher, notre famille veut nous matcher, nos amis veulent nous matcher…

Elle se fait persistante, la croyance voulant que tant qu’on n’est pas en couple, on n’atteint pas un état de maturité. Comme si on stagnait à un stade d’incomplétude et qu’on était en état d’errance affective, à la recherche de sa douce-moitié. Les agences de rencontre veulent nous matcher, notre famille veut nous matcher, nos amis veulent nous matcher, il y a 1000 émissions de dating qui nous disent qu’il faut se matcher…

« ON VA T’AIDER! », que ça te dit. “On va t’aider à te combler l’vide!”

Merci, mais non merci.

Chez les quirkyalone, le sentiment d’isolement ne découle pas du statut conjugal comme tel, mais plutôt de la pression sociale vécue. Pour plusieurs, relation de couple = plénitude. Et quand on vit un type de bonheur, on peut le souhaiter à ceux qu’on aime. Ça se comprend! Seulement, être confronté à de l’incompréhension, à des « IIIII… » et des « HEIN!? » à répétition, ça peut te mettre la switch de marginalisation à on.

Alors, disons-le haut et fort: Arrivons à l’ère moderne et reconnaissons qu’on peut se définir à travers autre chose que nos relations amoureuses. Pour vrai de vrai!

On peut vivre en solo tant qu’on le veut, quitter la demeure familiale sans avoir à attendre que l’homme nous demande en épousailles, prendre le temps de choisir la/les personne-s avec qui on veut partager notre vie, si on veut partager notre vie, faire des rencontres sexuelles si on le souhaite ou ne pas en faire, si on n’en a rien à cirer.

On a la liberté de choisir et ça, ça implique de pouvoir choisir de ne pas s’investir dans la conjugalité.

La diversité sexuelle, c’est bien des affaires et vivre seul en fait partie. Ne nous inquiétons pas: l’espèce humaine va continuer à se reproduire même si la Terre accueille le célibataire qui commence à s’y faire. Parce qu’après tout, le célibat n’est pas nécessairement un état qui se subit. Ça peut être un mode de vie sain qui se choisit.

Pour lire un autre article de Julie Lemay: « Séduction et idéalisation ».

Hybride académique d’études en théâtre [elle connait le drame] et en sexologie clinique [elle connait vraiment le drame]. Et si vous avez envie de partager un questionnement existentiel affectico-émotivo-relationnel-sexuel? N’hésitez pas à envoyer vos questions en toute confidentialité à Julie Lemay : julielemay@urbania.ca

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