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Qui paie le prix des congés scolaires? Les parents
La plupart des parents que je connais travaillent à temps plein. Eux et moi, on s’entend tous pour dire que travail et famille sont des mondes désynchronisés qui se concilient très mal. Comment ça on nous pond des pédagos au hasard de même? Quessé ça un bébé qui tombe malade tous les trois jours? Comment je suis supposé.e gérer mes enfants pendant deux mois, l’été, tout en conservant une carrière?
Et ça, c’est sans parler du chaos d’essayer de shotgunner la semaine de relâche avant tout le monde, soit LA semaine de congé que chaque parent est forcé de prendre. Celle où tout est bondé, où tout coûte cher, et où tous vos collègues vous font sentir coupable de vous absenter.
Bref, les journées maladie et les journées de congé pour soi-même, en tant que parent qui travaille, on peut leur dire au revoir.
Deux horaires à temps plein, zéro marge d’erreur
Selon l’Institut de la statistique du Québec, environ 9 parents sur 10 travaillent (en passant, le taux d’emploi des mamans est le plus élevé parmi toutes les provinces). Sur papier, c’est super pour payer l’épicerie et promouvoir l’égalité des genres. En pratique, les parents québécois sont de véritables marathonien.ne.s, et beaucoup sont à bout de souffle.
Même si les parents d’enfants de moins de 6 ans sont parmi les travailleurs les plus susceptibles de s’absenter du bureau, croyez-moi, pas un seul d’entre eux n’a pris une vraie journée de congé depuis des années.
L’Observatoire des tout-petits note que 18,7 % des parents éprouvent de la difficulté à trouver un équilibre entre leurs différentes responsabilités en raison de leurs enfants. Par ailleurs, les études tendent à démontrer que ce sont davantage les responsabilités professionnelles qui nuisent à la vie familiale que l’inverse.
« Fallait y penser avant d’avoir des flos »
Oui, ça sonne comme une chronique de maman-frue-des-réseaux-sociaux. En devenant parent, on sait bien qu’on signe pour un gros contrat 24/7 et pas pour des vacances dans le Sud. Malgré tout, le poids de la culpabilité est parfois lourd à porter quand on doit demander une 276e journée de télétravail à notre gestionnaire, pendant que nos collègues sont forcés de se rendre au bureau.
On aura beau demander aux grands-parents, passer notre dimanche à faire du meal prep et shooter toute la famille à la vitamine C, le problème dépasse la simple gestion personnelle. Il tient à un modèle de travail pensé à une époque où un parent (la mère) restait à la maison.
Ce commentaire aperçu sur le subreddit r/parentsquebecois résume bien ma pensée.
« Au début, je me sentais coupable de ne pas être à mon meilleur et de manquer autant de jours. Et puis, mon mindset à changé… Quand on y pense, c’est nous, les femmes, qui faisons en sorte que le système de santé tient encore debout. On est massivement représentées dans tous les emplois en santé. »
Les enfants grippés d’aujourd’hui sont ceux qui porteront la société dans leurs bras quand nous, on sera à la retraite. Les mères sont encore majoritairement celles qui s’absentent pour s’occuper des enfants, et qui rentrent travailler poquées par la suite. Trouver des accommodements pour les parents, ce n ’est pas une faveur personnelle, c’est avantageux pour tout le monde.
La maudite semaine de relâche
Chaque année, la relâche scolaire relâche dans la nature plus d’un million d’élèves québécois. Une immense pression simultanée sur les parents salariés. Les camps affichent complet en quelques heures, les coûts peuvent facilement aller de 250 à 400 $ par enfant, et les prix des séjours grimpent en flèche parce que tout le monde voyage en même temps.
Pour ajouter au stress, dans plusieurs milieux de travail, prendre congé pendant cette période relève presque de l’aveu de faiblesse.
On a beau faire notre demande dès l’automne, négocier entre collègues comme s’il s’agissait de conclure un accord diplomatique international, se boucher les oreilles quand notre gestionnaire fait un commentaire sur les dossiers du mois de mars en attente… La semaine de congé obtenue à la sueur de notre front nous laisse un mauvais goût dans la bouche. Est-on vraiment en congé si on passe la semaine à stresser d’avoir abandonné nos collègues sans enfants?
Les mesures de conciliation travail-famille
Au Québec, les parents salariés ont la chance de bénéficier de mesures d’accommodement, dont l’aménagement du temps et du lieu de travail ou les congés pour responsabilités familiales. Mais dans les faits, seulement une minorité de parents ont réellement accès à des congés payés ou flexibles. Par exemple, environ 24 % des parents ont droit à 10 jours ou plus de congés annuels, et 16 % n’ont aucun jour de congé de maladie payé. Cela signifie que la majorité des parents doivent absorber eux-mêmes les interruptions de travail.
C’est moi, ou on pourrait faire mieux? Parce que, derrière chaque absence du bureau, il y a des parents en train de faire tourner à bout de bras un monde du travail qui, lui, ne tient pas encore tout à fait compte de leur réalité.
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