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« Qui garde les enfants pendant la campagne? »

« Qui garde les enfants pendant la campagne? »

On a demandé à quatre jeunes parents comment se passait leur campagne électorale jusqu’à maintenant.

16 septembre 2026
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Une campagne électorale, c’est tout, sauf reposant. Avoir de jeunes enfants non plus. Combiner les deux, ça relève de l’exploit.

C’est pourquoi j’ai décroché le téléphone pour m’enquérir du bien-être de jeunes parents qui ont décidé de faire le grand saut en politique cet automne.

Les quatre candidat.e.s à qui j’ai parlé m’ont confié que la conciliation avait été l’une de leurs principales considérations avant de se lancer. Alors, comment ça se passe jusqu’à maintenant?

Une campagne lancée le jour de la rentrée

On peut dire que le lancement de la campagne électorale, le 27 août dernier, a rendu l’enjeu de la conciliation très concret pour plusieurs parents candidats.

Félix Rhéaume, avocat de formation et candidat du Parti libéral du Québec, s’est couché à 1h du matin après avoir tapissé Châteauguay de pancartes électorales. Quelques heures plus tard, il allait porter sa fille à l’école pour la rentrée.

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Le candidat est beau-papa et papa de 4 filles. « Je dis souvent que mon range, c’est de la garderie au cégep », me résume-t-il à la blague. Sa situation est d’autant plus particulière que sa conjointe passera les 40 jours de la campagne dans l’autobus du chef, Charles Milliard.

Deux parents en campagne électorale, ça nécessite les grands moyens. Le papa me montre à l’écran un énorme calendrier avec un code de couleurs pour savoir qui s’occupera des plus jeunes, le matin et le soir. « Du lundi au vendredi, tout est calculé. »

Marine (8 ans) est la jeune fille en face de Charles Milliard. Sa sœur, Emma (4 ans), est dans les bras de Félix Rhéaume, à gauche.
Marine (8 ans) est la jeune fille en face de Charles Milliard. Sa sœur, Emma (4 ans), est dans les bras de Félix Rhéaume, à gauche.
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Ça prend un village pour faire élire un parent

Félix Rhéaume bénéficie de l’aide de ses parents, de sa belle-mère et même de la cousine de sa blonde qui habite sur leur rue. Mais toutes les personnes candidates n’ont pas cette chance.

« Compter sur des grand-parents, des oncles et des tantes, ce n’est pas possible du tout », m’explique Gisèle Pouhe Njall.

La candidate de Québec solidaire dans Rosemont fait équipe avec son conjoint, qui est très impliqué dans la vie de leurs garçons de 3 et 5 ans.

Gisèle Pouhe Njall et son garçon, lors de la séance photo pour ses pancartes électorales.
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Comme beaucoup de jeunes parents dont la famille habite en région ou à l’étranger, le couple doit composer avec des défis supplémentaires liés à la conciliation.

La candidate solidaire souhaite porter cette expérience au Parlement, si elle est élue le 5 octobre prochain. Mais passer plusieurs jours à Québec chaque semaine ne sera pas simple. « Il y a une certaine appréhension, c’est normal », me confie celle qui travaille depuis plus d’une décennie dans le milieu communautaire.

Un double standard qui persiste

Depuis le début de la campagne, Gisèle Pouhe Njall s’est fait demander plusieurs fois où étaient ses enfants. « Je ne sais pas si on pose la question à mes collègues masculins », s’interroge la maman.

Même son de cloche de la part de Marjolaine Ferron, qui se présente pour la Coalition avenir Québec dans Mirabel. « Oui, je pense que la société porte un regard différent sur les femmes en politique », me dit-elle à l’autre bout du fil.

Un commentaire aperçu sous la publication qui annonçait la candidature de Marjolaine Ferron.
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À l’annonce de sa candidature, la femme d’affaires (ex-associée de la Maison Lavande et cofondatrice du balado Grandes Soeurs) a reçu des commentaires témoignant une inquiétude quant à sa charge de travail, versus le temps qu’elle allait passer avec ses enfants de 3 ans ½ et presque 8 ans.

Bien que cette préoccupation puisse être légitime, la candidate caquiste se demande tout de même pourquoi elle n’a pas vu des commentaires similaires sous les annonces de candidatures masculines.

Rendre sa campagne kid-friendly

À la toute fin de notre conversation, Marjolaine Ferron m’a raconté que ses enfants débordent de fierté quand ils aperçoivent ses pancartes électorales en route vers l’école et la garderie.

Les garçons de Marjolaine Ferron sont fiers de dire : « Ça, c’est ma maman! », quand ils voient ses pancartes électorales.
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Une campagne électorale est une expérience hors de l’ordinaire qui peut être inspirante pour les enfants. Les filles de 6 et 8 ans d’Audrey Bujold se filment en cachette avec son téléphone et reproduisent ses discours politiques. Ça fait changement des chorégraphies TikTok, mettons!

La mère de quatre enfants et détentrice d’un doctorat en sciences de la famille se présente pour le Parti québécois dans Bellefeuille, une circonscription « particulièrement compatible avec la vie de famille ». Elle est composée à près de 45 % de couples avec enfants (vs 39 % pour le Québec en entier).

Ses filles l’accompagnent durant des séances de porte-à-porte et de tractage, et il n’est pas rare de croiser Audrey Bujold avec son plus jeune dans les bras, qui est « très maman » en ce moment. Selon elle, ça crée des contacts différents avec le public, et une certaine « sororité » avec les jeunes mères qu’elle rencontre.

Audrey Bujold fait le tour des kiosques d’un marché dans sa circonscription, accompagnée de ses enfants.
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Ce lien que les jeunes parents partagent entre eux est particulièrement puissant. En reconnaissant sa propre fatigue dans les cernes d’un parent candidat, on est souvent plus réceptif à ce que sa formation politique propose pour les aider.

Les quatre candidat.e.s à qui j’ai parlé sont unanimes : il faut davantage de jeunes parents à l’Assemblée nationale pour que la réalité des jeunes familles soit réellement prise en compte dans l’élaboration de nos politiques publiques.

On saura le 5 octobre prochain quel parent accédera au poste de député.e et devra, au cours des quatre prochaines années, conjuguer vie politique et vie familiale.

Note de la journaliste : Le Parti conservateur du Québec a été contacté par souci d’équité, mais n’avait pas répondu à ma demande d’entrevue au moment de publier.

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