Le Séisme

Qui design les affiches de théâtre (et autres questions existentielles) ?

Maxime David répond à nos interrogations, avec une touche de RuPaul.

Vanessa Duval est directrice artistique, designer et rédactrice. Elle a fondé leStudio Couleur Vive il y a quelques années et quand elle nous a proposé de nous faire découvrir, à travers un petit questionnaire, des créatrices et des créateurs qu’elle aime et dont elle admire le travail, on a dit : « ben oui, c’est sûr! Quand est-ce qu’on commence? » Alors cette semaine, on la laisse nous transporter dans les coulisses du studio Le Séisme. Si vous prenez le métro de Montréal, vous avez déjà vu de quoi ils sont capables. Pour les autres, le web sera votre meilleur ami.

Le Séisme est un studio de design et de web montréalais composé de Maxime David (associé et directeur de création qui nous a aussi généreusement accordé cette entrevue), Vincent Rousseau (associé et directeur des projets web) et Gabriel Jasmin (designer graphique). Le trio bénéficie également d’un réseau de talentueux collaborateurs qui varie selon les projets. Bien que le milieu culturel compose une part importante de leur clientèle, le polyvalent studio oeuvre dans tous les domaines d’activités. On retrouve parmi leurs clients: le Théâtre de Quat’sous, le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, la Ville de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal ainsi que plusieurs cabinets d’avocats. En attendant le lancement de la nouvelle mouture de leur site à l’automne, vous pouvez les suivre sur leur page Facebook ou sur Instagram.

Comment décris-tu ton travail à ta mère?

Je comprends que cette question sert de prétexte pour vulgariser ma profession auprès d’un plus public possiblement néophyte, mais je n’irai pas là… parce que je suis un p’tit bum. Je répondrai donc que, tout au long de mes études, ma mère m’a suivi et encouragé. Je pense qu’elle comprend bien les rudiments du design maintenant. Elle commente d’ailleurs régulièrement nos posts Facebook. 

Quels projets, créés par ton studio, pouvons-nous voir dans la ville?

Depuis maintenant 3 ans, nous avons l’honneur de concevoir la campagne du Théâtre de Quat’Sous qu’on peut voir dans le métro et dans les rues de la ville.

J’aime Montréal parce que…?

J’aime Montréal parce qu’elle ne se prend pour quelqu’un d’autre. Elle peut passer de grandiose à très médiocre selon les sujets, mais elle est en constante mutation et j’ai l’impression qu’elle essaie de s’améliorer malgré tout. C’est une petite bulle de réconfort dans un Québec de plus en plus weird et dans un Canada de plus en plus olé olé (catch-tu ma joke d’oléoducs? lol)

As-tu une obsession ?

L’air de saxophone de la chanson Baker Street de Gerry Rafferty joue en permanence dans ma tête; ce qui fait que je la fredonne souvent… au détriment de mon entourage qui n’en peut plus. C’est pas tant une obsession dans le fond, je suis juste prisonnier du sax… aidez-moi!

Pour les téméraires:

Personnellement, comment définis-tu le « beau » ?

Pour moi, le « beau », c’est pas mal intangible. Notre travail en tant que designer nous force à constamment redéfinir ce fameux « beau ». En plus, nous possédons une vitrine (et une pression) énorme parce que notre travail se retrouve dans l’espace public. Et ce « beau » variera selon le domaine dans lequel le projet s’inscrit, selon les personnes à qui il s’adressera en plus d’évoluer dans le temps (tsé, les tendances). Bref, on ne s’en sort pas. Je fais plus partie de l’école du « bon »; penser en fonction des objectifs de communication et de la clientèle visée par le projet, par exemple. Ça a l’air plate dis d’même, mais ça prend un cadre pour créer de la magie.

Un mot que tu aimes. Pourquoi ?

CUNT! Pas le mot, mais l’acronyme! Popularisé par RuPaul, on parle ici de “Charisma, Uniqueness, Nerve and Talent”, 4 maudits bons ingrédients pour que les choses se passent!

Selon toi, à quoi sert le design aujourd’hui ?

Le design a toujours eu la même fonction, c’est-à-dire communiquer, tout simplement. Il inspire, il fait ressentir, il donne le ton, il clarifie, il fait comprendre, il situe et il soutient souvent une idée ou un concept beaucoup plus large que lui. C’est plutôt la forme qu’il prend qui a évolué, principalement grâce à l’avancement de la technologie. Tout est moins statique, faut que ça bouge!

Un bonheur simple que tu as au quotidien?

Être tolérant au lactose.

Collectionnes-tu quelque chose ? Si oui, quoi ?

Plus maintenant. Mais à ce sujet… Au début de l’adolescence, nos parents nous ont permis, à mes frères et moi, de décorer nos chambres comme nous le souhaitions. Pour des raisons fort obscures et plus tout à fait assumées à ce jour, j’ai sauté pieds joints dans la thématique ÉGYPTIENNE. Murs vert forêt avec bande de papier peint de style papyrus, couvre-lit parsemé de hiéroglyphes en plus d’une quantité pharaonique (lol) de pyramides; c’était ça la collection, des pyramides, des tonnes de pyramides! Ma chambre était devenue le temple absurde du Made in China égyptien. Message à la jeune génération : le bon goût, ça se développe!

Une phrase, une personne ou un fait qui t’a marqué personnellement ou artistiquement? Pourquoi?

« Take a kayak! ». Parce que c’est de l’émotion pure, un classique.

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