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« Chères étudiantes et chers étudiants, j’espère que vous vous portez bien et que vous prenez soin de vous. Je vous écris pour vous informer que le trimestre d’automne 2020 aura lieu majoritairement en ligne et à distance. » Si vous étudiez à l’université, vous avez aussi reçu ce message (ou un semblable) à un moment ou à un autre au printemps dernier. Bon, pour celles et ceux qui, comme moi, vont à l’UQAM, les nouvelles sont arrivées, comme toujours, un peu plus tard, mais le résultat était le même : une rentrée à distance.
Dehors, les feuilles quittaient les arbres. Dans ma tête, c’était toujours le printemps. Qui donc a volé mon été?
C’est donc avec un mélange d’excitation et d’appréhension que j’ai attendu ce moment. Il faut dire que j’aime bien la nouveauté, d’où mon état de fébrilité lors de l’annonce. Cela dit, je sais d’expérience que l’université, c’est bien plus supportable quand on peut aller oublier une séance d’examen raté avec un pichet de bière au local de l’association étudiante. Et ça, ça ne serait plus possible. Puis, à un moment dans l’été, j’ai versé dans un autre extrême. Des examens à la maison? Des cours Zoom que je peux suivre dans mon lit? Ça va être facile. À ce moment, la rentrée a tout simplement cessé d’exister dans mon esprit.
Mais septembre est arrivé. Et vite à part de ça. Les plans de cours et messages des profs ont commencé à envahir ma boîte mail et j’ai regardé s’empiler les évaluations et devoirs à remettre dans mon agenda. Dehors, les feuilles quittaient les arbres. Dans ma tête, c’était toujours le printemps. Qui donc a volé mon été?
Micro-panique.
Quand on étudie en communications, la première semaine universitaire est consacrée à la lecture de plans de cours et à la signature d’ententes d’évaluation. Rien de plus relax. Je cède à la tentation de suivre mes cours sous la couette, caméra et micro éteint. Très mauvaise idée. La possibilité de faire autre chose (aka dormir) est très forte. Heureusement on ne fait que lire des plans de cours, pas de changement de ce côté. Ça me donne l’occasion de tester toutes les choses que l’école à distance me permet de faire. Suivre un cours en pyjama, être dans la même pièce que quelqu’un qui est dans un autre cours, tricoter, manger en faisant beaucoup de bruit et sans aucune élégance, le cheveu un peu gras… name it, je l’ai probablement essayé!
*Petit lexique des nouveaux termes que nous utilisons maintenant à l’uni:
Cours en présentiel vs à distance: il y a toujours des cours qui se donnent en « vrai », car ils requièrent une présence physique en classe. On appelle ça des cours en présentiel (je sais, il n’existe que depuis quelques mois et c’est déjà le pire mot au monde), en comparaison avec un cours à distance qui se donne entièrement en ligne.
Cours hybride ou comodal: Certains cours se trouvent entre l’enseignement en présentiel et à distance. Si c’est hybride, c’est parfois l’un, parfois l’autre. Si c’est comodal, c’est à nous de choisir ce qu’on préfère.
Synchrone vs asynchrone: Les cours, lorsqu’ils sont donnés en ligne, peuvent soit être en live, par zoom à une heure fixe (synchrone) ou sous forme de capsules vidéo par exemple que les étudiants peuvent écouter quand ils veulent (asynchrone). J’ai donc appris que j’allais devoir gérer mon propre horaire et me forcer à trouver du temps pour écouter les capsules vidéo et lire les textes demandés. La prof explique tout ça et c’est un peu la pagaille dans ma tête, surtout qu’il est 9h40, ça fait 15 minutes que je suis réveillée et j’ai encore des traces de draps dans le visage.
« Mel, get your shit together». Pour cette deuxième semaine, je décide de bien faire les choses. Je me lève 30 minutes avant mes cours en synchrone, je me fais un café, je m’habille. Déjà, mon esprit est plus clair. Je me réserve des plages horaires fixes pour écouter les capsules vidéo, j’écris clairement toutes les évaluations à venir dans mon agenda. Je découvre aussi la magie des écouteurs Bluetooth. Quand un cours ne requiert pas trop de prise de note, je suis capable de l’écouter tout en faisant du ménage! C’est comme écouter un podcast. J’aime ça, sauf que c’est assez solitaire comme mode d’apprentissage. Heureusement, comme c’est ma troisième année, je l’ai déjà vécue la vie universitaire. Les partys de session, ça fait un moment que je n’y vais plus. Mais voir mes amis dans le quotidien de mes cours, ça, ça me manque.
On dit souvent que ça prend trois semaines prendre une nouvelle habitude. La science nous dit que c’est faux, mais quand même le temps dont j’ai eu besoin pour trouver mes repères. J’ai trouvé mon rythme, mon temps est mieux réparti et j’essaye de garder un semblant de vie sociale à l’extérieur de mes cours pour ne pas virer folle. Au final, ce genre d’enseignement comporte plusieurs avantages, pour peu qu’on se donne quelques outils (et qu’on laisse le temps aux profs de maîtriser les leurs)! Vive internet quand même… Je suis tout de même bien curieuse de voir comment se dérouleront les examens à la maison et les présentations orales virtuelles, mais une chose est sûre, c’est vrai que les humains sont de petites bêtes qui s’adaptent à tout. En zone scolaire, comme en zone rouge.