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Quand les oncles et les tantes ne s’intéressent pas à nos enfants

Quand les oncles et les tantes ne s’intéressent pas à nos enfants

Le deuil de la famille qu'on imaginait pour nos enfants.

30 juillet 2026
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En fondant une famille, plusieurs imaginent leurs enfants grandir entourés d’oncles, de tantes et de cousins, présents pour les fêtes, les anniversaires et les soupers improvisés. Malheureusement, certains parents réalisent que certaines branches de l’arbre généalogique sont surtout décoratives.

Sonia a eu la chance de grandir en étant proche de son demi-frère et de sa demi-sœur, respectivement âgés de 13 et 10 ans de plus qu’elle. Elle s’imaginait que, devenus adultes, leurs enfants seraient à leur tour inséparables.

La vie en a toutefois décidé autrement : ses enfants voient à peine leur oncle et tante du côté maternel.

« Au début, ils prenaient des nouvelles, mais par la suite, ils n’ont plus été très présents, raconte-t-elle. Je pense que mes enfants ne connaissent même pas leur vrai prénom, parce qu’ils les ont toujours surnommés Tonton et Tantine. »

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Sonia mettait autrefois cette distance sur le compte des kilomètres. Mais depuis que son frère habite à quelques rues de chez elle, cette explication ne tient plus.

Hormis quelques salutations cordiales lors des festivités de Noël, c’est le silence radio, se désole Sonia. « Ce n’est pas de la méchanceté, mais plutôt un manque d’intérêt. Ils oublient systématiquement l’anniversaire de mes enfants, mais publient chaque année un long message Facebook pour leurs filleuls», lâche-t-elle avec amertume.

Sonia a cessé d’essayer : une discussion avec sa sœur a fait chou blanc il y a quelques années. « J’ai ressenti beaucoup de déni, confie-t-elle. J’ai compris que ce n’était pas à moi de faire les efforts pour les rapprocher de mes enfants. Ça devrait venir d’eux. »

Pas de répit pour Catherine

Catherine se trouve dans la même situation : le frère de son mari ne porte pas réellement d’intérêt à son fils, dont il est pourtant le parrain. À cela s’ajoute le fait que les grands-parents paternels de son rejeton ne sont pas non plus impliqués.

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Le fils de Catherine est lourdement handicapé et vit avec une déficience intellectuelle. Le soutien de la famille immédiate aurait fait une différence pour Catherine et son époux, qui se sont toujours débrouillés seuls. « Juste d’avoir un répit de temps en temps, de parler avec d’autres adultes, ça nous aurait fait tellement de bien » lance-t-elle.

Pendant longtemps, Catherine lui a trouvé des excuses. Plus maintenant. « Au fond, il n’a jamais fait d’efforts ou de démarches pour entretenir un lien avec notre enfant, réalise-t-elle. C’est dommage, parce que mon beau-frère a des enfants du même âge que mon fils. »

Un rôle important… mais pas obligatoire

Les oncles et les tantes peuvent devenir des adultes marquants dans la vie d’un enfant. Mais contrairement aux parents ou aux grands-parents, leur implication relève davantage du choix que de l’obligation.

« Dans notre société, on s’attend plus à ce que les grands-parents jouent un rôle important auprès des enfants, souligne Jacques Mercier, thérapeute familial et conjugal et psychothérapeute. Historiquement, les oncles et les tantes étaient, à titre de parrains ou de marraines, davantage pressentis pour prendre soin des enfants si un drame survenait et que les grands-parents n’étaient pas en mesure de s’en charger. »

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Les recherches montrent pourtant qu’un réseau familial élargi profite aux enfants. Les oncles et les tantes peuvent agir comme des modèles, des confidents ou des adultes de confiance. Dans certaines familles, ils deviennent même des figures parentales importantes lorsque les parents sont absents ou peu disponibles. Ils peuvent aussi offrir un soutien, qu’il soit affectif, logistique ou financier, révèle la littérature scientifique.

Aborder le sujet avec son frère ou sa sœur peut être délicat, reconnaît Jacques Mercier. « Il faut tenter de comprendre pourquoi ils ne sont pas dans la vie de l’enfant : est-ce parce qu’il y a déjà eu un conflit dans la fratrie? On peut tenter de voir si l’enfant peut avoir un lien avec son oncle ou sans tante, et possiblement leurs cousins, malgré ce conflit » suggère-t-il.

Des attentes à modérer

Dans le cas de Sonia, la famille de son conjoint est pour sa part très impliquée auprès de ses enfants. Elle le reconnaît : c’est elle qui souffre le plus de cette distance.

« Dans ma vision romantique des choses, avoir un enfant allait rapprocher la famille, confie Sonia. J’aurais voulu qu’ils vivent une belle relation avec mon frère et ma sœur, que ceux-ci les appellent pour prendre des nouvelles. »

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Catherine est du même avis : son enfant ne pâtit pas de l’absence de relation avec son parrain. « Mais moi, j’ai eu un double deuil à faire. D’abord le deuil de l’enfant parfait, puis le deuil de la famille parfaite », affirme-t-elle.

Encore une fois, il est normal que le parent souffre davantage que son enfant dans une telle situation, parce que ce sont ses attentes à lui qui ne sont pas comblées, indique Jacques Mercier. « C’est la déception que le parent vit vis-à-vis son frère ou sa sœur », résume-t-il.

La famille qu’on se choisit

Si elle n’a pas le soutien et la présence souhaitée de membres de sa belle-famille, Catherine a fini par se faire un réseau d’amis grâce à l’école de son fils, où il côtoie plusieurs autres enfants vivant avec divers handicaps.

« Ça s’est fait naturellement, se remémore-t-elle. Petit à petit, mon fils a commencé à se faire inviter à jouer chez des camarades de classe, et on a commencé à les recevoir chez nous. »

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« Ça nous offre du répit et on est heureux de rendre la pareille aux autres parents, poursuit-elle. C’est tellement pas compliqué! Ça remplace ce qu’on pensait être la famille idéale dans notre esprit. C’est notre famille ‘’reconstituée’’.»

Parce que dans le fond, la famille, la vraie, n’est-elle pas là où le cœur prend racine plutôt qu’au pied d’un arbre généalogique?

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