.jpg.webp)
Quand le maître amène l’élève à se dépasser
URBANIA et l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) s’associent pour pousser la recherche au-delà de ses limites.
On leur dédie des films, des chansons et parfois nos réussites en général, car certain.e.s de nos professeur.e.s sont incontestablement des personnes à l’origine de tournants dans nos vies!
Combien de fois a-t-on entendu des auteur.trice.s, des artistes ou même des chercheur.euse.s louer le rôle de leur professeur.e dans la poursuite de leur passion? Ça fait parfois un peu roman à l’eau de rose (en remplaçant l’amour sentimental par l’amour du travail), mais c’est une réalité toujours d’actualité!
Dans le monde de la recherche, les étudiant.e.s au doctorat doivent choisir un sujet de thèse : un bon gros projet de quelques années, durant lesquelles tous et toutes passent par des phases d’hypothèses, de doutes et de collecte de données sur le terrain ou en labo avant d’analyser le tout et d’espérer aboutir à des découvertes. Parce que oui, même si ça peut aller de soi, rappelons que ce que ces étudiant.e.s rédigent, les professeur.e.s (et le reste de l’humanité) l’ignoraient! Ce sont des réponses qui ne se trouvaient (jusqu’à maintenant) pas dans les livres.
On est allés à la rencontre d’étudiant.e.s passé.e.s par les labos de l’Institut national de recherche scientifique à titre de doctorant.e.s ou de postdoctorant.e.s. Pour Véronique Dubos, Maude Cloutier et Samuel Beaulieu, la science était un domaine de prédilection. À force de travail et de rencontres, leur passion s’est transformée en véritable projet scientifique!
La poussée d’Archimède, de passion à carrière
« La première fois, j’ai discuté avec lui lors du vins et fromages après sa conférence », se souvient précisément Samuel Beaulieu, quand il parle de sa première rencontre avec François Légaré, son directeur de recherche au doctorat en sciences de l’énergie et des matériaux. Pour devenir chercheur, il lui a donc fallu de l’audace pour se faire des contacts, mais aussi de l’audace intellectuelle! Poussé par un intérêt certain pour la science, il a mené des recherches qui l’ont conduit à créer ses propres machines dans le but d’étudier la matière. Il explique avoir voulu sortir de sa zone de confort : « La science que tu fais à l’école, c’est résoudre des problèmes déjà connus avec un papier et un crayon. Mais le métier de scientifique, c’est aller au labo et explorer des zones nouvelles de la recherche avec du matériel de pointe. »
«Au début, il me demandait ce que je voyais, me poussait à la réflexion. Puis la confiance s’est établie, et maintenant il joue plus un rôle de soutien.»
Pour Maude Cloutier, le choix de la chimie organique n’a pas été limpide, même si le succès de ses travaux aurait pu laisser penser le contraire! Au cours de son doctorat en biologie, son but est de synthétiser une molécule mimant celle déjà produite par une bactérie et capable de provoquer une réponse immunitaire, le tout administrable aux humains sous forme de vaccin. Et dans ce processus, son directeur de recherche, Charles Gauthier, l’a entraînée à être autonome : « Au début, il me demandait ce que je voyais, me poussait à la réflexion. Puis la confiance s’est établie, et maintenant il joue plus un rôle de soutien. »
C’est quoi, un bon directeur ou une bonne directrice de recherche?
Pour répondre à cette question, c’est sur le côté humain de leur directeur ou de leur directrice que les étudiant.e.s insistent! Parce que ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un.e étudiant.e qui réussit des études brillantes, ça donne aussi du mérite à la personne qui dirige son projet de recherche. Il faut donc trouver un juste milieu entre exigence des profs et épanouissement des apprenti.e.s chercheurs et chercheuses.
«Ce qui fait la différence entre un.e excellent.e directeur.trice et un bon.ne directeur.trice, c’est la confiance accordée aux étudiant.e.s»
« Ce qui fait la différence entre un.e excellent.e directeur.trice et un bon.ne directeur.trice, c’est la confiance accordée aux étudiant.e.s », tranche Maude Cloutier. Au cours de son parcours, elle a remarqué (et apprécié!) la pédagogie de son directeur. Au début, elle se rappelle avoir été un peu intimidée par les lieux : « Quand tu n’as jamais fait de recherche, tu ne sais pas toujours comment réagir en labo. »
Ensuite, le bon directeur de recherche de l’un n’est pas forcément celui de l’autre.
Véronique Dubos, étudiante au doctorat en sciences de l’eau, voulait faire du terrain, et André St-Hilaire avait exactement ce qu’il fallait! Direction le Nord-du-Québec, en collaboration avec des communautés inuites, pour un projet de recherche ayant pour objectif d’étudier l’habitat de l’omble chevalier, un poisson proche du saumon. Ce sujet collait parfaitement aux attentes de la doctorante en science de l’eau : un savant mélange de terrain et de rencontres humaines!
Un.e coach, des collègues et de la recherche de financement
La soif de résultats que Samuel Beaulieu a ressentie lors de la première session consacrée à son projet est encore palpable : quand il en parle, il en ressort encore des brides de tension du moment, mais surtout, une reconnaissance envers son directeur de recherche, présent pour recadrer le projet. « Il était aussi là pour qu’on ne perde pas le moral. On a travaillé très fort pour obtenir un résultat! » Une direction de recherche, comme son nom l’indique, encadre et oriente la recherche des doctorants. Mais parfois, les cerveaux en ébullition des doctorant.e.s surchauffent. Alors, pour sortir de ce moment où la réflexion semble dans une impasse intellectuelle, les directeurs et directrices de recherche enfilent leur tenue de coach.
Et puis il arrive que les scientifiques fassent parler leur sens artistique, surtout quand il s’agit de vulgariser leurs résultats de recherche. Pour un second projet dans la continuité de son sujet de thèse, Véronique Dubos a décidé de produire des scénarimages (story-boards) sur la reproduction des poissons qu’elle étudiait. Et ça, ça a emballé son directeur de recherche. « Ça m’a pris du temps à faire! Et pendant ce temps, je n’analysais pas les données, mais on ne m’a jamais rien dit! Au contraire, on m’a encouragée. »
«Ils donnent beaucoup de temps et de savoir, donc j’ai essayé de donner quelque chose en retour!»
Soutenir un.e étudiant.e, c’est aussi l’informer des prix qui soulignent les heures de travail accompli. Ces distinctions donnent non seulement un boost de confiance et une bonne réputation, mais elles sont aussi une source précieuse de financement ! Samuel Beaulieu, gagnant notamment du prix de thèse en cotutelle de l’ACFAS, l’avoue : « Ces prix-là, souvent, je n’étais même pas au courant de leur existence! »
L’après
Quand la tutelle se passe bien, ça donne visiblement le goût de continuer ses recherches! Pour sa thèse, Véronique Dubos s’appuie sur les savoirs traditionnels des Inuits. « Ils donnent beaucoup de temps et de savoir, donc j’ai essayé de donner quelque chose en retour! », raconte celle qui, depuis qu’elle a mis le pied à l’étrier, n’a pas envisagé une minute qu’elle quitterait le navire de la recherche. Elle s’est donc engagée pour une nouvelle étude sur l’habitat des ombles chevaliers dans le Nord.
L’après doctorat, Samuel Beaulieu est en plein dedans! En postdoc entre l’Université de Bordeaux et l’INRS au Québec, pour lui, la chose ne fait aucun doute : son directeur de recherche a exercé une influence importante sur l’orientation de sa carrière! Ne serait-ce que par ses recommandations pour certains postes ou la présentation à des pairs pour se forger un réseau de contacts : « Ça permet de s’intégrer dans la communauté scientifique à laquelle tu appartiens! »
***
L’INRS, c’est un.e prof pour 5,3 étudiant.e.s, et donc un encadrement personnalisé qui vous mènera certainement à vous dépasser, vous aussi.
Prêt.e à entamer vos propres recherches? Commencez par consulter cette mine de renseignements afin de trouver le programme d’études qui vous convient le mieux!
