Germain Barre

Quand le Président des États-Unis l’échappe avec une stagiaire

Non, on parlera pas de Donald Trump. Mais de l’ancien chef d’état américain Bill Clinton, qui, il y a 20 ans déjà, devait expliquer devant les caméras du monde entier que «  sucer, c’est pas tromper.  »

Retour en arrière.

Hiver 1998. Scandale. La presse découvre que Bill Clinton, le Président américain à l’époque, et une jeune stagiaire employée de la Maison-Blanche, Monica Lewinsky, entretiennent des rapports qu’on pourrait qualifier de « pas mal plus intimes qu’une jasette autour d’la machine à café. »

Les États-Unis sont ébranlés. À l’image de leur Président qui lui n’a pas attendu le « é » pour être branlé. Et Hillary, alors Première Dame du pays, est humiliée d’apprendre que, finalement, elle était peut-être la deuxième.

Bill Clinton doit faire une conférence de presse retransmise dans le Monde entier dans laquelle il déclare sa célèbre phrase en jouant sur les mots : « I did’nt have sexual relations with this woman. » Lire entre les lignes : « on a pas fourré mais j’me suis fait faire des gâteries présidentielles en dessous de mon bureau. »

L’argument ne convainc personne, si bien que des mesures sont entreprises afin de le destituer de son poste de Président. Y’a des pipes qui coutent plus cher que d’autres.

Finalement, après plusieurs semaines de tensions politiques, et surement d’encore plus vives tensons dans la chambre à coucher, le Président Clinton a évité l’empeachment et a pu terminer son mandat dans une relative sérénité.

20 ans déjà. Et Donald Trump aujourd’hui n’est même pas passé proche de perdre sa job comme Bill Clinton a failli la perdre en 1998. Et ce malgré une feuille de route pas mal plus garnie en matière de scandales sexuels. Sur le grand bulletin des scandales sexuels, Donald Trump a pas mal plus de collants en forme de pénis que M. Clinton.

Accusations de viol, aventure extra-conjugale avec une pornstar, intimidation dans des concours de Miss USA, déclarations poétiques sur les femmes telles que « Grab them by the pussy »… Donald Trump collectionne les scandales sexuels comme sa femme collectionne les paires de chaussures. C’est à se demander lequel des deux en garde le plus dans son garde-robe.

L’idée n’est pas d’excuser les comportements de Bill Clinton en le comparant à un psychopathe sexiste et misogyne. Le pouvoir lui est clairement monté à la tête, ne laissant plus de place pour le sang qui n’a eu d’autres choix que d’aller se gorger dans sa graine de Président. Et il mérite certainement de dormir quelques nuits sur le divan.

Mais 20 ans plus tard, est-ce que les mentalités ont évolué tant que ça à voir qui est élu à la tête de la première puissance militaire mondiale? Si Bill Clinton est passé proche de se faire destituer pour une histoire de pipes avec une stagiaire, faut-il le rappeler, totalement consentante, me semble que Donald Trump, lui, s’en sort pas si mal pour un gars qui en a pas mal plus à se reprocher.

Et aujourd’hui, Bill Clinton jouit (scusez là…) malgré tout d’une très bonne réputation de mari attentionnée, lui qui a appuyé sans relâche sa femme dans la récente campagne électorale américaine. Les Américains lui ont pardonné ses écarts (ainsi que ceux de Monica…) ou les ont simplement oubliés à force d’entendre les sordides histoires qui entourent le président actuel.

Donald Trump a non seulement battu Hillary aux dernières élections, mais il a, en plus, aidé Bill à paraître aujourd’hui comme un mari sans reproche.

Maudit, c’est encore les hommes qui gagnent.

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