Pourquoi on trippe sur… Die Hard

Ode au meilleur film d'action de tous les temps.

Die Hard, inexplicablement connu sous le nom de Piège de cristal au Québec, est un film d’action mettant en vedette Bruce Willis et Alan Rickman, le gars qui jouait le faux méchant Professeur Snape dans les films d’Harry Potter).

J’ai dû le voir environ trente ou quarante fois dans ma vie. J’ai vu la trilogie originale en DVD et il m’arrive encore de l’écouter, de temps à autre. C’est un christie de bon film. Tout le monde que je connais (sauf ma collègue Catherine Lalonde) l’a vu au moins une fois dans leur vie, mais ça se peut que vous ne l’ayez jamais regardé. Je ne voudrais pas vivre votre vie si c’est le cas, mais y’est jamais trop tard pour bien faire.

Je tenais à vous expliquer pourquoi ceux qui ont vu Die Hard trippent sur ce film et pourquoi on n’en fait plus d’aussi bons aujourd’hui. Avant de commencer, mettons tout de suite quelque chose au clair : il est possible que certaines personnes aient vu le film et ne l’aient pas aimé. Ces gens-là sont de mauvaises personnes, voilà tout.

John McClane n’est pas badass

Die Hard, c’est l’histoire d’un policier fin trentaine, début quarantaine, qui va rejoindre sa femme et ses enfants à Los Angeles pour les Fêtes. La belle Holly est partie à l’autre bout du pays pour scorer une grosse job à la corporation Nakatomi et le couple s’est séparé parce que John ne voulait tout simplement pas suivre. Au début du film, il arrive à la plaza Nakatomi avec la ferme intention de recoller les pots cassés. McClane n’est pas un ex-soldat parano, hyper entraîné, capable de reconnaître les conspirations dans le langage corporel des terroristes. C’est un gars comme vous et moi, qui veut juste un maudit break pour Noël.

Et là, tout s’écroule.

Des voleurs envahissent le party d’bureau des employés, prennent les salariés en otage et le bon McClane, qui était aux toilettes au début des hostilités, réussit à s’enfuir par la cage d’escalier. Il se retrouve coincé dans une tour à bureaux complètement contrôlée par un groupe de criminels violents, avec son arme de service et son entraînement de policier comme uniques atouts. John McClane est seul contre un groupe ultra-entraîné et bien organisé, il est terrifié et n’agit pas en superhéros: il demeure caché, essaie de gagner du temps et d’aller chercher de l’aide. John McClane, c’est un gars ordinaire, qui agit agit de façon extraordinaire, parce que les circonstances le demandent.

C’est un film de deuxième guerre mondiale déguisé

Avant qu’ils ne redeviennent inexplicablement cool pour les jeunes hommes frus sur internet, tout le monde aimait voir des nazis mourir au grand écran. C’était le sport national non officiel de ceux qui ont gagné la Deuxième Guerre mondiale. Die Hard n’est pas exempt de cette passion pour le tuage de nazis: c’est l’Amérique courageuse et intrépide qui s’attaque aux méchants Allemands avec leurs coupes de cheveux funnés. C’est Steve McQueen dans une tour à bureaux au lieu d’un camp de prisonniers de guerre.

Il faut comprendre le contexte historique dans lequel le film a été écrit. Basé sur un roman de Roderick Thorp écrit au beau milieu de la guerre froide,  le conflit était pas mal réglé neuf ans plus tard, lorsque Die Hard est venu bénir nos écrans de cinéma. C’était d’ailleurs un hobby pour les studios de cinéma américains dans les années 80 que de rire de leurs ennemis. Rocky 4 en est un autre excellent exemple :  l’URSS y est dépeinte comme un pays habité uniquement par des méchants de films de James Bond. Ce n’est que deux ans plus tard qu’on comprendra finalement que les Allemands ne sont pas des monstres aryens qui trippent sur le techno et qu’au fond, ils veulent juste être comme nous autres.

Die Hard, c’est un peu l’Amérique qui rit d’elle-même, aussi

Les années 80 furent une période de grands changements aux États-Unis. Ce n’était soudainement plus à la mode d’être peace & love et de lâcher sa job pour faire de la drogue et suivre son groupe préféré en tournée. On voulait une carrière, on avait des ambitions, un besoin d’impressionner les autres et un problème de cocaïne. Die Hard, c’est un peu l’histoire d’un homme dans une Amérique qu’il ne reconnaît plus. Un gars élevé par des parents New Yorkais de la vieille école , aliéné de sa famille par une corporation qui ne pense qu’aux profits.

Die Hard fait plein de clins d’oeil à sa propre culture superficielle: l’immeuble froid et impersonnel du Nakatomi Plaza, le décor luxuriant des les bureaux où Holly travaille (allo, la chute d’eau dans l’entrée), le gars bizarre qui donne un bec à John McClane pendant le party de Noël et, bien sûr, l’immortel Ellis avec son problème de poudre. Bon, c’est sur que c’est un peu populiste tout ça, la représentation du changement comme étant vide de sens et dangereuse. J’aime cependant la nuance que ça apporte. Die Hard n’est pas un film patriotique au sens propre. Y’a un clash idéologique entre deux époques.

*

Et avant que vous me le demandiez, oui. Die Hard c’est un film de Noël.  C’est juste que Bruce Willis attendrit le grincheux en le lançant en bas du 30e étage au lieu de juste être fin avec lui. C’est ça la règle à Noël : si t’es pas fin et que tu tues des gens, t’as pas le droit d’avoir de cadeaux.

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

Pourquoi on trippe sur… Die Hard

Ode au meilleur film d'action de tous les temps.

Dans le même esprit