Hayley Reynolds

Pourquoi on aime coucher avec les blogueurs Urbania

Qui n’a pas déjà entendu à la semi-blague une fille un peu saoule au party de bureau confesser à qui veut l’entendre que son amant blogueur pour Urbania a vraiment la plus grosse mailloche en ville et que : « Oh mon Dieu que c’est bien meilleur avec un blogueur Urbania! Je vous le dis les filles, When you go blogueur, you never go ailleurs! »

Les blogueurs Urbania, des fois, ils écrivent des drôles de choses. Bon, pas tous. Je ne voudrais pas mettre tous les blogueurs (et blogueuses) d’Urbania dans le même bateau, parce que jouer avec des généralisations, des stéréotypes et des clichés, c’est souvent dangereux (et généralement assez cave).

Vous savez certainement ce qui me pousse à reprendre le clavier aujourd’hui; l’article d’hier, qui m’a rendu passablement mal à l’aise. La réaction était prévisible: non seulement le texte était, disons, pas fameux fameux, mais en plus, ça faisait une bonne semaine qu’il n’y avait pas eu foire d’empoigne sur le blogue d’Urbania, il fallait bien que ça arrive.

Avoir publié un article comme ça, c’est un peu le danger de la lecture avec une seule grille d’analyse. Pour ceux qui connaissent les textes de l’auteur en question, il était clair que cet article était humoristique, exagéré, flamboyant et à ne pas prendre au sérieux pour deux sous. Le problème vient bien sûr des gens qui ne connaissent pas Jordan — et ils sont évidemment bien plus nombreux que les autres. Tout comme n’importe qui ne connaît que Closer de Nine Inch Nails (ou Creep de Radiohead) et décide d’aller voir ça en show, parce que, hein. Ce sera pas long avant que tu pognes ton air.

C’est ça qui arrive. C’est arrivé, à plus grande échelle, avec tout le monde qui disait que Gab Roy était donc ben un bon gars et que personne ne le comprenait. Sauf que c’était pas une excuse valable dans ce temps-là, et c’est pas plus une excuse valable maintenant. Jordan l’a échappé, et Urbania aussi. Ça arrive. Heureusement, pas trop souvent.

Et le texte est retiré. C’est pas arrivé souvent, ça non plus, dans l’histoire d’Urbania. Même les textes les plus incendiaires sont généralement restés en ligne; même ceux qui ont donné des maux de têtes et/ou scrappé le weekend du gestionnaire de communauté (allô).

Bref. J’ai repris le clavier aujourd’hui non pas pour défendre le texte, parce que moi-même je n’ai absolument aucune envie de le défendre, mais parce que j’ai envie de parler un peu à la communauté urbanienne. Vous le savez certainement, c’est ma job de lire et de modérer tous les commentaires, mais je ne veux pas ici parler au nom d’Urbania ni officiellement en tant que Gestionnaire de Communauté. Je vous parle en tant que (ex-)blogueur.

Ciboire, les gens, prenez un respire ou deux. 

On reçoit toutes sortes de commentaires. On ne les publie pas tous, malgré ce que certains pourraient penser. Il y a au moins une personne (moi) qui les lis, tous, tous les jours, plusieurs fois par jour, souvent même le samedi et le dimanche. Je ne me plains pas: c’est ma job.

J’entends souvent des gens demander pourquoi on ne bannit pas certains commentateurs, ou pourquoi on laisse les gens commenter anonymement. C’est simple: de un, on ne peut pas (technologiquement parlant, ce site date de 2008) et de deux, on tient à garder les commentateurs anonymes. Parce qu’il n’y a pas que des trolls qui commentent sans dire leur nom, tout comme il n’y a pas que des vilains bandits qui manifestent à visage couvert.

Quand on publie une lettre de quelqu’un qui s’est fait agresser sexuellement et que des témoignages affluent dans les commentaires, vous pensez que ça arriverait si tout était signé avec un compte Facebook? Et quand une femme infidèle raconte ses peines, ou qu’une mère monoparentale parle de ses déboires sur des sites de rencontre, est-ce que tout le monde viendrait commenter avec son nom, sa photo, pis son statut «In a relationship» même pas «open» sur les billets? Jamais dans cent ans. Et Urbania, c’est pas juste des petits dodus qui font des pétages de coche le mardi matin, ni des Rabii ou des Roberge. C’est aussi des textes comme ça.

Alors oui, des fois, on modère plus slack que La Presse, et des fois, on publie des choses que La Presse n’aurait pas publiées. J’espère ben. Parce qu’Urbania c’est ça, aussi. Des fois ça prend des risques. Pis comme toute affaire qui prend des risques, des fois, ça se plante. Pis hier, ben, ça s’est planté.

Pis si c’est pas Urbania qui signe ce texte aujourd’hui, c’est que c’est pas Urbania qui l’écrit, mais bien moi, Éric Samson, et que même si c’est Urbania qui paie mes bills, je ne parle pas au nom de mes boss ni de personne d’autre. Ils répondront s’ils le veulent.

Sur ce, je repars dans mon antre souterrain d’ex-blogueur. Je continuerai à vous lire. Tous.

Photo: l’auteur avec Bianca Beauchamp. 

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