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Pourquoi LinkedIn me fait sentir aussi mal ?

Plus on se compare, plus on angoisse.

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Vous ouvrez votre boîte courriel. Vous avez reçu une notification qui vous dit que 14 personnes ont consulté votre profil LinkedIn. Mais de ces 14 personnes, aucune ne vous a contacté. Parmi les entreprises qui se seraient soi-disant arrêtées sur votre profil, on retrouve : votre propre compagnie d’assurance, votre ancien employeur et une agence de recrutement qui n’a même pas daigné vous envoyer un message automatisé. Décidément.

Tant qu’à y être, aussi bien scroller un peu. Après une dizaine d’histoires à succès, d’annonces de promotions et de gestionnaires qui vantent leur approche humaine, la voici : la petite déprime qui se pointe le bout du nez.

Pourquoi LinkedIn nous fait sentir si inadéquat ?

Alors que Facebook et Instagram sont souvent visés par les discours sur l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale, LinkedIn s’en tire généralement indemne. Mais sous son apparence de coup de pouce sur le plan professionnel, il se révèle aussi toxique que ses compatriotes.

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Une étude a d’ailleurs démontré que les gens qui consultent LinkedIn au moins une fois par semaine ont des risques significativement plus élevés de dépression et d’anxiété par rapport à ceux qui ne l’utilisent pas régulièrement.

Quand on se compare, on se désole

Le coupable ? Encore et toujours cette fameuse tendance à se comparer qui fait si mal. Et quand cette comparaison est en lien avec le succès professionnel, il est encore plus difficile de ne pas être affecté.

En plus, du côté des travailleurs, LinkedIn est davantage utilisé lorsque notre carrière ne nous satisfait plus ou lorsqu’on est activement en recherche d’emploi.

Mais autre que les offres d’emploi, on y voit aussi soit des histoires à succès écrites par d’autres catégories de travailleurs, dont les entrepreneurs, les gestionnaires, les recruteurs et les coordonnateurs en communication qui alimentent le réseau pour vanter la marque employeur.

Bref, on dénote une certaine discordance entre le messager et celui qui reçoit le message.

Plusieurs publications sur LinkedIn sont également teintées de ce qu’on appelle la « positivité toxique », soit cette attitude qui encourage à toujours voir le bon côté des choses pour laisser dans l’ombre les échecs et les difficultés qui jonchent le parcours professionnel de tout un chacun.

Quand on est si positif qu’on en devient toxique, on ne supporte pas les personnes qui vivent des situations difficiles. Nous invalidons leurs difficultés, prétextant qu’elles ne sont que de petits obstacles vers la gloire. Pour la personne qui vient de perdre son emploi en pleine récession, un tel message lui procure un grand sentiment d’isolement. Encore plus lorsque le reste des messages ne sont que des histoires à succès.

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Où sont les atypiques ?

LinkedIn célèbre le parcours professionnel vertical. On commence en bas de l’échelle et on obtient promotion sur promotion jusqu’à ce qu’on atteigne le sommet, d’où on se permet de donner des conseils. Pour les travailleurs au parcours atypique, interrompu ou en dents de scie, LinkedIn peut créer un sentiment d’échec. Sur LinkedIn, on ne voit pas les congés de maladie ou de maternité, ceux qui quittent leur emploi pour devenir proche aidant, ceux qui retournent aux études à quarante ans. Est-ce réellement des échecs ? Tout dépend des valeurs de chacun. Certains privilégient leur rôle social ou familial. Pour d’autres, le besoin de s’épanouir au travail justifie de prendre un pas de recul et de recommencer sur un nouveau chemin.

Le problème avec LinkedIn, c’est qu’il nous encourage à nous définir à travers notre travail.

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Mais des études ont démontré que lorsque le travail devient la base de notre identité, nous devenons plus vulnérables à l’anxiété, à la dépression et à l’isolement social. Si notre carrière s’effondre, comme cela peut arriver même aux meilleurs travailleurs, les passe-temps, les amis, la famille, l’implication sociale nous rassurent sur notre rôle social.

Si la carrière occulte tout le reste, l’édifice ne tient que sur un pilier. Si nos relations sociales ne sont pas développées, si nous n’avons aucun passe-temps, qui sommes-nous hors du monde du travail ? Contrairement à ce que LinkedIn pourrait nous faire croire, la carrière n’est pas le seul indicateur de succès. La vie n’est pas que le travail, mais ça, on ne peut pas le voir sur LinkedIn.

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