Pourquoi je vais écouter Occupation Double cette saison

« Tes yeux ont croisé les miens… déjà je n’y pouvais rien. » 

Je vous l’avoue en partant, j’écris une chronique sur Occupation Double aujourd’hui, même si je ne suis pas fan de l’émission. En fait, je n’ai écouté que quelques épisodes en rafale l’an dernier juste avant la grande finale d’OD Grèce. Par contre, cette année je suis vraiment excitée de suivre la nouvelle saison de la télé-réalité qui a donné au Québec des personnalités comme Maripier Morin, Joanie Perron (de Joanie et Sansdrick) ainsi que Michael le pas fin Français. 

Depuis l’an passé, j’ai la ferme impression que OD renait de ses cendres et enflamme les conversations sur la représentation à la télé, le consentement et le traitement des femmes, entre autres, autour de la proverbiale machine à café du bureau.

Pour discuter de mon intérêt soudain pour cette télé-réalité, j’ai décidé d’aller à la source, c’est-à-dire d’en jaser avec les deux collègues qui m’ont donné le goût d’écouter OD en premier lieu : Alex, gestionnaire de médias sociaux, et Catherine, créatrice de contenu web. 

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Catherine est un peu dans le même bateau que moi, elle a commencé à s’intéresser à l’émission il y a quelques années. « Ça m’intéressait zéro Occupation Double, à la limite je jugeais un peu ce que c’était, mais avec la version actuelle, je me suis rendu compte que ça créait des conversations quand même le fun à avoir au bureau le lundi matin », me raconte-t-elle. 

«La nouvelle mouture avait l’air self-aware, semblait être capable de rire de soi-même et des conventions d’OD. Ce niveau d’ironie là m’a fait rembarquer. »

Pour notre collègue Alex, l’émission était un rendez-vous télévisuel dominical pour elle et sa mère bien avant que Jay Du Temple ne s’y pointe pour semer la bisbille. Elle avait par contre décroché quelque part entre les règnes de Joël Legendre, PY Lord et Sébastien Benoit à l’animation. Elle a recommencé à s’intéresser au projet lors de son grand retour sur les ondes en 2017. 

« Ça avait l’air mieux adapté au public qui écoute ça et ça faisait ben moins matante qu’à l’époque, souligne-t-elle. La nouvelle mouture avait l’air self-aware, semblait être capable de rire de soi-même et des conventions d’OD. Ce niveau d’ironie là m’a fait rembarquer. » Alex venait d’exprimer quelque chose dont je n’avais pas été capable de mettre en mots avant. Le nouvel OD se prend moins au sérieux que son prédécesseur et ressemble plus aux jeunes qui l’écoutent. 

Des conversations nécessaires

En discutant, on se rend rapidement compte, que toutes les trois, ce qu’on aime autant sinon plus qu’écouter un épisode d’Occupation Double, c’est de l’analyser par la suite. Les nombreux podcasts et articles sur le sujet contribuent à créer un dialogue autour des thématiques explorées dans l’émission, qu’elles aient été amenées par la production ou par les comportements des candidats. 

« C’est un bon prétexte pour déballer des sujets de société vraiment deep. [À cause d’OD] on a parlé de relations toxiques, du féminisme, du slut shaming… Ces conversations-là font qu’on donne une tendance à ce qu’on écoute », mentionne Alex. L’analyse des propos tenus à l’émission ou du traitement de certain.es participant.es par le public (et par ses pairs) apporte souvent des réflexions importantes à un public qui ne s’y serait peut-être pas intéressé autrement. 

«À deux reprises [des filles] ont pleuré parce qu’elles ne voulaient pas aller [dans la maison de l’amour], ça leur mettait de la pression. Elles se disaient que le gars aurait des attentes, qu’elles ne voulaient pas mal paraître devant les caméras…»

Cette année par exemple, lorsqu’on a annoncé l’identité des nouvelles candidates, Kathe, la première participante trans de l’émission, a fait beaucoup jaser. Oui, elle a reçu beaucoup de commentaires transphobes, mais aussi énormément de support de la part des internautes. Sa simple présence à l’émission a ouvert des discussions extrêmement nécessaires sur la représentation des personnes trans à la télévision, sur la diversité sexuelle et sur la transphobie. 

Pour Catherine, c’est les « maisons de l’amour » et la notion de consentement qui ont starté des conversations intéressantes lors de la saison grecque de l’émission. « À deux reprises [des filles] ont pleuré parce qu’elles ne voulaient pas aller [dans la maison de l’amour], ça leur mettait de la pression. Elles se disaient que le gars aurait des attentes, qu’elles ne voulaient pas mal paraître devant les caméras… », souligne ma collègue. L’animateur de l’émission était intervenu pour rassurer les participantes et leur dire qu’elle pouvait dire non à tout moment et que personne ne les forcerait à passer la nuit dans une chambre avec quelqu’un. 

Pour plusieurs personnes, cet événement avait été une bonne opportunité de discuter de consentement, de parler de la pertinence des « maisons de l’amour » et des activités qui sont censées créer (ou forcer) des rapprochements.

Le nouvel OD, et nos réactions face à l’émission sont selon moi un bon miroir de la société québécoise moderne et j’ai terriblement hâte de voir quelles discussions l’émission va engendrer cette année. Je nous souhaite une saison pleine de rebondissements et que personne ne fasse pipi dans le spa cette fois-ci. 

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