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Pour Robin des bas, aider les autres, c’est le pied
Comment se retrouve-t-on à vendre des bas dans la vie? C’est dans ce marché que deux amis ont trouvé chaussure à leur pied (excusez-la), à l’intersection entre le goût des affaires et le désir d’aider les plus démuni.e.s. En effet, pour chaque paire de bas vendue, la compagnie de chaussettes Robin des bas donne une paire à des organismes qui viennent en aide aux personnes itinérantes.
VENDRE AUX RICHES POUR DONNER AUX PAUVRES
Maxime Després et Frédéric Laurence se connaissent depuis le secondaire. « Fred, c’est le genre de gars qui a toujours plein d’idées, mais il n’avait jamais eu l’occasion d’en réaliser une. Quand il m’a dit qu’il voulait lancer une compagnie de bas, ça m’a d’abord laissé indifférent », raconte Maxime.
Lorsque Frédéric est allé faire du bénévolat à l’Accueil Bonneau, on lui a dit que les chaussettes et les sous-vêtements manquaient particulièrement, comme on a peu tendance à donner ces articles qu’on use jusqu’à la corde. C’est ce besoin qui a finalement convaincu Maxime de se lancer dans l’aventure : « En y repensant, je me suis dit que ça me motiverait de pouvoir redonner autant qu’on produit. »
FAIRE FLÈCHE DE TOUT BAS
Et c’est autour d’une bière qu’ils ont trouvé le nom : « Fred me disait “On prend aux riches et on donne aux pauvres, on est comme Robin des bois… Robin des bas”. Je savais à ce moment-là qu’on l’avait, il fallait que ça se passe », se rappelle Maxime.
Depuis 2018, ils font affaire avec de nombreux organismes et ils ont offert plus de 50 000 paires.
Il leur a paru tout à fait naturel de demander à l’Accueil Bonneau d’être leur premier partenaire. Depuis 2018, ils font affaire avec de nombreux organismes et ils ont offert plus de 50 000 paires.
« Au début, on pensait aller nous-mêmes acheter tous les bas. On s’est vite rendu compte que c’était mieux de laisser ça aux organismes qui connaissent vraiment mieux les besoins de leur monde. »
Si Maxime et Frédéric avaient au départ l’ambition de créer un bas parfaitement adapté à la vie des personnes itinérantes, ils ont compris au fil de leurs rapports avec les organismes d’aide que les besoins étaient différents. « Dans la rue, tu finis par user tes bas vraiment rapidement, tu vas les salir rapidement ou te blesser aux pieds. C’est pour ça qu’iels ont besoin de beaucoup de bas qu’ils pourront jeter. »
LA MOTIVATION, LÀ OÙ LE « BAS » BLESSE
De l’entrepreneuriat, Maxime Després en mange depuis qu’il a quitté les bancs d’école. « J’ai commencé à travailler pour une petite brasserie à l’époque. Je trouvais ça fascinant de voir comment on pouvait partir une compagnie de zéro, même si ce n’était pas la mienne. C’est devenu une passion, je lisais sur le sujet, j’écoutais tous les podcasts. À un moment donné, je me suis dit que c’était assez et qu’il fallait que je me lance! »
Mais Maxime savait qu’il aurait besoin de trouver la bonne mission s’il voulait que le projet soit viable. « C’est tellement difficile de lancer sa propre compagnie. Si t’as pas une passion, ça ne peut pas marcher, c’est trop prenant. Il me fallait quelque chose pour me pousser à aller plus loin. Pour moi, ç’a été l’idée de pouvoir aider des gens dans le besoin. »
«C’est devenu beaucoup plus gros qu’on pensait, et beaucoup plus vite.»
Avec Robin des bas, Maxime a trouvé son feu sacré et une manière de faire une différence à sa façon : « Je me disais toujours que j’allais faire du bénévolat et je le faisais jamais. Fred et moi, on est des petits gars gâtés qui sont allés au privé sur la Rive-Nord, il était temps qu’on utilise nos privilèges et nos contacts pour avoir un impact. »
Ça se vend comme des petits bas chauds
À leurs débuts, Maxime opérait dans son sous-sol à Montréal. Lorsqu’il a déménagé dans une maison de banlieue, il s’est installé un petit atelier. Maintenant, Robin des bas a son propre entrepôt. « C’est fou de voir ce projet-là qu’on pensait juste faire en sideline prendre une telle ampleur. C’est devenu beaucoup plus gros qu’on pensait, et beaucoup plus vite. »
C’est surtout grâce aux bas personnalisés pour des compagnies que Robin des Bas fait la majorité de son chiffre d’affaires. Pour garder sa collection en ligne au goût du jour, l’entreprise collabore avec des artistes locaux, comme l’illustratrice Ana Roy. « Les artistes touchent des redevances sur les ventes des collaborations. Donc, en plus de faire de super bas, on aide des artistes locaux. »
Même si la compagnie a été lancée au grand galop il y a trois ans, les deux amis continuent de partager leur temps entre leur projet et leurs emplois. « Peut-être qu’un jour, un de nous va s’y consacrer à temps plein. Pour l’instant, on est bien occupés pis on aime ça! », assure Maxime Després.
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