Pour lutter contre le désintérêt, la désinformation et la manipulation

Petite réflexion au sujet de cette crise. Il y a plein de gens qui ne s’informent pas vraiment.

Plein de gens blasés. Mais aussi plein de gens qui ont de la difficulté à bien s’informer. Dans le Devoir en septembre dernier : «Ce sont 49% des Québécois qui ont des difficultés de lecture, qui cherchent à éviter les situations où ils ont à lire et, lorsqu’ils parviennent à décoder une phrase, qui n’en saisissent pas forcément le sens.»

De là, une suggestion. C’est bien qu’on lise et qu’on partage entre nous des textes pertinents, intelligents, émouvants. C’est bien d’exprimer son opinion clairement, en utilisant des arguments solides, sur Facebook, sur Twitter, sur nos blogues. Mais si vous voulez vraiment faire avancer le débat, si vous voulez vraiment que les choses bougent, si vous voulez que vos opinions voyagent vraiment, prenez le temps d’échanger avec ceux qui, dans votre entourage, ne sont pas sur Facebook, se foutent de Twitter, ne lisent pas beaucoup, ne s’informent pas trop, ne peuvent pas s’informer correctement. Ceux qui ont une opinion forgée d’avance, ou pas d’opinion du tout. Ils sont nombreux. Il y a sûrement dans votre famille, ou parmi vos amis, des gens qui ne savent pas trop quoi penser, ou qui se sont bâti une opinion dès lepremier jour du conflit, basée sur une ou l’autre chronique de grand média, et qui, depuis, ne se sont pas tellement informés. Informez-les. Assoyez-vous avec eux. En personne. Et échangez. Ce sera bénéfique pour eux de voir confrontées leurs idées reçues. Et ce sera bénéfique pour vous de construire un discours clair, éloquent, qui vous appartienne à vous et non à celui dont vous avez partagé le texte.

C’est comme ça qu’on pourra contrer le désintérêt d’une bonne partie de la population. C’est comme ça qu’on pourra lutter contre la désinformation et la manipulation. C’est comme ça qu’on pourra s’assurer qu’au moment d’éventuelles élections, on aura le plus grand nombre possible d’électeurs informés.

Appelez votre tante, votre frère, votre ex. Dînez avec votre grand-père.

Assoyez-vous avec votre collègue de travail. Et parlez.

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
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