Portraits de trans* (2)

Le film “Une nouvelle amie” arrive sur nos écrans, et pour réfléchir à la question de l’identité de genre qui est au cœur de l’intrigue (c’est dans l’air!), on a demandé à nos amis de Portraits de Montréal de rencontrer des personnes transsexuelles et de nous parler de ce qu’ils et elles ont vécu et de ce qu’ils et elles vivent encore, au quotidien. On vous présente cette semaine cinq d’entre elles, qui ont bien voulu nous raconter leur histoire.

Étienne

“J’y pensais depuis que j’étais adolescent. Mais c’est un peu bizarre parce que, tu le sais que t’es une fille. J’aurai mieux aimé être un garçon, mais tu sais que t’es une fille. C’est difficile à expliquer. Tu te dis ‘Bon, je suis une fille, je ne peux rien y faire.’ J’ai commencé à en parler à 18 ans avec une blonde, elle n’était pas du tout d’accord. Puis j’ai rencontré deux filles transsexuelles, et elles m’ont dit ‘Si nous on l’a fait, tu peux le faire aussi.’ Donc j’ai commencé à m’informer, mais à ce moment là j’avais un chum et évidemment il l’a mal pris. Donc j’ai attendu, j’ai attendu, puis mon chum est parti en Angleterre, c’était fini, et c’est là que j’ai décidé de le faire. Avant j’étais juste vraiment pas bien. C’est sûr que ça ne règle pas tout, mais là j’ai réussi à faire ma transition, j’ai une identité beaucoup plus forte, plus stable. T’sé je sais qui je suis aujourd’hui. Avant dans mes interactions avec les gens, il y avait tout le temps une espèce de malaise ; en tout cas moi j’avais l’impression que je ne dégageais pas la bonne affaire. Mes chums, mes blondes, juste la manière dont je portais mes affaires ça les mettait mal à l’aise.”

“Mes parents m’avaient jeté dehors quand j’ai fait mon coming out en tant que lesbienne. Quand je suis arrivé pour dire à mon père que j’allais faire la transition, j’ai attendu la dernière minute. C’était après la première injection de testostérone, j’avais la voix qui commençait… Les premiers jours t’as comme un extinction de voix, c’est ça que ça fait. Donc je l’ai appelé avec la voix cassé : ‘J’ai quelque chose à te dire.’ Et il m’a dit ‘Je l’sais que tu veux devenir un petit garçon. Je l’savais.’ Ça n’a pas été facile parce que même s’il le savait, quand il a vu que ça s’en venait, que c’était vrai, il a eu beaucoup plus de difficulté. Il avait de la misère à m’appeler… Le nom que je voulais c’était Edouard, et ça ressemblait trop au prénom que j’avais avant. Mon père avait trop de misère. Fait que j’ai décidé de le changer un peu de m’appeler Étienne. Pour lui j’étais encore la même personne, mais le fait de séparer les deux noms… Dès que j’ai commencé à m’appeler Étienne c’est allé mieux.”

et celle d’Elizabeth

Revenez demain pour un nouveau témoignage.

“Une nouvelle amie” prend l’affiche aujourd’hui! Voyez la bande-annonce:

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