Amélie Tourangeau

Petit précis d’étiquette du touriste balnéaire

Au cas où vous pensiez laisser vos bonnes manières à la maison, avec vos bottes d’hiver.

 1. SAVOIR GÉRER SA BOISSON

Certains touristes découvrent le bar ouvert comme s’ils n’avaient jamais bu d’alcool de leur vie. Pourtant, Dieu sait (et Éric Lapointe s’en doute) qu’alcool et longue exposition au soleil ne font pas bon ménage. Au pire, respectez la règle non écrite du « pas avant 16 h ». Ça vous évitera de roter le vieux rhum and coke au déjeuner.

2. « GHOSTER » LE GOSSANT AVEC TACT

En vacances, il y a ceux qui veulent se retrouver entre Québécois, et ceux qui veulent à tout prix se dissocier des tabarnacos. La meilleure façon de semer le concitoyen qui vous a « spotté » à l’embarquement, c’est de vous exclamer : « Tord-pinouche, j’ai oublié ma poudre contre le pied d’athlète ! »

3. RESPECTER LE PERSONNEL

« Je me suis souvent excusé auprès du personnel d’hôtel pour le comportement disgracieux de certains Québécois », révèle Sébastien Poirier, qui a fait pas moins de 11 tout-inclus en quatre ans. Soyez poli envers les travailleurs locaux, qui gagnent bien souvent des salaires de misère pour que vous ayez le plaisir de trouver une serviette de bain en forme de cygne lorsque vous retournez à votre chambre. D’ailleurs, « tippez »-les adéquatement : c’est pas rien, une serviette en forme de cygne.

4. SORTIR DU RESORT

Les complexes hôteliers sont des bulles de protection qui offrent aux voyageurs l’occasion de se la couler douce sans être confronté aux réalités de la population sur place, souvent au détriment de cette dernière. Sortez-vous la tête (et les pieds) du sable pour aller à la rencontre de ces gens et contribuer à l’économie locale. Souvent, en plus, la bouffe est ben meilleure.

5. SE CONFORMER À LA LOI DE LA SERVIETTE

Au tout-inclus, une serviette n’est jamais bêtement déposée sur une chaise longue. Elle constitue un traité territorial inaliénable entre le touriste parti se rafraîchir et l’ensemble des usagers de la plage. La déplacer est un crime de lèse-majesté.

6. DÉNONCER LES PÉDOPHILES

Lorsqu’un vieux « dégueu » invite une Cubaine de 14 ans dans sa chambre pis que ça n’a pas l’air d’être pour lui enseigner le français, plusieurs vacanciers décident de détourner le regard. Plutôt que de noyer son dégoût dans une chaudière de sex on the beach ayant un léger arrière-goût de déni, on peut dénoncer le pédophile sur le site cyberaide.ca.

7. MÉNAGER SES ATTENTES

Le travail du G.O. est un peu de vous faire croire que vous pourriez être amis — et même plus, si affinités —, mais il ne faudrait pas penser que vous êtes si spécial que ça. Des comme vous, il en voit passer à la pelletée. Alors ne le prenez pas personnel s’il n’accepte pas votre demande d’amitié Facebook à votre retour de vacances. Il en va de même pour la camaraderie et les amourettes éphémères qui se tissent le temps d’une escapade à Playa del Carmen. Il n’est toutefois pas impossible de s’y faire des amis. « Je suis invité à deux partys de Noël avec des gens rencontrés en voyage », raconte Sébastien Poirier.

8. CE QUI SE PASSE AU RESORT, RESTE AU RESORT

Personne ne connaît l’issue de ce voyage d’amis beaucoup trop arrosé, mais tout le monde sait qu’au bout de l’aventure, ce qui compte, c’est qu’on ait eu juste du gros fun (et un peu de selles molles).

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