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Personne n’a plus de pouvoir que les milliardaires

Et ils ont déjà gagné plus que votre salaire annuel de 2026.

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En date du 2 janvier, les PDG les mieux payés du Québec ont gagné l’équivalent du salaire moyen annuel québécois. Voilà une vérité qui se répète d’année en année. Certains médias s’amusent même à calculer la seconde près à laquelle, statistiquement, ce 0,01 % de la population nous aura dépassé pour l’année.

Rappelons-nous qu’en 40 ans, le salaire moyen des 100 PDG les mieux payés du Canada est passé de 20 fois le salaire moyen à presque 250 fois le salaire moyen. Depuis le début de la décennie, leur paye a grimpé de 50 %, tandis que la paye moyenne du reste d’entre nous n’a grimpé que de 15 %. Pendant ce temps, le prix du poulet et du bœuf a augmenté de 30 % et 40 %. Bref, on s’appauvrit pendant que les ultra-riches, eux, mangent de mieux en mieux.

« Qui a besoin d’autant d’argent? », se demandent certains. « Après une quatrième maison, un deuxième yacht, et une dixième Lamborghini, de quoi ont-ils encore besoin ? »

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Bien que je les comprends, ces questions ne sont pas les bonnes. Un millionnaire est peut-être motivé par l’achat d’une troisième maison, mais un milliardaire ? Passé un certain point, ils ne sont plus vraiment motivés par l’achat de simples biens matériaux – pour un milliardaire, une maison de plus n’est qu’une erreur d’arrondi dans son budget de fin de mois.

Ça veut dire quoi vraiment, être milliardaire?

La richesse du milliardaire est moins une question de confort et de sécurité personnelle qu’une question de contrôle des ressources collectives… et des politiques qui les accompagnent. C’est ça, et non les conforts matériels qui les motivent.

Un milliardaire à lui seul peut, par ses choix d’investissements, assurer la revitalisation économique d’une région complète… ou son effondrement. Il peut décider quelles maladies seront le sujet de recherche et lesquelles on ignorera. Quels groupes défavorisés auront droit à de l’aide et lesquels n’en auront pas. Quelles voix on entendra et lesquelles seront tues.

Même si notre système politique, contrairement à celui des États-Unis, ne permet pas l’achat de politiciens à coup de dépenses privées infinies, n’importe quel élu d’ici doit quand même trembler dans ses bottines devant ce genre de pouvoir s’il éprouve une moindre angoisse quant à sa réélection. Trop facile, par la suite, pour un milliardaire de suggérer un petit changement aux crédits d’impôt, une garantie de prêt aux frais de la bourse publique, ou un ajout à la prochaine plateforme électorale.

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Dit plus explicitement, les milliardaires ne sont pas de simples Séraphin vivant passivement dans une stupeur d’amour pour leurs pièces d’or.

Ils sont des acteurs sociaux et politiques. Les choix qu’ils peuvent forcer à l’aide de leurs moyens, ce sont des choix que nous, on ne peut plus vraiment faire démocratiquement. Et ce processus s’accélère.

Peut-être qu’on devrait commencer à se poser de nouvelles questions quand on pense à ces milliardaires. Chaque année, lorsqu’on nous présente la nouvelle minute et seconde où ils auront dépassé nos revenus annuels, demandons-nous aussi comment on pourrait remonter un peu dans le temps. Comment reprendre une part plus grande de la valeur qu’on crée tous. Et comment se redonner ces choix qui sont aussi les nôtres.

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