Payer pour les apps de rencontres, ça vaut la peine ?

Investir dans sa vie amoureuse. Genre.

En 2016, un tiers des foyers québécois ne comptait qu’une seule brosse à dents, selon l’Institut de la statistique du Québec. Le célibat a la cote comme mode de vie et les apps de hook-up font partie du quotidien de l’homo tecnologicus depuis déjà quelques années.

Est-ce que l’argent aide à scorer du love?

Malgré les options gratuites comme Tinder, Bumble, Plenty of Fish, OKCupid, Badoo ou Réseau-Contact, plusieurs usagers choisissent d’investir littéralement dans leur vie amoureuse en upgradant à une version payante. Est-ce que l’argent aide à scorer du love? Plusieurs personnes semblent dire que oui.

Nous avons demandé à quatre d’entre elles de nous expliquer pourquoi elles ont choisi de débourser pour le service.

Pour découvrir l’Europe

Mateo, 28 ans, rédacteur créatif, part en vacances en Europe pour la première fois. Seize jours pour conquérir le vieux continent en solo, pas de temps à perdre. Avant même d’atterrir à Madrid, il savait déjà que ce soir-là il allait retrouver Carli, 25 ans, une prof d’anglais américaine, dans le quartier de l’hôtel de ville.

Pour le prix d’une pinte de bière, Mateo a opté pour la version Plus du chef de file des plateformes de rencontres en ligne. La fonction « passeport » lui a permis de préétablir son emplacement là où il souhaitait faire des rencontres. Pendant qu’il préparait ses bagages chez lui, il matchait déjà avec des Madrilènes. « Pour moi ça a été une façon de découvrir des villes en bonne compagnie », explique celui qui a répété la mécanique à la veille de chacun de ses déplacements. « De jour, j’étais occupé. C’est plutôt en soirée que je ne savais pas trop quoi faire », élabore Mateo qui a découvert l’Europe en s’assurant chaque fois une date au prochain point de chute.

Application : Tinder Plus

Prix : 13,17$ plus taxes par mois

*Il y a un paquet de forfait qui font varier les prix mensuels. Un peu comme la téléphonie, mais avec votre vie amoureuse.

Pour sauver du temps

Agnès, pansexuelle de 38 ans est une mère séparée de deux enfants en âge scolaire. « Moi, passer trois heures par jour sur mon téléphone à niaiser, ça me fend le cul ». Elle a trouvé son compte dans l’application payante de OKCupid qui, pour 22$ par mois, lui montre qui l’a likée parmi les milliers d’usagers.

« Ça limite le temps de recherche d’aller directement à la liste d’intéressés. Et c’est moins intimidant aussi de parler à des gens que tu sais d’avance que tu intéresses », confie-t-elle. La stratégie d’Agnès consiste à se servir de la plateforme pour capter des nouveaux amants et ensuite voir à partir de là s’il y a du potentiel pour quelque chose de plus sérieux. C’est son deuxième passage par l’application payante : la première fois en 2017 lui a permis de faire une douzaine de rencontres qui ont mené à quatre relations à moyen terme. « Là j’en suis à mon troisième et dernier mois. J’ai assez de nouveau monde », spécifie Agnès qui entame une relation non monogame avec l’une de ces rencontres.

Application : OKCupid A-List Basic

Prix : 22$ plus taxes par mois

Pour pogner davantage

Ariel, 40 ans, s’est séparé il y a quelques mois après deux ans partagés avec une fille adorable, mais shit happens. Résultat : game over. Et là, le musicien économiste s’est mis à la recherche de simples relations physico-affectives.

Il y a un mois, il a opté pour le package mega tout inclus de Tinder et a été soudainement étonné par sa propre popularité. Une des gammicks des algorithmes, c’est la visibilité. En payant pour Tinder Plus ou Gold, votre profil se ramasse sur le top de la pile pendant 30 minutes une fois par jour lorsque vous peser sur Boost. Et quand Ariel pèse sur Boost, il pleut des matchs. « Évidemment, le fait de matcher ne garantit rien, mais t’es déjà plus avancé », reconnaît-il, cartésien. Par contre, il avoue ne pas avoir le temps de gérer toutes les conversations que lui permet l’appli et que c’est bien grâce à Boost et pas à sa face.

Application : Tinder Gold

Prix : Le prix de Tinder Plus avec un supplément d’environ 10$ par mois pour l’option Gold. 

Pour ne pas pogner

Quand Alain, 51 ans, a commencé à utiliser OKCupid, il ne savait pas trop ce qu’il cherchait. D’ailleurs un sondage effectué dans 30 pays en 2017 a établi que 48% des répondants utilisent les apps de rencontre « pour se faire du fun ». Le professeur d’école secondaire fait partie de ce tas-là.

Néophyte des applications de hook-up, il a opté après quelques semaines pour l’option payante qui révèle à qui on plaît et y a trouvé le profil de plusieurs collègues, certaines mariées, mais une autre en particulier qui insistait depuis des semaines pour qu’ils élaborent ensemble « un plan de cours » chez elle dans les après-midi de congé. Alain n’avait aucunement envie que ses plans prennent ce cours-là. Une fois au courant des intentions de sa collègue, il a pu désamorcer la situation en évitant un malaise.

Application : OKCupid A-list basic

Prix : 22$ plus taxes par mois

De nos jours, le love, ça se cherche – entre autres endroits – sur les réseaux. Là où ça se trouve, c’est autre chose et si je le savais, je partagerais le secret avec vous parce que dormir en cuillère, ça fait rire les oiseaux et ça pulvérise les méchants.

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