Passez le mot…

Le site «Lez Spread The Word» est apparu quelques jours avant la parution de notre spécial Lesbiennes.

Certains auraient pu croire que cette synchronicité était arrangée avec le gars des vues, mais il n’en était rien. Nous avons néanmoins rencontré Florence Gagnon, présidente et fondatrice de LSTW.

Quand et dans quel contexte votre site web a-t-il été fondé?

Lez Spread The Word a été fondé au début du mois de janvier. Il y a près d’un an, j’ai approché 4 jeunes femmes issues du milieu artistique et nous avons commencé à travailler sur le projet. Je pensais à LSTW depuis plusieurs années et je cherchais des filles motivées qui étaient des pros dans leur domaine. Nous nous sommes rapidement aperçu que nous avions la même vision. Il était important de créer un outil qui pourrait aider les femmes gaies du Québec. Nous avions toutes un peu vécu la même chose lors de notre coming out. Une manque de ressources, de modèles…

La plus grande difficulté que vous avez rencontré jusqu’à maintenant dans la production?
Tout se passe bien jusqu’à maintenant. De nombreuses filles nous contactent pour nous aider et participer à ce qui est en train de devenir une sorte de mouvement. Près d’une dizaine de collaboratrices rédigent au contenu et s’intéressent à ce qui se passe dans la communauté. La seule difficulté serait que nous avons chacune des emplois à temps plein ce qui rend nos horaires assez chargés.

Quelles sont les particularités de la communauté lesbienne de Montréal?
La communauté lesbienne de Montréal semble très diversifiée lorsqu’on en fait partie. Dans la bande-annonce que nous avons tourné pour LSTW, plusieurs filles expliquent que la communauté est divisée en bandes. Certains établissements, soirées sont identifiés à certains groupes. La communauté montréalaise est très active et c’est une raison de plus pour la rassembler et la faire briller. Nous sommes des femmes motivées et fières de qui nous sommes.

En quoi se différencie-t-elle des autres communautés ailleurs dans le monde?
Nous avons la chance de pouvoir vivre notre amour et de prendre notre place dans la société. Ce n’est pas partout comme ça et c’est une réalité qu’il ne faut pas oublier. Un combat qui n’est toutefois pas terminé car plusieurs filles vivent encore des situations qui ne sont pas faciles. De nombreuses filles se mobilisent et organisent des soirées, événements pour que les lesbiennes se rencontrent et participent au nightlife lesbien. Que ce soit sous formule 5à7 ou dans un contexte plus de party, Montréal offre définitivement des trucs vraiment bien et pour tous les goûts.

Votre site web pourrait-il prendre de l’expansion en dehors de Montréal?
Il est clair que notre mission est d’atteindre les gens à l’extérieur de Montréal afin de permettre à toutes les femmes de connaître ce qui se fait pour les lesbiennes au Québec. Présentement, pour accéder à ce qui se passe à Montréal, il faut connaître quelqu’un qui organise les soirées en question ou une fille qui est déjà allée. Lorsque nous avions 19-20 ans et que nous habitions Laval, St-Jean-sur-Richelieu ou Québec, il n’y avait pas vraiment de moyen de savoir ce qui se passait dans la communauté. Alors, on devait aller dans le Village. Ce qui ne rejoingnait pas toujours les idéaux qu’on avait en tête à cet âge. L’idée est de centraliser l’information et de permettre à toutes les lesbiennes au Québec de comprendre et de voir ce qui se passe. Redéfinir l’image de la lesbienne pour aider les jeunes femmes qui n’ont pas du tout de modèles. Et pourquoi pas une expansion au Canada anglais! Le site est complètement bilingue et il serait vraiment intéressant de rassembler tout le monde.

Peut-on être un homme hétérosexuel et apprécier votre site web?

Notre contenu informatif et divertissant peut rejoindre plus que la lesbienne. Je dirais même qu’il serait intéressant qu’un homme s’attarde à nos articles et comprenne mieux notre univers. Je suis certaine que ça mettrait fin à plusieurs stéréotypes.

Quels sont les magazines ou sites web qui vous inspirent (pas nécessairement axés Lesbiennes)?
Comme je l’ai mentionné plus haut, nous sommes toutes issues du milieu des arts. Nous sommes inspirées par des sites comme devour.com et glumagazine.com (Girls like us).

Des personnalités qui vous inspirent?
Ellen DeGeneres, haha. Sûrement un peu cliché… Mais impossible de ne pas être inspirée. Au Québec, on a vraiment pas de modèles, ça urge.

Pour ou contre Le Village?
Certainement pas contre. La plupart des lesbiennes croient que ça a besoin d’un petit update, on est d’accord avec ça à 100%. Mais plusieurs vous diront aussi qu’un pichet sur une terrasse en été, ça ne se refuse pas!

Ce texte N’EST PAS issu du #32 spécial Lesbiennes | présentement en kiosque (mais vous pouvez l’acheter quand même ;p)

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up