Pascal Yacouvakis, monsieur météo

Dans une province où la météo est aussi imprévisible qu’une rechute d’Éric Lapointe, la tâche de météorologue n’est pas de tout repos. Heureusement, chaque matin, Pascal Yacouvakis n’hésite pas à braver le verglas et les fronts froids pour nous dire si on doit porter des bas mérinos ou des bas filets. Entretien avec l’homme qui aime tellement la météo que les kilopascals portent son prénom.

Quelle a été ta meilleure prévision en carrière?
En 2003, j’ai annoncé une tempête de neige sept jours à l’avance. Je n’étais pas certain, mais je me suis lancé. Quand la tempête est arrivée, les gens étaient très impressionnés. Ce jour-là, j’ai reçu pas mal de courriels de félicitations. Aussi, pendant le verglas, j’ai prédit qu’un vent du sud-ouest allait faire monter la température et tomber la glace des immeubles. Et c’est arrivé.

Pourquoi les Québécois entretiennent-ils une relation aussi intense avec la météo?
Ils ont un esprit de contradiction. Ils ne vivent que pour la chaleur, ils voudraient que le Québec soit la Floride pour pouvoir rentabiliser leur piscine Trévi, mais en même temps, quand il fait chaud, tout le monde chiale et s’enferme en dedans à l’air climatisé.

Donc, on est d’éternels insatisfaits?
On a tellement d’attentes par rapport à l’été! Y a juste à regarder le nombre de festivals au Québec pour le comprendre. On attend l’été pour bouger, sinon, le reste des saisons, on ne fait presque rien. Faut dire que nos derniers étés ont été plutôt inexistants… Oui. Sauf que notre mémoire collective, quand vient le temps de parler la météo, est d’assez courte durée. Je me souviens de l’été 1987: le 14 juillet, on avait reçu 100 mm de pluie en une heure! Y a pas un sous-sol qui n’a pas été inondé à Montréal. Ça, étrangement, personne ne s’en souvient…

Quel est le meilleur endroit pour pogner de la bonne température au Québec?
Le moins pire, c’est à Montréal, surtout comparé à Québec. Là-bas, les hivers sont pas mal plus rudes. Les Îles de la Madeleine sont assez clémentes aussi.

Et le pire?
Je te dirais qu’en Abitibi, c’est plus difficile. L’hiver est très rigoureux et il dure longtemps. L’été, il peut faire 35 degrés. C’est insupportable avec les mouches noires.

Quel serait ton parallèle préféré pour déménager le Québec?

Le 65e parallèle, dans le coin de l’Islande. On y est toujours bien, c’est juste assez frais. On y trouve une température semblable à celle d’avril et la lumière est géniale, surtout au moment de l’année où le soleil ne se couche jamais. On pourrait faire du hiking à minuit et on ne serait même pas fatigué.

En terminant, la question Châtelaine: c’est quoi le vent idéal pour faire sécher son linge au Québec?
Un bon vent sec et chaud autour de 30 km/h, c’est parfait. Il ne faut pas qu’il fasse humide. Dans mon jeune temps, ma mère mettait même son linge dehors en plein hiver. La clé du succès, c’est le vent sec

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