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Partager sa voiture, ça peut être payant

L'autopartage, c'est bon pour l'environnement, mais ça vous le saviez déjà.

30 novembre 2021
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Selon un sondage mené en 2018 par le CAA, 67 % des Canadien.ne.s ne connaissent pas les véritables coûts liés à la possession d’une voiture. C’est que la réponse ne donne pas vraiment envie d’être lucide : 11 000 $. Oui, par année, l’ensemble des dépenses reliées à la possession d’une auto (paiements mensuels, assurances, essence, stationnement, entretien mécanique, immatriculations, etc.) s’élève en moyenne à 11 000 $.

En fait, le transport est la deuxième dépense la plus importante des foyers, avant l’alimentation et tout de suite après l’hypothèque ou le loyer.

S’ajoutent à cela plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’accès à la propriété est aussi un enjeu de mobilité, étant donné que les personnes qui désirent devenir propriétaires sont souvent contraintes de s’installer de plus en plus loin de la métropole, où posséder une voiture est nécessaire.

Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable : on est encore nombreux et nombreuses à refuser de faire des compromis pour nos valeurs environnementales.

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Ensuite, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable : on est encore nombreux et nombreuses à refuser de faire des compromis pour nos valeurs environnementales. Le transport de personnes en voiture ou en camion est responsable de 22 % des émissions de gaz à effet de serre au Québec.

Et puis posséder une voiture coûte presque aussi cher qu’une paire de skis de fond sur Marketplace en pleine pandémie (je n’ai pas de statistiques pour ce fait, mais je crois être près de la vérité), quelles sont les options pour se déplacer tout en conjuguant budget, valeurs et réalité immobilière? Car si les transports actifs et collectifs sont des réflexes bien développés à Montréal, il ne s’agit pas nécessairement d’une option réaliste pour les autres villes.

« Does it spark joy? »

Entre 1990 et 2017, au Québec, la vente de voitures a bondi de 64 %. Toutefois, pour la même période, la population n’a augmenté que de 25 %.

La COVID-19 nous a confiné.e.s dans nos maisons, mais les données sur les ventes de voitures démontrent que nous ne nous sommes jamais autant déplacé.e.s : uniquement entre février et juillet 2020, les ventes de véhicules ont augmenté de 23 % au Québec. À travers le Canada, c’est une augmentation de 52 % qui a été notée en 2021.

Nos voitures sont stationnées 95 % du temps. Et cette statistique date d’avant l’ère du télétravail!

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Pourtant, nos voitures sont stationnées 95 % du temps. Et cette statistique date d’avant l’ère du télétravail! N’importe quel autre objet utilisé si peu souvent aurait pris le bord avec Marie Kondo! Ironiquement, dans la culture, la voiture est un symbole d’indépendance, mais force est d’admettre que plusieurs d’entre nous en sont plutôt complètement dépendant.e.s.

Pour plusieurs personnes, posséder une voiture est essentiel. Alors, pourquoi ne pas la partager?

Ce qui est à moi est à toi

« On en parle peu, mais l’autopartage est vraiment l’avenir de la mobilité, beaucoup plus, même, que les voitures électriques », me confirme Catherine Morency, titulaire de la Chaire Mobilité à Polytechnique.

Lorsqu’on parle de transformations durables, il y a des étapes à respecter : réduire, transférer, améliorer. « Dans la hiérarchisation des solutions, il faut se questionner sur l’existence même des déplacements », poursuit la professeure en génie du transport. « Les véhicules électriques ont bien évidemment un impact considérable sur l’environnement, mais on passe à côté d’une discussion qu’on doit collectivement avoir. Avant de se demander si on peut améliorer l’énergie qu’on utilise, il faut se demander comment réduire le nombre de voitures qui circulent, comment réduire le nombre de déplacements en voiture. Le véritable problème, c’est notre dépendance à la voiture. Il faut davantage parler de sobriété en mobilité. »

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Aussi, devoir partager nos véhicules nous oblige à prévoir le coup. Selon une étude de la Chaire Mobilité, 30 % des déplacements dans une semaine peuvent se faire en transport actif ou collectif. Si, un matin, vous avez besoin de café avant votre première rencontre Zoom qui aurait pu être un courriel et que la voiture n’est pas disponible, vous irez à vélo ou à pied, ce qui n’aurait pas été votre premier choix initialement. Cela permet de développer de nouveaux réflexes.

«L’humain va naturellement tenter de mimer les comportements de mobilité des gens de son cercle proche ou de ses voisins»

« Il y a un effet d’entraînement super important dans la mobilité. L’humain va naturellement tenter de mimer les comportements de mobilité des gens de son cercle proche ou de ses voisins », m’explique Jérôme Laviolette, doctorant en planification des transports, qui étudie les comportements psychologiques derrière la dépendance à la voiture.

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Mais qu’en est-il des gens qui n’ont personne avec qui partager leur bolide? « La communication entre les citoyens, ça reste informel : il faut de la promotion institutionnelle pour que l’auto ne soit plus un automatisme, surtout pour les courts déplacements! », poursuit Jérôme.

Vivre sans voiture, est-ce réaliste?

Effectivement, les municipalités ont leur rôle à jouer. Par exemple, le système d’autopartage SAUVéR permet à de nombreuses villes à travers la province – de Rivière-du-Loup à Prévost en passant par Varennes – de mettre à la disposition des citoyen.ne.s des voitures à partager.

En attendant, à Montréal, des ruelles s’organisent : dans plusieurs groupes Facebook, des familles se partagent l’utilisation de quelques véhicules grâce à l’utilisation d’un document virtuel. En plus de rassembler les communautés, cela favorise également le covoiturage, car même si les voitures sont immobilisées 95 % du temps, nous nous déplaçons tous et toutes majoritairement aux mêmes moments de la journée.

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« L’économie de partage, ça se fait depuis toujours, que ce soit à travers la communauté en prêtant un outil à ton voisin ou à plus grande échelle avec les bibliothèques, les piscines municipales, etc. Avec Airbnb, on partage même nos maisons! Pourquoi alors ne pas partager nos voitures? », conclut Catherine Morency.

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