Ariane Labrèche

Parcourir 4000 km en Asie centrale avec le Transsibérien, combien ça coûte ?

Le prix inclut le transport, le dodo et tout un voyage.

Ariane Labrèche et Alexis Boulianne sont deux journalistes qui ont décidé de faire comme tous les millénariaux et de partir en voyage pendant un an. Ils ont lancé leur propre plateforme, Kilomètres, où ils parlent d’enjeux sociaux à l’international, de trucs de voyage et de bonne bouffe.

 

Les rails du mythique Transsibérien peuvent vous transporter de Moscou jusqu’à Beijing ou Vladivostok. Mais avec un peu de créativité et d’organisation vous pourrez emprunter ce chemin centenaire entre la Mongolie et le Kazakhstan, en voyant plus de paysage qu’avec l’avion et avec plus de confort qu’un autobus. Suivez le guide!

Passer de Hong Kong à la Mongolie par le Japon et la Corée du Sud, pour ensuite continuer notre chemin vers le Kazakhstan via la Russie ne fait pas vraiment partie des trajets classiques des voyageurs en Asie.

L’itinéraire que nous avons conçu pour notre voyage d’un an a d’abord surpris plusieurs de nos ami.es. Passer de Hong Kong à la Mongolie par le Japon et la Corée du Sud, pour ensuite continuer notre chemin vers le Kazakhstan via la Russie ne fait pas vraiment partie des trajets classiques des voyageurs en Asie. Pourtant, c’est un voyage inoubliable et plus facile que l’on croit, rendu d’autant plus mémorable par un périple dans le Transsibérien.

 

En regardant la carte, passer de la Mongolie au Kazakhstan avait l’air tout simple. En faisant des recherches, on a vite réalisé que c’est un défi beaucoup plus ardu qu’envisagé. 

Les options disponibles

En fait, la Mongolie et le Kazakhstan n’ont pas de frontière commune. Il faut donc passer par la Russie ou la Chine pour gagner la république d’Asie centrale.

Beaucoup de voyageurs recommandaient de prendre le bus d’Oulan-Bator jusqu’à Olgii, à l’extrême-ouest de la Mongolie. On parle de plusieurs dizaines d’heures dans un autobus plein à craquer, sur une majorité de routes non pavées. On n’avait pas le courage, malgré le prix ridiculement bas du billet (environ 100$ américains en tout).

Comme l’option de traverser par la Chine nous aurait fait passer par le Xinjiang, qu’on n’avait pas envie de voir des logiciels-espions installés dans nos téléphones et que le billet d’avion entre Oulan-Bator et Astana coûte environ 500$ CAD et qu’on essaie de réduire le plus possible notre usage de l’avion, on s’est dit qu’on allait faire la route en train.

Photo : Alexis Boulianne

Le visa

Pour les citoyens canadiens, il est obligatoire d’obtenir un visa pour entrer en Russie. 

Nous avons fait une demande pour un visa de transit, qui donne la possibilité de « transiter » sur le territoire russe pour un maximum de 10 jours si le voyage se fait par voie terrestre, preuve de transport et d’hébergement à l’appui. On a aussi droit à un maximum de deux nuits dans une ville russe. 

Coût total : environ 100$.

Choo choo

Photo : Ariane Labrèche

Petit hic : il n’y a pas de route fixe et toute faite entre Oulan-Bator et Astana. On peut toutefois diviser le trajet en deux sections : Oulan-Bator jusqu’à Novosibirsk, puis de Novosibirsk jusqu’à la capitale kazakhe.

C’est possible d’acheter les billets un minimum de 30 jours à l’avance. Le billet entre la Mongolie et la Russie coûte environ 350 $ CAD et celui vers le Kazakhstan coûte 84 $, et il faut l’acheter séparément. C’est cher, mais le trajet en vaut vraiment la peine, en plus de comprendre le « coût » de l’hébergement pour trois nuits.

On a acheté nos billets sur Russian Railways, dont le service à la clientèle est très professionnel.

Le transport et les auberges sont nos deux plus grosses dépenses en voyage. On essaie toujours d’économiser le plus possible en plantant notre tente ou en dormant dans des auberges, mais on est parfois confrontés à des déplacements de grande distance qui testent la force du mental, comme dirait l’autre. C’est là que le fait de payer un peu plus cher pour une option confortable peut vraiment faire une différence.

Quand on y pense, environ 400$ pour se déplacer sur près de 4000 km, ce n’est pas trop cher payé.

Quand on y pense, environ 400$ pour se déplacer sur près de 4000 km, ce n’est pas trop cher payé. Comme on débourse environ 10 à 20$ d’auberge par nuit, qu’on peut soustraire au coût du billet puisqu’on dort dans le train, c’est une option somme toute économique. 

En plus, il y a une escale de deux jours à Novosibirsk, puisque l’arrivée et le départ des trains ne sont pas coordonnés. On en profite pour visiter la capitale de la Sibérie, découvrir ses musées et la surprenante gastronomie locale.

La préparation

Un voyage sur le Transsibérien, ça se prépare! Surtout pour la nourriture, en fait, puisque la voiture-restaurant n’ouvre qu’à partir d’Oulan-Oudé, en Russie, soit près de 15 heures après le départ. Vous n’aurez probablement pas le temps non plus de débarquer du train pour acheter des provisions lors des courts (mais fréquents) arrêts en Mongolie.

Même lorsque le restaurant ouvre, on a trouvé que les prix étaient très élevés pour la quantité de nourriture qu’on y servait, même si tous les plats étaient excellents. Prévoyez de 7 à 10 $ par repas, payables en roubles, si vous voulez manger dans le train.

Photo : Alexis Boulianne

À bord du train, vous aurez accès à de l’eau bouillante en quantité illimitée. On s’est stockés en nouilles instantanées et en café soluble et on a profité d’une longue escale le deuxième jour pour aller acheter de l’eau froide, tannés que nous étions de boire de la vieille eau semi-chaude pendant deux jours.

Pensez aussi à acheter des collations avant de partir, comme des barres tendres, des fruits, du chocolat, des noix, ou encore le nécessaire pour vous concocter des repas froids comme des wraps au thon.

Au final, on parle d’un total de 530$ CAD pour un voyage de 51h à bord d’un des trains les plus mythiques de la planète.

Choisir cette option est une activité en soi, un périple mémorable qui devrait faire partie de tout voyage en Asie centrale. 

C’est un peu comme ça qu’on le voit, au final : choisir cette option est une activité en soi, un périple mémorable qui devrait faire partie de tout voyage en Asie centrale. 

En plus, les draps sont fournis, le train est d’une propreté impeccable et le personnel est toujours affable et prêt à aider. Ça a été aussi pour nous une façon de décrocher, car l’absence de wi-fi ou de réseau téléphonique à bord du train nous a poussés à lire, écouter de la musique et jouer aux cartes en contemplant la taïga et le lac Baïkal.

Photo : Ariane Labrèche

Dernier conseil pour l’arrivée : le train vous mènera à la vieille gare d’Astana et il est fort probable que vous arriviez en plein milieu de la nuit. Ignorez les vendeurs et autres messieurs louches dans la gare, sortez et vous verrez sur votre droite des chauffeurs de taxi qui vous proposeront de vous faire monter. Leurs voitures sont propres et ce sont de vrais taxis, contrairement à toutes les voitures qui servent de taxis improvisés dans plusieurs villes d’Asie centrale.

Vous pourrez ensuite aller vous coucher, la tête reposée, dans la capitale futuriste du Kazakhstan.

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