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Les mères sont plus que présentes sur le web. Les pères? Pas tant. Sur TikTok seulement, on compte neuf fois plus de publications associées aux mots-clics #MomsOfTikTok et #MomTok qu’à leurs pendants masculins.
Et les papas qui se lancent en création de contenu sont non seulement rares, ils sont aussi majoritairement suivis par des femmes.
Alors, on s’est demandé ce qui pouvait bien expliquer ce fossé numérique. Et vous allez voir que c’est pas juste parce que les gars n’ont pas le mot de passe du Wi-Fi.
Selon une étude de 2024, les femmes sont significativement plus nombreuses que les hommes à utiliser Instagram (54 % contre 39 %) et TikTok (40 % contre 25 %). D’un point de vue strictement mathématique, il y a moins de chances que les papas deviennent influenceurs. Pas besoin de Jean-Marc Léger pour comprendre ça.
Au-delà des chiffres, un enjeu de perception sociale persiste. Les pères ont beau s’impliquer de plus en plus auprès de leurs enfants, ce sont encore les mères qui sont considérées comme les « expertes naturelles » de la parentalité. Le fait qu’elles passent plus de temps à la maison dans la première année de vie du bébé leur donne également plus de matière et d’anecdotes à partager.
Même une fois le congé parental terminé, les mères consacrent chaque semaine six heures de plus à s’occuper des enfants et huit heures de plus aux tâches domestiques que leur partenaire. Pas étonnant qu’on leur accorde plus de légitimité pour donner des conseils et partager leur quotidien, alors que les hommes sont occupés à boire de la bière, laver leur pick-up ou monter un barbecue sans regarder les instructions.
Ouf. Pas facile, d’être un homme, hein?
La bonne nouvelle, c’est que ça commence à changer. D’abord parce que les hommes sont de plus en plus impliqués dans la vie familiale. Ils ont donc plus de vécu parental à partager sur les réseaux sociaux.
La pandémie a aussi eu un impact sur le boom des papas du web. Se retrouvant soudainement avec un surplus de temps libre, plusieurs en ont profité pour se lancer dans le merveilleux monde de la création de contenu. (C’était ça ou faire du pain.)
Et tout ça a un effet d’entraînement : plus les pères seront présents sur les réseaux sociaux, plus leur rôle sera valorisé socialement, et plus ils seront enclins à partager leur réalité. Méchante gang de suiveux, pareil.
Avec les pères influenceurs qui gagnent en popularité, il y a fort à parier qu’ils auront plus d’opportunités de partenariat avec des marques, et les hommes pourront enfin être rémunérés à leur juste valeur.
Yé pour l’égalité salariale!
On vous a donné le goût de découvrir des papas influenceurs? En voici quelques-uns qui se démarquent actuellement.
Un des premiers à avoir connu du succès sur le web, c’est Jordan Watson. Depuis 10 ans, le Néo-Zélandais derrière How To Dad s’est bâti une communauté de 9 millions d’abonnés grâce à ses hilarants tutoriels sur la paternité.
De son côté, Dude Dad propose un mélange de capsules humoristiques et de constructions élaborées à ses 10 millions de fans.
The Tired Dad, lui, opte pour une approche plus authentique avec ses tranches de vie souvent émotives et qui portent à réflexion.
Au Québec, le sujet est encore très peu exploité. La preuve : ce top 20 des influenceurs famille montréalais compte un seul homme (Alex Mentink, ancien joueur de hockey et ex-conjoint d’Alicia Moffet).
Donnons quand même le crédit à Jonathan Roberge pour avoir été un précurseur de la tendance avec sa websérie Fiston en 2012.
Sinon, peu de Québécois se définissent comme des pères influenceurs à proprement parler. Il y a bien les deux amis derrière Nouveaux pères, qui se sont lancés sur les réseaux sociaux en 2018, mais ils n’ont que très peu publié dans les dernières années.
Sans être influenceurs, Ben Gagnon et Yann Vallières abordent les hauts et les bas de la paternité dans leur balado Barbe à papa.
Certaines vedettes partagent aussi du contenu familial en parallèle à leur contenu régulier, comme Phil Roy, Pascal Morissette ou Étienne Boulay.
Et plusieurs Québécois sont un peu dadfluencers malgré eux en apparaissant dans les publications de leur blonde. C’est notamment le cas de François Massicotte (chum de la Mère ordinaire Bianca Longpré) et d’Olivier Auger (chum de Rosalie Vaillancourt).
Ce dernier vient d’ailleurs de lancer le compte Papa à la maison, où il cuisine pour sa famille, en plus de partager des images de vacances familiales en formule vanlife.
Longue vie aux papas 2.0!
Largent aussi entre en ligne de compte. Comme les femmes sont généralement celles qui prennent les décisions quant aux achats se rapportant aux enfants et à la maison, les marques sont plus enclines à commanditer leurs publications que celles des hommes. Les momfluencers peuvent donc monétiser leur contenu plus facilement, ce qui rend le métier plus attrayant.
D’ailleurs, les types de dadfluencers évoluent. Si les premiers avaient tendance à passer par l’humour et le DIY pour attirer les clics, plusieurs prennent désormais le chemin de l’authenticité et de la vulnérabilité. Ce n’est plus tabou de montrer qu’on aime nos enfants ni de parler des moments plus difficiles ou de se montrer sous ses moins bons jours. #DadBodIsTheNew6Pack
Il y a aussi un papa de cinq filles, un de quatre garçons, des pères gais, un cheerleader et un qui a un enfant trans.