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On ne laisse pas les parents étudiants dans un coin

Comment Brigeen Badour a marqué l'histoire de Concordia et le parcours des étudiants avec des enfants!

5 novembre 2020
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Parce qu’elle croyait que c’était possible pour tout le monde d’avoir un diplôme universitaire. Parce qu’elle ne comptait pas les heures et encore moins les sous. Parce qu’elle distinguait égalité et équité. Parce que si c’était important pour eux, ce l’était pour elle. Brigeen Badour a marqué le parcours universitaire de plusieurs avant de marquer l’histoire de l’université Concordia.

Évoluer dans un environnement masculin

Elle a débuté en 1985 comme « simple » secrétaire au département de mathématique et de statistiques à Concordia. J’ai mis simple entre guillemets puisque c’est un métier qui n’était pas reconnu à sa juste valeur à l’époque (notamment parce qu’on l’associait à un rôle féminin) malgré le lot de défis et de responsabilités qu’il comporte. En 1985, alors qu’on assiste à la fin de la seconde vague des mouvements féministes, l’égalité des sexes dans l’éducation et dans l’emploi venait d’arriver au goût du jour, le message que les femmes sont égales aux hommes commençait à peine à faire son chemin.

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En 1985 donc, Brigeen Badour est secrétaire dans un département purement et historiquement masculin, mais elle n’y restera pas très longtemps et, heureusement pour nous, ce qui l’attend va éventuellement changer la vie de plusieurs étudiants. Elle est transférée en 1987 au centre étudiant pour adulte de Concordia, maintenant nommé centre de transition pour étudiants, pour y être conseillère académique.

C’est en occupant ce poste jusqu’à sa retraite, en 2013, qu’elle croisera le chemin de centaines d’étudiants. Avec son oreille attentive et sa discrète compréhension des différentes situations que les étudiants rencontrent en cours de BAC, elle saura les guider et les aider à atteindre leur objectif premier : obtenir un diplôme universitaire. Son soutien avait une touche unique et un petit quelque chose de… magique!

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Laisser sa marque

Louangée par le directeur de l’administration de John Molson School of Business, l’école de commerce de Concordia, « non seulement elle connaissait les programmes de l’université et les besoins académiques des étudiants, mais elle avait une grande capacité d’écoute », elle sera nommée Great Concordian. C’est un titre qu’elle partage avec, entre autres, Micheline Lanctôt et George Vannier (non pas le métro, l’homme!), et qui honore différentes personnalités marquantes ayant inspiré des générations d’étudiants à Concordia.

ce désir de comprendre les gens et de leur donner les moyens dont ils ont besoin pour réussir, c’est ce qui la fait vibrer.

Un de ses héritages les plus importants prendra toutefois vie plusieurs années après son arrivée à l’université dans un univers masculin et longtemps après son arrivée au centre étudiant pour adultes. De fil en aiguille et puisqu’elle a une solution à à peu près tout, Brigeen réalise qu’il y a un manque dans l’accompagnement d’une certaine catégorie d’étudiants: les étudiants monoparentaux.

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Souhaitant leur donner les moyens dont ils avaient besoin pour réussir en fonction de leur parcours particulier, elle a créé le centre pour les parents-étudiants monoparentaux, connu aujourd’hui comme le centre pour les parents étudiants. La mission du centre? Accompagner les étudiants avec des enfants en bas âge dans leur parcours scolaire, leur offrant notamment un espace pour étudier en compagnie de leurs enfants, un support adapté à leurs modes de vie ainsi qu’un réseau de soutien. Une première à Concordia!

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Elle crée aussi, à sa retraite en 2013, le fond Pamela Badour qui vient en aide aux étudiants de premier cycle (BAC) en situation de monoparentalité. Tu parles d’une femme!

Parce qu’elle a écouté le besoin, sans le juger ou le condamner, parce qu’elle savait qu’un sourire réconfortant et qu’une écoute précieuse ne suffisait pas toujours. Parce qu’elle ne voulait pas que quelqu’un veuille étudier sans pouvoir le faire. Parce qu’elle ne voulait pas que quelqu’un échoue malgré les difficultés que peut poser la monoparentalité. Parce qu’être parent c’est aussi quelque chose qui valait la peine d’être célébré.

On dit qu’il faut toute sorte de monde, pour faire un monde.

Mais des Brigeen Badour, ça fait un monde où tout le monde peut étudier, sans mais ni malgré.

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