Malik Cocherel

Entretien avec une dominatrice

Domination, porno et extraterrestres

À l’AVN Expo de Las Vegas, les fans de porno de toute l’Amérique viennent voir leurs actrices préférées “en vrai” pour décrocher un autographe et une photo. Il y a aussi tout un étage plus obscur dédié aux fétichistes de tous bords.

C’est là que j’ai rencontré Madame Bordeaux, Mad B. pour les intimes…

URBANIA : Tu peux te présenter?

Madame Bordeaux : Je viens de L.A,, mais je vis aujourd’hui à Las Vegas. J’ai 23 ans. Je suis une mannequin fétichiste pour theblackroomvegas.com. J’aime le latex. Je suis aussi une exobiophile, ce qui veut dire que je suis attirée par les extraterrestres. J’aime faire des trucs kinky avec des extraterrestres. J’ai tourné des pornos amateurs avec des extraterrestres comme on en faisait dans les années 80.

Je ne savais pas qu’on pouvait coucher avec des extraterrestres…

Tu n’as jamais vu de films de science-fiction pornos des années 80?

Non, je suis resté dans le traditionnel…

Ok, alors google ça : “alien sci-fi porn from the eighties”. C’est ce que j’aime.

Ce n’est pas ta première AVN Expo à Las Vegas?

Non, c’est la troisième année que je viens. J’adore ce type de convention, parce que je me sens vraiment comme à la maison. Je suis entourée de gens en qui je peux me reconnaître. C’est très réconfortant. Si tu es une personne d’église, tu te sens bien quand tu es entourée de catholiques pratiquants. Ben, c’est la même chose pour le fétichisme! (Rires)

Comment es-tu devenue mannequin fétichiste?

J’ai commencé à être attirée par le fétichisme dès l’âge de 13 ans. Je suis rentrée dans un magasin de pneus avec mon père, et j’ai senti quelque chose, sans savoir ce que c’était vraiment. Je me suis alors rendu compte que j’étais attirée par l’odeur des pneus, je me suis mise à les renifler et à ressentir une forme d’excitation. Mais c’est un peu plus tard, vers 16 ans, que j’ai vraiment réalisé que j’étais fétichiste et qu’il y avait plein d’autres personnes qui étaient, comme moi, excitées par le latex.

Aujourd’hui tu t’es vraiment trouvée?

Oui, mais ça m’a pris quelques années. J’ai regardé pas mal de porno et fréquenté du monde dans la communauté BDSM, avant de savoir vraiment qui j’étais. Aujourd’hui, je suis une switch. Ce qui veut dire que je peux être dominatrice ou soumise suivant les situations. La plupart du temps, je suis une dominatrice, mais je peux aussi être soumise avec des femmes dominatrices.

As-tu l’impression que de plus en plus de gens sont attirés par le fétichisme?

Absolument. En fait, je suis convaincue que chaque personne a quelque chose de fétichiste au fond de soi. Mais la plupart préfèrent vivre dans le déni, en se fondant sur des préjugés, en jugeant le fétichisme uniquement à partir de ce qu’ils peuvent voir dans des films, sans avoir jamais vraiment rencontré de gens dans cette communauté.

Que dirais-tu à ces personnes-là pour les convaincre de franchir le pas?

Je leur dirais qu’il y en a pour tous les goûts dans le fétichisme. Ça recouvre tellement de choses différentes. T’as des gens qui sont excités par le latex, le cuir, la douleur… Surtout, il faut bien comprendre que tout n’est pas extrême dans cette communauté. Il y a les simples jeux, puis les choses un peu plus poussées. Tout est une question de degré. Par exemple, tu as des hommes qui aiment s’habiller comme des femmes, ce qu’on appelle la féminisation, et puis d’autres hommes qui aiment qu’on les oblige à s’habiller comme des femmes, c’est la féminisation forcée.

C’est à toi de trouver tes limites!

Quel est ton fantasme le plus fou?

Mon plus gros fantasme, ce serait de forcer un gars à s’habiller en fille. Moi je serais habillée en Dragoness Queen et je l’obligerais à obéir à mes ordres. Et puis je le trainerais un peu partout avec une laisse attachée à son sexe, et je le ferais manger dans une gamelle pour chiens, des trucs comme ça quoi!

C’est quoi tes autres plans pour le futur?

Je prévois de déménager dans l’Oregon, à Portland. La communauté BDSM là-bas est énorme!

Pour lire un autre reportage de Malik Cocherel : “La soucoupe et le perroquet”

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