Nids-de-poule : l’invention du mouvement perpétuel

À chaque printemps, les rues de Montréal présentent le même paysage de désolation qui rappelle plus facilement les champs de bataille de la guerre de sécession ou les tranchées de 14-18 que les artères d’une ville dynamique du XXIe siècle.

Non seulement la ville est dans le trou à cause de manipulations en haut lieu, de malversations minables et de détournements sans fin de fonds publics vers les intérêts privés d’une poignée de malotrus malhonnêtes, mais elle plonge littéralement les usagers de la route dans le trou.

Et si ces nids de poule n’étaient pas le résultat du travail bâclé de quelques ouvriers pressés de rentrer à la maison, mais étaient plutôt le résultat d’une planification bien organisée par le boss des trous*?

Je pose la question.

Imaginez que votre job soit de boucher des trous… Si vous les bouchez suffisamment mal pour qu’ils se débouchent au bout d’un an, vous venez de vous trouver du boulot pour le restant des temps…

Évidemment, ce n’est qu’une supposition étonnée. Vous me targuerez que la météo, le froid, la glace, les fous du volant à bord de leurs chasse-neige géants sont aussi dommageables pour l’asphalte que le travail mal fait de ceux qui le posent.

Mais alors, comment se fait-il que dans d’autres villes tout aussi exposées aux intempéries, les chemins soient mieux pavés que chez nous? Par quelle maléfique magie l’asphalte du Vermont est-il moins friable que celui du Québec?

Avouez que ça tombe quand même bien pour les contracteurs… Tant de trous à boucher année après année. Quelle manne! Quelle chance! Quel filon pour les filous! Le printemps venu, les travailleurs troquent le chasse-neige pour le bouche-trou et leurs patrons continuent inlassablement à facturer le contribuable contrit qui trouve la facture imbuvable mais n’a pas le choix de la payer.

*Reconnaissez que « Le boss des trous » est sans doute le jeu de mot le plus innovant de l’actualité humoristique.

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up