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Nage, vélo et course de Gatineau à Gaspé 

Les trois jeunes derrière une traversée du Québec à relais. 

Par
Gabrielle Thouin
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Annabelle Caron, Pierrick Forge et Benjamin Racine, des jeunes dans la vingtaine de l’Outaouais, s’apprêtent à traverser la province à la nage, à vélo et à la course.

Avec ce pas-p’tit-défi-sportif qui se déroulera sur 3 semaines (environ), le trio attire l’attention sur des valeurs beaucoup plus grandes que le nombre effarant de kilomètres au programme.

3 étapes, un parcours

En août prochain, chacun.e prendra en charge une section de l’itinéraire reliant Gatineau à Gaspé.

Benjamin ouvrira la traversée avec 150 kilomètres à la nage, entre Gatineau et Montréal. Il prévoit de compléter le tout en 6 jours.

Annabelle prendra ensuite le relais pour trois jours et quelques 1000 kilomètres de vélo jusqu’à la Matapédia.

De là, Pierrick complètera le parcours avec 650 km de course en sentier marquée par 30 000 mètres de dénivelé positif. Il franchira la ligne d’arrivée à Gaspé environ neuf jours plus tard.

Pierrick Forges Crédit photo: Richard McDonald
Pierrick Forges Crédit photo: Richard McDonald

Ouf, hein? Ouin.

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Comment on en vient à s’imposer soi-même un tel parcours?

Annabelle a fourni la réponse parfaite pour mettre la table : « On a tous des jobs dans le jour, alors ça prend des projets pour nous faire rêver.»

Les trois amis se sont rencontrés il y a environ 2 ans, dans des événements sportifs informels. Bien qu’ils aient toustes une expérience assez développée avec le sport et la compétition, cette traversée représente le plus projet le plus important de leurs vies.

«Ben et moi, on avait chacun un défi sportif individuel en tête », raconte Pierrick. « Lui voulait faire Gatineau-Carillon à la nage, c’était un peu son monument. Moi, j’avais envie de faire quelque chose de similaire à la traversée des Alpes, en Europe, mais à la course. Je ciblais déjà la Gaspésie. On voulait faire nos défis ensemble, sauf que moi, je suis pas un nageur. On a donc laissé l’idée de côté pendant un p’tit bout. »

Ils ont fini par en parler à Annabelle. «Ça a pas pris 5 minutes que j’ai dit aux gars, «J’vais l’faire, le vélo entre vos deux itinéraires, moi! » Et bingo, ce qui était des rêves solos sont devenus un projet philanthropique qui porte maintenant un nom : «Sur la ligne».

Crédit Nicolas Mithieux
crédit Nicolas Mithieux
Crédit Nicolas Mithieux
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Du sport pour toutes et tous, pas juste pour l’élite

Le trio amassera des fonds pour les maisons des jeunes de l’Outaouais durant leur aventure. «On voulait relier notre défi à une cause, et on a choisi celle d’encourager les jeunes à faire du sport. C’est entre autres pour ça qu’on a appelé ça «Sur la ligne» ; à l’adolescence, beaucoup de jeunes vont arrêter complètement le sport ; ils tombent d’un côté de la ligne », explique Benjamin, qui a longtemps évolué dans le monde de la compétition compétitive.

«Surtout les jeunes filles!», rajoute Annabelle. « Passé un certain âge, il y a beaucoup moins de soutien pour les filles qui veulent rester actives, la société porte aussi toutes sortes de jugements sur leurs corps, la manière dont elles bougent, les raisons pour lesquelles elles le font… C’était vraiment important pour moi qu’il y ait une représentation féminine dans ce projet-là. On voulait aussi montrer que même quand le système ne te pousse plus à repousser tes limites, tu peux t’organiser pour le faire toi-même. Seul.e ou avec des amis!»

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Et pour de nombreux jeunes, le sport est hors de prix. « Les sports de compétition sont devenus de plus en plus élitistes. » poursuit Annabelle. Les Maisons des jeunes offrent une alternative : elles permettent aux ados de tester des sports gratuitement, sans avoir à investir dans l’équipement.

Illustration par Maxim Haag
Illustration par Maxim Haag

Pousser tu seul mais ensemble aussi

Entreprendre ce défi « organisé par leur jus de bras » en équipe les encourage dans leur folie, mais les aide également à faire face à leurs peurs. Pierrick est persuadé que le dépassement passe par une part d’inconnu, de doute, d’appréhension. « Moi, je pourrais pas dire que je suis confiant en ce moment, » avoue-t-il. « Mais si ton rêve ou ton objectif ne te fait pas peur, c’est parce qu’il n’est pas assez gros. »

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«On a beaucoup d’admiration pour nos coéquipiers parce que chacun, on ne ferait pas le défi de l’autre. Moi, j’ai juste hâte d’aller me baigner. Mais j’aurai de la misère à faire ce qu’Annabelle et Pierrick vont faire. Ce qui est un gros défi pour toi est super accessible pour quelqu’un d’autre. Mais y’a eu un moment où c’était un défi pour cette personne-là aussi. Suffit juste de commencer, étape par étape. », expose sagement Benjamin.

Chaque segment du parcours sera réalisé en solo, même si l’ensemble du projet sera capté pour un documentaire. «On sera pas là tout le temps pour encourager celui qui fait son défi, mais on sera là à l’arrivée de Pierrick, à la fin. Faut juste pas qu’il soit trop bon pis qu’il arrive avant le samedi, parce qu’on sera pas rendus! », illustre Annabelle, en faisant référence à son nombre limité de vacances dans l’année.

Eh oui.

Même s’ils ont l’air de s’élancer dans une aventure digne d’un film, les aléas de la «vraie vie» font partie du parcours. Comme pour tout le monde!

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Pour voir les coulisses et attraper le documentaire à venir, suivez le projet Sur la Ligne juste ici.

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