Nadia Essadiqi, alias La Bronze, part à la rencontre de la jeunesse arabe

Un Orient si proche.

Jeunesse arabe, yallah!, c’est le genre de série documentaire qu’il aurait fallu montrer aux Pineault-Caron, en mode repeat, du stcoch-tape sur les paupières comme dans Orange mécanique. Jeunesse arabe, yallah!, c’est Nadia Essadiqi aka La Bronze qui part à la rencontre des Autres, vous savez, ces orientaux que l’on dépeint tout croche depuis 2001. Ces jeunes Palestiniens, Libanais, Marocains, Koweïtiens, Jordaniens, Émiriens qui dans la fleur de l’âge aspirent comme tout le monde au bonheur. Nadia rend compte de la splendeur de leur existence, sans jugements ni préjugés, elle leur tend le micro et constate que cet Orient que l’on pense lointain, miroir de nos valeurs est en fait un Orient qui nous ressemble, un Orient si proche.    

 

Après avoir côtoyé cette jeunesse arabe, comment la décris-tu?

C’est des gens qui sont empreints d’une fougue, d’une passion et qui ont de l’ambition. Ils ont des idéaux, des rêves qu’ils travaillent concrètement à réaliser. Ils sont politisés, encore plus dans cette partie du monde, à cause des enjeux politiques qu’ils ont vécus. En même temps, ils sont habités par une grande légèreté. Ils vivent au quotidien avec cette folle envie d’être heureux. Ils sont hédonistes, ils s’intéressent à la bouffe, ils sont vifs, brillants, résilients, très touchants, très humbles, passionnés et inspirants.

Pourquoi avoir ciblé cette jeunesse-là en particulier?

Le monde est si vaste et il fallait faire un choix. On dépeint des vies d’humains. On parle de gens comme nous, des jeunes si beaux qui ont des vies magistrales dans des lieux que l’ont voit rarement. C’est vraiment hyper riche comme série qui est pour tout le monde, de tous les âges, de toutes les cultures.

Est-ce une façon de faire tomber les préjugés que de montrer cette jeunesse arabe, méconnue et mystérieuse?

Je suis tellement rendue ailleurs dans ma vision du monde arabe que je n’ai même pas envie de formuler les stéréotypes qui y sont rattachés. J’ai envie de dire aux gens : regardez par vous-même. On parlera après de votre ancienne vision de cette partie du monde. J’ai rencontré des expatriés français et américains là-bas qui sont venus avec des préjugés qu’ils ont vite mis aux poubelles.

Certains pensent que les femmes dans le monde arabe sont persécutées, est-ce vrai?

J’ai rencontré des femmes émancipées, des femmes libres, qui brisent des conventions, des communautés LGBTQ+ épanouies. Il y a une scène queer très active au Liban, il y a des safe spaces, des personnes trans. C’est une jeunesse en éclosion.

Comment les populations LGBTQ+ vivent-elles leur quotidien?

C’est un mouvement mondial, chacun y va avec son background, sa propre évolution, avec son propre rythme. Un exemple? C’est beaucoup plus facile d’être homosexuel à Montréal qu’à Alma. En régions, c’est plus difficile, les mentalités sont plus conservatrices. Dans des villes comme Beyrouth, il y a plusieurs soirées de drag queen, il y a des communautés qui s’organisent. Le plus gros magazine LGBTQ+ est produit en Jordanie. Ces communautés existent, elles sont là, elles s’agrandissent, elles font leur chemin et les mentalités s’élargissent.

Cette jeunesse arabe, à quoi rêve-t-elle pour son futur?

Elle rêve à la même chose que la jeunesse d’ici. Elle rêve d’une terre en santé, de mentalités complètement ouvertes, d’harmonie entre toutes les cultures, les religions, les identités et orientations sexuelles, elle rêve de bonheur et liberté. Partout comme ailleurs, ces jeunes s’intéressent à l’environnement. Ils ont des initiatives écologiques et c’est ça que j’ai envie de voir se dégager de la série : le sentiment d’union et d’unité de cette jeunesse. Nous sommes constitués de la même énergie divine, on est des êtres humains point.

Quel pays te donne l’envie de faire tes valises et d’aller y habiter?

J’ai eu un coup de cœur pour Dubaï et la Palestine. Mais, je me verrais vivre à Beyrouth. C’est une ville qui me fait penser à Montréal. Elle est en plein foisonnement, hyper riche artistiquement. Le nightlife est présent, il y a plein de petits cafés cutes, la communauté queer est forte, et ça pour moi, c’est le signe d’une ouverture générale d’une ville. Sa vibe est mystique, et ça m’a interpellée.

Dubaï, quant à elle, est comme le land of all possibilities. Tout le monde las bas s’entraide vers le haut, il y a un optimisme comme j’en ai rarement vu dans le monde. Il y a quelque chose qui est très shiny là-bas.

Quels sont tes mots prefs en arabe?

Mook qui veut dire « ta mère ». Une insulte à utiliser avec prudence.

Narnar [menthe]. Le mot le plus cute et le plus dur à prononcer

Et Tfouh qui est un peu l’équivalent de notre « calisse »

Jeunesse arabe, yallah!, à voir sur TV5 dès le 12 novembre à 21h.

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