Musique, Acadie et Fred Pellerin

Acte 1 - 21,4 km de solitude 

Parce que le réseau Coup de cœur francophone présente des spectacles partout au Canada, le festival a décidé d’envoyer un reporter suivre la tournée (un peu) partout au Canada. Dimanche prochain, Stef Paquette et Fred Pellerin finiront leur tournée au Yukon, mais parce que c’est plus proche, on les suivra durant la portion néo-brunswickoise de la tournée.

Faire un spectacle, ça tient souvent à de petites choses. Avoir une salle disponible, du public intéressé et un artiste présent. Parce qu’on oublie souvent que si l’artiste n’est pas là, c’est plus compliqué de faire un spectacle… Bon, c’est sûr, depuis que Tupac a fait un show en hologramme, ça change la donne. Mais mettons que quand Fred Pellerin s’est pointé à l’aéroport avec son technicien de son et son éclairagiste et que la personne au comptoir leur a dit que seulement deux des trois pouvaient embarquer dans l’avion, ça peut remettre un spectacle en cause… (et ça met un artiste dans une situation éthique embarrassante : qui choisir? C’est pour moi le même genre de question que “si notre avion s’écrase dans la cordillère des Andes et on survit, qui mange-t-on en premier?” ou “lequel de tes enfants aimes-tu le plus?”).

Mais bon, toutes ces questions sont hypothétiques puisqu’après retard et négociations, tout le monde était finalement à l’heure à Grand-Sault.

Tout le monde, sauf moi.

Vous savez quand Radio-Canada nous disait “une heure plus tard dans les maritimes”… ben c’est vrai. Il y a vraiment une heure de décalage. J’avais mis toute ma foi dans les produits Apple et je ne le regrettais pas; mon téléphone a tout de suite compris où j’étais et quelle heure il était. Pas mon ordinateur… sur lequel je travaillais… et regardais l’heure… en attendant d’aller à la salle… Bravo.

J’arrive par contre juste à temps pour assister à la première collaboration entre Stef Paquette et Fred Pellerin… Cette collaboration est d’essayer de commander de la bouffe pour tout le monde. Ce fût complexe et intense et chacun des deux artistes y a mis du sien. On sent leurs parcours et leurs influences. Je n’utilise pas souvent le mot “chef-d’œuvre”, mais les spaghettis sauce à la viande qui en sont sortis (ou plutôt arrivés) étaient des petits chefs-d’œuvre.

Le premier spectacle de ce bout de tournée a aussi semblé plaire aux Grands Sauteurs et Grandes Sauteuses rassemblés (le copyright du gentilé est de Fred Pellerin). C’est Stef Paquette qui a ouvert la soirée rappelant aux gens qu’il en était son deuxième Grand-Sault, mais son premier était pas mal plus petit :

“Je suis déjà venu à Grand-Sault, mais vous ne le savez pas! Parce que je faisais un show extérieur pis y’avait eu une tempête et dans la foule, y’avait UNE personne… mon cousin, qui était ici par hasard!”

Le deuxième passage est nettement plus efficace et le Sudburois met les Grands Sauteurs dans sa petite poche. C’est exactement là que Fred Pellerin ira les chercher pour les transférer dans la sienne. Les deux fois, le public s’est levé d’une traite pour applaudir les artistes.

Aujourd’hui, c’était le départ pour Miramachi, pour la suite de la tournée. Je n’ai pas les mots pour exprimer à quel point c’est excitant d’écrire  “Days Inn Miramichi” dans son GPS. Non, je n’ai pas ces mots-là… En même temps, je doutais de Grand-Sault et il (ou elle… c’est quoi le genre de Grand-Sault?) a su me gagner.

D’ailleurs, je quitte avec regret Grand-Sault où je pense avoir développé une relation de premier ordre avec le service aux chambres de l’hôtel, qui m’a laissé un bricolage très namasté. Je ne sais vraiment pas trop quoi en penser, je vais aller acheter Mange, prie, aime.

La route vers Miramichi s’est trouvé une place enviable dans les listes des endroits où il ne se passe rien. Quand tu es au Canada et qu’il n’y a même pas de Tim Hortons sur la route, c’est signe qu’il n’y a rien. Ce qui donne par contre l’occasion de jouer plusieurs parties de “Pendant combien de kilomètres je ne croiserai personne”. Jeu de hasard qui consiste à partir son odomètre quand on pense ne croiser personne sur plusieurs kilomètres et essayer de battre son record.

Record que j’ai établi aujourd’hui à 21,4 km. Avec une moyenne assez enviable d’une dizaine de km par game.

Ce soir c’est la prise deux de Paquette-Pellerin, ou comme je les appelle affectueusement : Paquellerin.

Demain, route vers Fredericton et tentative de battre mon record de “Pendant combien de kilomètres je ne croiserai personne”.

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