Musique, Acadie et Fred Pellerin

Acte III - F(r)ête Pellerin

Parce que le réseau Coup de cœur francophone présente des spectacles partout au Canada, le festival a décidé d’envoyer un reporter suivre la tournée (un peu) partout au Canada. Dimanche prochain, Stef Paquette et Fred Pellerin finiront leur tournée au Yukon, mais parce que c’est plus proche, on les suivra durant la portion néo-brunswickoise de la tournée.

En arrivant à Fredericton, je suis tombé face à face avec Stef Paquette. Si vous suivez l’histoire, c’est un des deux chantres que je suis, en tournée pour Coup de cœur francophone. Paraît que Stef, c’est pas son vrai nom. Ce serait un surnom, mais de là à dire ce qu’il y a sur son baptistaire, je ne voudrais pas m’avancer. Anyway, Stef est en tournée depuis une quarantaine de jours.

Pas qu’il a l’air tanné, mais j’imagine que ça doit commencer à peser sur le fun. S’ennuyer de sa femme pis de ses enfants. Mais quand je le croise en arrivant à Fredericton, le gars a l’air heureux comme un paonpe (c’est une contraction de paon et pape).

DUDE… as-tu vu la même chose que moi?

De toute évidence, je n’avais pas vu la même chose que lui. Je n’avais jamais vu autant de bonheur dans la face depuis la fois où j’avais trouvé la bonne canette au test de “La gang du goût Pepsi”.

La piscine de l’hôtel est ouverte 24 heures man… 24 HEURES! C’est clair que cette soirée-là finit en belly flop.

J’imagine que c’est ça faire de la tournée, bâtir son bonheur sur des petites affaires. Des petites affaires ouvertes 24 h.

Donc on est à Fredericton, dernier arrêt acadien de la tournée. C’est aussi la fête à Fred Pellerin. J’sais pas si les gens sont venus pour ça, mais c’était ben plein, quasi complet. C’est pas pour vanter l’Acadie, mais les salles sont pleines et le monde est réactif en étole.

À la fin de son set, Stef Paquette a chanté bonne fête à Fred. Le monde s’est levé d’une traite, grosse clap, tout le monde chantait, c’était comme l’album live de Patrick Bruel. Un hit. Je pense que je vais me partir un band qui fait juste des premières parties d’artistes dont c’est l’anniversaire. On joue une couple de nos tounes, le monde s’en fout un peu, on enchaîne ensuite avec notre hit, bonne fête l’artiste qui joue après. Les gens capotent, achète nos disques, on s’achète des manoirs, il pleut des Volvos et on passe le reste de nos vies sur les redevances. Plan sans faille.

L’après-spectacle de Fredericton vira pas mal wild et je m’apprête à briser une règle stricte du rock’n’roll. Ce qui se passe dans les loges ne restera pas dans les loges, mais sera étalé au grand jour ici. Groupies? Drogues dures? Non. Gâteau au chocolat. C’était la fête de Fred, ils ont mangé du gâteau. Paraît même qu’il était pas mal fort en chocolat, du genre que c’est pas tout le monde qui aurait été game d’y goûter.

Vous ne trouvez pas ça rock? Mettons que j’ajoute que le gâteau a été coupé avec un couvercle de plastique? Juré, quand t’as besoin de ton gâteau au chocolat, t’as pas le temps d’attendre après un couteau.

Ça, c’est rock. Comme à la belle époque.

Tout le monde reprend la route aujourd’hui, direction Toronto. Paquette voyage avec Alain, son guitariste. Les Fred Pellerin sont trois (Martin éclaire, Steve fait qu’on entend). Les trois sont ensemble depuis plusieurs années, et viennent de faire ce spectacle presque 400 fois. Ça fait beaucoup de fois, et comme souvent ils se rendent à ces fois en van et ça fait beaucoup de van et presqu’autant de route : “C’est ça que le monde nous demande le plus souvent, de quoi vous parler dans le char? Pour vrai, on ne parle pas beaucoup, on passe nos journées ensemble faque on n’a pu rien à se dire… Je pense que sur la route aujourd’hui, on s’est dit trois phrases :

— Quelqu’un a faim?

— Le char est vide… faut gazer.

— Faut que j’arrête pisser.

Trois phrases qui résument une communication efficace sur la route… trois problématiques qui peuvent souvent être réglées en un seul arrêt. Je prends des notes pour mon band de bonne fête.

Finalement, l’Acadie nous aura été ben smatte, bel accueil, bon monde, beaux spectacles. Reste que comme elle ne voulait pas qu’on s’attache trop, elle nous a laissé un demi-pouce de neige sur le char, juste avant qu’on parte… Comme si elle nous faisait un petit fuck you après nous avoir donné deux becs.

C’est ici que je debarque… pas ici, ici, mais quand l’avion arrête à Montréal. Un beau et grand au Paquellerin de m’avoir laissé les observer et squatter leurs loges… je vous aurais volé des bières, mais c’était tout le temps de la Coors Light. La tournée s’en va vers l’ouest… Winnipeg, Edmonton, Vancouver, Whitehorse…

Si vous êtes dans ce coin-là ou si vous avez le goût de faire une roadtrip, maintenant que vous savez quoi vous dire dans le char.

Pour lire l’acte I, c’est ICI!

Pour lire l’acte II, c’est ICI!

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