Montréal, la rationnelle.

Cette semaine on annonçait de fortes précipitations. La belle Jocelyne a eu raison, car on a été inondé par des chiffres annonçant une nouvelle hausse de taxes pour les Montréalais. Une autre belle bordée de taxes pour «nourrir la machine», comme le dit si bien le parti de l’opposition. Il me semble que la petite famille moyenne – la même qui quitte l’île à la nage pendant la nuit pour se sauver de l’impôt foncier – aura encore plus de raisons de le faire. C’est une excellente initiative pour encourager la noyade collective déjà bien amorcée.

Ce qui me dérange ce sont les double discours. L’an dernier la ville de Montréal tapissait nos abribus d’une campagne qui disait essentiellement que Montréal était ze shit et que la banlieue était une aberration sociale. On communiquait par la peur : «Quitter Montréal, mais pour aller où?», «Ne mettez pas un pont entre vous et vos enfants». D’un côté la carotte en nous disant comment on est bien ici, de l’autre le bâton qui fait de plus en plus mal au portefeuille.

L’autre affaire. Où est la part de rêve dans tout ce beau budget? Où sont les projets d’avenir? On se targue depuis des années d’être une ville créative, à l’avant-garde, tournée vers demain (comme 180 villes du monde entier qui se décrivent elles aussi comme des communautés créatives, mais ça c’est un autre sujet). On a plein de créateurs au pouce carré, la créativité est notre deuxième nature après la corruption, on est tellement «creative» qu’on pense bilingue. Bla bla bla. Mais à Montréal on ne parle plus français ni anglais, on parle en chiffres.

Si on est si créatifs que ça, pourquoi on ne rêve pas des projets inspirants? Pourquoi les chiffres viennent obstruer la vision? Si on veut attirer l’attention sur notre créativité, il faut d’abord et avant tout qu’on la fasse vivre dans notre quotidien. Pourquoi un budget, ne permettrait pas de mobiliser la part de rêve des Montréalais au lieu de l’éteindre? Le pragmatisme obstiné de Montréal est l’ennemi de sa créativité.

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