Mon coming out

Je crois en Dieu.

Je crois en une force formidable qui existe en chacun de nous. Je crois en l’esprit saint même si tous ne sont pas sains d’esprit. Je crois en l’amour éternel même si des fois j’hais profondément et je déteste pour longtemps. Je crois en l’infini même s’il y a des jours où j’ai l’impression que je vais frapper un mur. Je crois en la bonté, en la générosité, en l’autre et en l’altruisme. Je crois.

Et je suis fier d’être catholique.

Malgré les intégristes et les conservateurs. Malgré les scandales pédophiles et les guerres de religion. Malgré le poids des traditions et le sexe des anges. Malgré les agnostiques et les sceptiques. Malgré le pape, l’écran de fumée noire, les robes de bure, les mitres pointues, les crosses en or, les faux saints et les vrais démons.

J’en ai assez qu’on piétine ma religion comme aucune autre n’a été piétinée. J’en peux plus de ces mécréants fraîchement apostasiés qui s’extasient sur leur démission sans concession. J’en ai ras-le-crucifix des médias qui mettent tous les croyants dans le même panier de pédophiles. Il y a autant de pervers juifs ou musulmans que catholiques ou hockeyeurs. Tous les dieux ont servi de prétexte à faire la guerre. Et tous les rituels sont empreints de symboles ridicules et de gestes désuets.

Si Dieu a créé l’homme* à son image, c’est parce qu’il se savait imparfait. Déjà ça, c’est génial!

Je crois en Dieu parce que je l’ai rencontré. Il existe dans le regard d’un inconnu croisé sur le Chemin de Compostelle. Il vit dans les paroles rassurantes d’un ami d’enfance. Il souffle l’espoir comme un vent de printemps. Il brille dans la nuit. Il crie la vie avec la force d’un nouveau né. Il est dans le chant d’un oiseau, dans la souffrance d’un ours pris au piège, dans la course d’une gazelle, dans l’œil triste d’une baleine, dans le coup de pinceau de Michel Ange. Il n’est ni bon, ni mauvais. Il est.

Dieu n’est pas homophobe. Ce sont les hommes qui n’aiment pas les homosexuels. Il n’est pas pédophile. Ce sont les hommes qui volent l’enfance et violent l’innocence. Il n’est pas cupide. Ce sont les hommes qui sont banquiers.

Je crois en Dieu, qu’il soit représenté par un pépé déguisé en St-Nicolas qui s’appelle XXX, Pie VII, Karl Zéro ou Franck One, qu’il ait une barbe blanche ou une couronne d’épines. Je crois dans les valeurs partagées par Jésus et sa bande de hippies il y a 2000 ans. Je crois à tout ça bien plus qu’aux sirènes de la surconsommation, aux mirages de la publicité, aux diktats de la mode, aux faux discours de la télé réalité, bien plus, surtout, qu’au rejet radical et extrémiste des néo-intégristes du tout à l’égo qui ont réglé le sort de l’Église sans penser au sort du monde.

* Vous aurez compris ici que le terme « homme » désigne le genre humain. Merci.

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