Donner une nouvelle vie aux commerces du métro

La STM veut diversifier l’offre de produits à l’intérieur de ses stations.

Avez-vous déjà remarqué ces kiosques qui offrent des sacoches, des étuis de cellulaire ou des pointes de pizza à l’intérieur de certaines stations de métro comme Peel, Villa-Maria, Longueuil-Université-de-Sherbrooke ? On se croirait parfois dans une annexe de Dollarama. Mais vous y êtes-vous déjà arrêtés?

Si ces commerces survivent, probablement que certains d’entre vous ont déjà fait des achats là (OK, c’est difficile de résister à l’odeur de pizza à la station Berri-UQAM). Mais soyons honnêtes : ce ne sont pas les commerces les plus attrayants ou les plus utiles. Pourtant, les sorties de métro font partie des lieux les plus achalandés de Montréal. Pourquoi ne pas alors réserver ces espaces pour des épiceries, des pharmacies ou des cafés locaux ?

C’est la question que se pose la STM.

Des muffins bio dans le métro?

Un article de La Presse du 27 septembre dernier explique que la STM et sa filiale commerciale, Trangesco, tenteront dorénavant d’enrichir l’expérience client, en misant entre autres sur l’amélioration de l’offre de produits alimentaires.

Des boulangeries artisanales y verront peut-être le jour, ou bien d’autres succursales de Toi, Moi & Café, comme au métro Sherbrooke.

Mais en repensant l’offre commerciale, c’est surtout l’occasion pour la STM de refléter la vitalité et la diversité de la vie de quartier qui entoure ses stations de métro en offrant des opportunités d’affaires à des commerces de proximité.

Pour ma part, je rêve de commerces locaux, mais surtout utiles, et de commerçants qui encouragent le mode de vie sans déchet, avec des articles comme des pellicules en cire d’abeille ou des pochettes à sandwichs réutilisables. Je rêve aussi de stands qui feraient la promotion de la culture locale, avec la vente de billets de théâtre ou la promotion de nouveaux films québécois en salle.

Je rêve peut-être un peu trop loin, mais avec ces idées, Montréal pourrait se hisser au rang des villes qui s’efforcent de rendre l’espace public souterrain agréable pour ses citoyens.

C’est vrai que quelques stations sont déjà dotées de services réellement intéressants, comme le kiosque Mont-Royal à l’extérieur de la station du même nom, ou encore ces commerçant qui s’installent autour de la sortie nord du métro Laurier pendant l’été. Des commerces qui répondent aux besoins de la clientèle du Plateau, me direz-vous. Certes.

Mais en repensant l’offre commerciale, c’est surtout l’occasion pour la STM de refléter la vitalité et la diversité de la vie de quartier qui entoure ses stations de métro en offrant des opportunités d’affaires à des commerces de proximité.

Le mot-clé : variété

On peut en effet améliorer l’expérience des usagers de chaque station de métro sans nécessairement avoir à se lancer dans un débat sur l’embourgeoisement.

« On veut qu’il y ait de plus en plus de personnes qui trouvent leur compte dans le transport en commun. Il peut y avoir plusieurs gammes de commerce, sans que ça ne nuise à personne. Par exemple, en Europe, ils considèrent les gares et les stations de métro de façon différente. On ne s’y rend pas juste pour se déplacer, mais aussi pour magasiner. Il y a des épiceries à la sortie des trains, ou même à l’aéroport de Bruxelles! Ça rend le tout très attrayant », explique Sébastien Lord, professeur agrégé au département d’aménagement de l’Université de Montréal.

En France, le revenu de certains commerces installés à l’intérieur des gares est jusqu’à deux fois plus élevé par mètre carré de surface que des commerces comparables en centres commerciaux. Un investissement qui en vaut la peine, c’est le moins qu’on puisse dire.

« De ce qu’on voit, les stations montréalaises ont peu évolué dans les dernières années. L’offre est peu diversifiée autour de certaines stations », explique Sébastien Lord.

« De ce qu’on voit, les stations montréalaises ont peu évolué dans les dernières années. L’offre est peu diversifiée autour de certaines stations », explique Sébastien Lord.

Il serait en effet bénéfique pour tout le monde d’acheter son souper à l’entrée ou à la sortie de sa station quotidienne. C’est surtout vrai pour les terminus, comme Longueuil ou Montmorency, où la plupart des utilisateurs attendent un autobus pour rentrer à la maison. « Mais chaque station peut être le terminus de quelqu’un », ajoute Sébastien Lord. « Il faut seulement penser à des espaces stratégiques. Il faut être plus inventifs et innovants. Par exemple, installer un café où on peut attendre au chaud l’hiver peut être pratique! Il est temps de repenser l’aménagement des gares et des stations de métro. »

Au final, ce virage de la STM constitue surtout une opportunité pour transformer et revitaliser le réseau du métro en plus de donner des opportunités d’affaires à des commerçants qui alimentent la vie de quartier. C’est aussi l’occasion de repenser à l’aménagement des stations pour rendre le métro plus humain et accueillant.

« Je pense que la ville de Montréal est rendue là ! », termine Sébastien.

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