Michel Smith, inventeur d’instruments de musique

Les inventions de Michel Smith ressemblent plus à de grosses bibittes qu’à des instruments de musique, mais on vous assure qu’elles adoucissent les mœurs.

Comment s’appelle l’instrument que vous tenez dans vos mains?
Un athènérome, de la contraction d’Athènes et de Rome. Ça sonne comme quelque chose entre la baleine et Jimi Hendrix. Ce sont des cordes de piano tendues dans un tuyau de métal, et le tout est amplifié par des pick-up. L’idée de l’instrument, c’est de faire tout ce qu’on ne peut pas faire sur un piano. En outre, il a une roue, pour que je puisse me déplacer en jouant.

Combien d’instruments de la sorte avez-vous inventés?

Une vingtaine, dont plusieurs font partie de l’ensemble Karel, que j’appelle mon ensemble de sculptures sonores mobiles. Il est composé de quatre de ces sculptures, électroniques et acoustiques, mues par un moteur à batterie, que nous conduisons, les membres de ma famille et moi, dans les festivals.

Chacun joue d’un instrument?

Oui, ma femme joue des percussions indonésiennes, ma fille est à la basse et aux instruments inventés, mon fils est à la guitare et à l’orgue inventé. Nous roulons à bord de nos structures en jouant de la musique au milieu des gens. L’idée de bouger autour des gens, c’est de créer une sorte de son ambiophonique en direct.

Ça doit être difficile de coordonner tout ça?
Il faut être prêt à tout parce que tout peut arriver. C’est difficile de contrôler les ordinateurs, les instruments et le joystick pour nous déplacer, sans jamais foncer dans le public!

Qu’est-ce qui vous a amené à faire ça?

En 1992, un festival sur l’écologie sonore m’a demandé de faire des instruments avec des tricycles. J’ai vu qu’on pouvait interagir avec les gens grâce à ça. C’est comme un show de Pink Floyd, mais sur la rue.

Qu’est-ce qui vous donne les idées de départ de vos instruments?
Je m’inspire beaucoup de ce que je trouve dans les déchets. De loin, je suis capable de voir qu’un objet sonne bien. L’autre chose qui m’attire, c’est le visuel. J’essaie d’attirer l’œil vers ce qui produit du son et de mettre l’image au service de la musique.

Et ça marche?
Oui! Ça attire le regard des gens. Je recrée le monde de l’enfance dans leur tête, je les vois, leurs yeux d’enfants, quand on passe avec nos machines. Des fois, aussi, je sais que je sème une graine de créativité chez les jeunes : ils veulent eux aussi inventer des machines.

Pour lire une autre entrevue de Judith Lussier : “Bloodshot Bill – Hipster des années 50”

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up