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Même les millionnaires s’inquiètent pour leur retraite
Pas mal de millionnaires disent éprouver de l’inquiétude quant à leur coussin financier pour la retraite, selon le sondage annuel sur les millionnaires de la firme américaine Natixis.
Pas moins de 58 % des répondant.e.s avec une valeur nette de plus d’un million de dollars ont dit avoir accepté qu’ils travailleraient plus longtemps que prévu, et 36 % craignent que la retraite ne soit pas possible. Plus étonnant encore, 35 % des millionnaires sondé.e.s ont déclaré que leur capacité à assurer leur sécurité financière à la retraite « relèverait du miracle », selon l’enquête menée auprès de plus de 8 500 investisseurs et investisseuses.
C’est vrai que ça doit pas être simple pour les partisan.e.s de première heure du F.I.R.E. (Financial Independence, Retire Early) qui s’étaient dit qu’avec un million de côté, ils pourraient prendre leur retraite avant leurs 45 ans. Mais on va se le dire : un million de dollars, ça ne paraît plus si inatteignable qu’avant.
Comment est-ce que notre perception d’un million de dollars a changé, et quel est le nouveau barème pour désigner une personne « riche »?
Une autre affaire à blâmer sur l’inflation
Au Canada, entre 1921 et 2021, le dollar a perdu annuellement environ 2,86 % de sa valeur : 1 $ à l’époque donnait le même pouvoir d’achat que 16,72 $ aujourd’hui. Mis en perspective, notre million d’aujourd’hui serait l’équivalent de 1 000 $ en 1921: c’est beaucoup d’argent, c’est un montant qui peut être très difficile à accumuler, mais ce n’est pas impossible ou si hors du commun. Mais l’inflation a eu raison de notre perception d’un dollar, et encore plus d’un million!
Ce qui nous fascine encore avec un million de dollars, c’est que c’est un gros montant à réussir à mettre de côté. Mais, en lui-même, le montant n’est pas énorme : ce ne serait pas très difficile de tout dépenser en une journée, surtout vu le prix des maisons aujourd’hui!
La plupart du temps, les millionnaires se construisent par leurs avoirs : soit ils sont propriétaires ou actionnaires de leur entreprise, soit ils travaillent dans des industries qui rémunèrent bien (et ont fait des choix financiers judicieux). Comment est-ce qu’on calcule qu’une personne est millionnaire? Mettons qu’on devait prendre tout ce que vous possédez, qu’on le vendait et qu’on utilisait cet argent pour payer toutes vos dettes. Le montant qu’il reste est ce qu’on appelle votre valeur nette.
S’il vous reste plus d’un million de dollars après tout ça, félicitations, vous êtes millionnaire! Ça ne vous place toutefois pas dans un cercle si exclusif : 7 % des Canadien.ne.s le sont aussi.
Mais avec un million, je vais au moins vivre confortablement?
Maintenant, supposons que vous êtes vraiment au bout du rouleau, niveau travail, et que vous aimeriez prendre ce million de dollars et tenter d’en vivre pour le restant de vos jours. Vous l’investissez dans un fonds et retirez 4 % par année, ce qui est commun pour la retraite. Ça vous fait 40 000 $ par année. Ça vous placerait en plein dans le salaire moyen au Québec, ce qui veut dire que votre train de vie et vos habitudes de consommation seront très différents de l’idée qu’on se fait de ceux d’un.e millionnaire.
Pour vous, pas de jet privé, pas de Maclaren et certainement pas de manoir outremontois. Qui plus est, au bout de 25 ans, vous aurez tout dépensé. Pas idéal!
Alors, si avoir un million, ce n’est plus assez, quel est le nouveau montant qu’on doit posséder pour être riche? Apparemment, ça aurait entre autres à voir avec notre âge. Selon un sondage mené par la firme américaine Schwab, les milléniaux disent 1,4 million, les Gen X 1,9, alors que les boomers estiment que c’est à partir de 2,5 millions de dollars qu’on est riche.
Mais les expert.e.s semblent s’accorder pour dire que 3 millions serait maintenant le chiffre à atteindre pour vivre une vraie indépendance financière.
Un million, ce n’est plus un rêve : ça semble être devenu le minimum qu’il faudra mettre de côté si on souhaite un jour prendre notre retraite. Mais bon, ça fait un bout qu’on a fait une croix là-dessus, n’est-ce pas?