Mélanie, Maya et le Canada

Mon amie Mélanie part en road trip, tantôt. Elle a laissé son emploi et s’est acheté un VR. Objectif: 17 000 kilomètres en deux mois. Montréal – St-John (Terre-Neuve) – Victoria (BC) – Montréal, d’ici la fin juillet.

Ce n’est pas parce qu’elle a une envie folle et irrésistible de visiter les dix provinces. Ce n’est pas non plus parce qu’elle avait particulièrement besoin de vacances.

Non: Mélanie part en road trip avec sa fille de 11 ans, Maya. Mais ce n’est pas non plus pour faire découvrir à Maya les merveilles du Plusse Meilleur Pays Du Monde™.

Maya est née sans fibula dans sa jambe droite. Avant, on appelait ça le péroné, mais on dirait que si Pluton peut ne plus être une planète, les os du corps ont aussi le droit de changer de nom. (Pour ceux à qui il manque quelques notions d’anatomie, le péroné, c’est le deuxième os qu’il y a, d’habitude, à côté du tibia.) Naître sans péroné, on appelle ça « hémimélie fibulaire » et ça arrive à peu près à un enfant sur 50 000. Ça fait une jambe plus courte que l’autre, des difficultés à marcher, et si ce n’est pas traité, ça peut avoir des résultats désastreux à l’âge adulte.

Il n’y a qu’une seule manière de traiter l’hémimélie: il faut allonger la jambe affectée en utilisant un appareil qui s’appelle Ilizarov, de temps en temps, au fil de la croissance. C’est loin d’être de tout repos: en gros, ils coupent le tibia, l’étirent de quelques centimètres, posent l’Ilizarov et attendent que l’os se refasse tout seul. Ouais, tsé. Relax. (C’est ça qu’on voit sur la photo, en haut: le tibia de Maya à 6 ans, en train de se refaire.) À 11 ans, Maya a encore probablement deux ou trois périodes d’Ilizarov à faire d’ici à ce qu’elle arrête de grandir. Ça veut dire beaucoup de temps passé à l’hôpital.

Et malheureusement, les orthopédistes qui ont l’expertise de traiter l’hémimélie ne courent pas les rues. Heureusement pour Maya (et évidemment aussi pour Mélanie et toute la famille), l’hôpital des Shriners de Montréal est pas mal le meilleur endroit pour ça au Canada.

Ça fait que Mélanie et Maya ont eu le temps de connaître l’hôpital des Shriners assez en long et en large, merci, depuis 2008. Et de voir arriver aussi le temps de construire un nouvel hôpital: celui-ci date de 1925 et est enclavé dans le parc du Mont-Royal. Et il n’est plus assez grand.

Mais construire un hôpital, ça coûte cher. 130 millions de dollars. Les Shriners ont beau être un organisme caritatif (et avoir des très cools chapeaux), ils ne sont pas faits en or massif non plus.

Et c’est pour ça que Mélanie part en caravane. Parce que la bande des Shriners a organisé, cet été, l’Odyssée exceptionnelle, qui passera dans toutes les villes où les Shriners sont présents, partout au Canada, pour récolter des dons. Mélanie va être là aussi, avec Maya.

J’ai oublié de vous dire comment j’ai connu Mélanie: au départ, pour moi, c’était « la blonde à Ed ». Ed, c’est Edouard H Bond, ex-blogueur chez Urbania et auteur culte. Mais j’ai vite compris que Mélanie est elle-même une artiste formidable.

C’est donc en mettant ses talents à profit qu’elle a lancé sa campagne de levée de fonds: par une vente d’atelier virtuelle. (Si vous voyez de belles choses qui vous tentent et que vous pensez avoir tout manqué: pas de panique. La vente dure encore, même si la caravane est partie; Mélanie s’occupera de tout ça à son retour, prévu pour le 18 juillet.)

Aujourd’hui, vers 13h, le VR de Mélanie et Maya (et Ed, qui va faire le bout du chemin avec elles vers l’Est) devrait partir de Montréal.

Aujourd’hui, aussi, c’est ma fête. Si vous voulez me faire un cadeau, vous pouvez envoyer un peu d’amour (et/ou une couple de piastres) de ma part à la caravane exceptionnelle de Mélanie et Maya.

Parce que c’est pas juste un road trip: c’est aussi une manière de s’assurer que Maya et tous ceux et celles qui vont la suivre auront accès aux soins dont ils ont besoin. Même si ça donne de beaux dessins, ce n’est pas terriblement joyeux au quotidien, des traitements d’orthopédie pédiatrique.

Vous pouvez suivre Mélanie et Maya sur Facebook et sur leur site webacheter de belles choses ici, ou faire un don par là.

Bon voyage, les filles!

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up